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dent un peu dure pour nous, qui nous enseigne dans l'Amour médecin : « Comme l'esprit a grand empire sur le corps, et que c’est de lui bien souvent que procèdent les maladies, ma coutume est de recourir à guérir les esprits ». Or, allez donc guérir des esprits, si vous n’y croyez pas, Si vous n'êtes vous-même spiritualiste. C’est dernièrement notre doyen, M. le professeur Debove, qui, dans une de ses cliniques de Beaujon, incitait les étudiants, ses auditeurs, à lire la Bible, leur affirmant qu'ils en tireraient, à nombre de points de vue, grand profit.
De même que nous ne faisons plus de médecine de symptômes, de médecine à courte vue, mais bien de la prophylaxie, de la médecine pathogénique, de même le jour est proche où nous ne ferons plus de médecine uniquement de clients mais bien en vue d’une clientèle plus grande, en vue de la société, de la collectivité malade; or, que devrons-nous d’abord soigner chez elle ? l'esprit malade surtout! Au reste, cetle nécessité pour le médecin d'être spirilualiste a été sentie, préconisée et merveilleusement exprimée par un des plus lumineux esprits du siècle dernier dont il aété, au reste beaucoup question, dans ces derniers temps, nous voulons parler de Michelet, quia écrit, à propos des médecins qui soignèrent ce malheureux Charles VI, cette superbe page :
« Les médecins ne manquèrent point au royal malade, mais ils ne firent pas grand'chose. C'était déjà, comme aujourd’hui, la médecine matérialiste qui soigne le corps sans se soucier de l'âme, qui veut guérir le mal physique sans rechercher le mal moral, lequel pourtant est ordinairement la cause première de l’autre. Le Moyen Age faisait tout le contraire, il ne connaissait pas toujours le remède matériel, mais il savait à merveille calmer, charmer le malade, le préparer à se laisser guérir. La médecine se passait chréliennement, au bénitier même des églises, souvent on commençait par confesser le patient et l’on connaissait ainsi sa vie, ses habitudes. On lui donnait ensuite la communion, ce qui aidait à rétablir l’harmonie des esprits troublés’; quand le malade avait mis bas la passion l'habitude mauvaise, dépouillé le vieil homme, alors on cherchait quelque remède. C'était ordinairement quelque absurde recette, mais sur un homme si bien préparé lout réussissait. Au xiv° siècle, on ne connaissait déjà plus ces ménagements préalables, on s’adressait directement, brutalement au corps, on le tourmen-
tait. »
Et, ailleurs, il confesse : « En quoi le prêtre et le médecin sont-ils distincts ? Je ne l’ai jamais compris. Toute médecine, est nulle, aveugle, inintelligente si elle ne commence pas par la confession complète, par la résignation et la réconcilialion avec l'harmonie générale ». Et pourtant Michelet n’est pas, que nous sachions, suspect de cléricalisme. Non, c'était seulement un généreux et lumineux esprit, qui voyait juste et le disait franchement.