EXPÉRIMENTATION AVEC DES CULTURES ASSOCIÉES
Associant le Bacillus ramosus au Bacillus serpens, Veillon et Zuber ont provoqué l'apparition d’un phlegmon putride tuant l’animal en 36-48 heures. A lPautopsie, on trouve un large décollement des téguments de l’abdomen, peu de gaz, mais une abondante sérosité sanieuse à odeur gangréneuse typique ; le tissu cellulaire est sphacélé et putrilagineux. Par passage cette association demeure pathogène ; le pus de ce passage injecté dans la veine de lapin tue l'animal par gangrène pulmonaire aiguë,
Guillemot, en associant une souche de Bacillus ramosus peu pathogène (tuant l'animal en 9 jours) à une souche de staphylocoques blancs non virulente.
provoque chez les animaux des phénomènes infectieux graves et parfois mortels : processus gangréneux local suivi d'intoxication généralisée.
Il a également réalisé les associations suivantes :
Bacillus ramosus+colibacilles ;
Bacillus ramosus+micrococcus fœtidus ;
Bacillus’ ramosus+micrococcus fiæœtus+staphylocoques.
Dans tous ces cas, chacun des microbes pris isolément était d’une virulence très faible ou nulle. Or tous les animaux inoculés avec ces associations présentèrent des phénomènes infectieux graves et trois d'entre eux succombèrent.
Guilleminot, Hallé et Rist, en 1904, ont particulierement bien étudié ces associations et ont reproduit des pleurésies putrides avec les associations :
Ramosus+funduliformis+streptocoque ;
Ramosus+fragilis+fiætidus ;
Ramosus +fœtidus +fonduliformis ;
Ramosus+fragilis+fonduliformis+fusiformis.
Quand ils’ont essayé d’inoculer en série ce pus de pleurésie putride, ils ont constaté que le Bacillus ramosus disparaît peu à peu au cours des réinoculations au profit du Bacillus fonduliformis.
En 1909 Howena put observer une synergie réciproque entre le Bacillus ramosus et un streptocoque qui, inoculés à l’animal, renforçaient mutuellement leur virulence.
Par contre il existe un antagonisme très net entre Bacillus ramosus et Bacillus bifidus, déjà vu par Tissier en 1900 et retrouvé par Sotti en 1909.
Mme,
Boez n’a pas pu conférer de virulence à ses souches non pathogènes, malgré l'association avec le pneumocoque et le streptocoque, en injection souscutanée, chez le cobaye.
Montel et Mousseron ont injecté au cobaye le mélange des anaérobies trouvé dans leur cas de gangrène pulmonaire mortelle (streptocoque anaérobie, Ramosus, fragilis, serpens) ; comme avec les souches isolées de l’eau de mer, ils ont constaté un ædème envahissant avec infiltration gazeuse et mort le troisième jour. À l’autopsie : lésions destructives des tissus, congestion ‘des viscères, surtout du foie.
Si on injecte les mêmes associations dans la veine du lapin, on obtient une congestion pulmonaire avec fausse membrane périphérique grisâtre.
Weinberg, Prévost, Daveine et Renard, en associant un entérocoque avirulent à un Bacillus ramosus également avirulent, ont provoqué une tuméfaction locale chez le cobaye. Et en associant un Bacillus ramosus qui a perdu sa virulence, à un biacutum peu pathogène, ils ont réalisé des infections mortelles chez tous les animaux inoculés avec présence des deux germes dans la sérosité de la lésion iædémateuse locale.
Ces expériences pratiquées par des auteurs différents, dans des conditions diverses, tendent à prouver que le Bacillus ramosus peut être pathogène mais seulement lorsqu'il est en symbiose avec un autre germe microbien.