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Pinard le montre bien tous les jours dans ses cliniques, toute femme s'étant ainsi reposée amenant un produit à terme et de poids normal.
La femme est accouchée, voilà un enfant qu’il va falloir mettre dans les meilleures conditions de développement dans son intérêt propre et dans celui de l’avenirde la race. Ici la question d’allaitement, dont toute la vis peut dépendre et dontle médecin devrait être le maïtre absolu, cela tend à se réaliser. Ainsi à Palerme c’est un médecin qui dirige le bureau de nourrices, examinant leur lait, faisant leur éducation. C’est la Providenza baliatica (In Æev. Philanthrop., 1903). De deux choses l'une, ou la mère peut allaiter, socialement parlant s'entend, car les causes d’impossibilité inhérentes à elle sont rares, alors elle doit le faire et au besoin le médecin devrait pouvoir l’y contraindre, ou obligée de gagner sa vie il lui faut recourir à l’allaitement mercenaire, mixte ou artificiel. Certes, celte devise inscrite dans une de nos cliniques est profondément vraie que : « c’est la honte des temps modernes qu’une mère de famille soit obligée de négliger ses enfants pour travailler au dehors ». Or, celte obligation anli-naturelle est imposée par l’homme seul el jamais dans l’animalité, dont l'exemple dans tant de cas devrait nous aider à résoudre nombre de problèmes humains so- Caux, Mais NOUS y répugnons par orgueil. Chez les animaux, disions-nous,que voit-on ? La femelle
se reposer d'abord, aïlaiter ses petits ensuite, le mâle pendant ce temps pourvoyant à la nourri- Lure et à la défense. M. Brieux, comme tant d’auteurs modernes qui ont voulu transporter sur la scène des problèmes médico-sociologiques, insuffisament documenté par la lecture de manuels, ne voyant qu'une face de la question, l'a posée sur un terrain à côlé. Ainsi dans les « Remplaçantes » ce n’est pas tant contre la minorité des mères qui ne veulent pas allaiter par snobisme,coquetterie ou veulerie qu'il fallait entrer en guerre que contre la société, contre l’homme qui, par une mauvaise compréhension de la vie intersexuelle, force l’immense majorité des femmes à travaiiler. Ces quelques francs ainsi gagnés par la femme, au lieu de profiter à la cominunauté lui font le plus grand tort. Que l’on nous pardonne celle digression, elle a, croyons-nous, son importance. C’est, nous l'avons déjà dit, une grave erreur à notre avis que cette tendance à transporter à la scène les problèmes médicaux, outre que le lieu est plutôt mal choisi, pour le faire, il faudrait au moins être docuinenté à fond, en un mot être du bâtiment. Mais revenons à nos enfants. La mère allaite, tout est pour le mieux, le médecin n’a qu'à surveiller Pévolution normale de l'enfant.
La mère, pour une cause physiologique ou pathologique ne le peut, c’est l'allaitement arlliciel. Ici apparaît, due aux médecins, cette généreuse el
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bienfaisante institution des consultations de nourrissons, des gouttes de lait. Inaugurée par le pro-, fesseur Budin, en 1892, à la Charité, qui ne les connaît, n’en apprécie le fonctionnement ? Comme le disait fort justement M. Jonart dans sa préface du «nourrisson » du D' Budin, il suffit pour cela d’une balance, de fiches et de dévouement. Pour ce, le corps médical n’est jamais en reste. La province a suivi l'exemple, voire l’Europe; c'est ainsi qu'on compterait 64 consultations en France, 37 en Europe, et 25 rien qu’à Paris. Pour une fois que nous tenons la tête d’une bonne statistique, réjouissonsnous-en. Grace à ces pesées hebdomadaires, aux conseils prodigués, au bon lait fourni, la mort par gastro-entérite a notablement baissé.
Abordons le cas plus général, malheureusement, où la mère devant travailler est forcée de se séparer de son enfant, de le mettre en nourrice ; là nous entrevoyons les tristes hécatombes où, d’après le D' Bergeron, sur 20.000 enfants envoyés de Paris en nourrice 15.000 mourraient. Est apparu alors un grand bienfaiteur, un médecin bien entendu, le D' Roussel dont la loi sur l’inspection des enfants du premier âge, les visites mensuelles de médecins inspecteurs instituées, les certificats exigés ont fait reculer la mortalité.
Fatalement cette œuvre, comme toute œuvre humaine, à quelques points faibles et, appliquée par des hommes, va parfois à l'encontre de sa lettre.
Ainsi les visites mensuelles sont trop espacées, c'est hebdomadaires qu’il les faudrait. D'autre part, dans ce domaine philanthropique est apparue, comme toujours, l’ingérénce des intérêts locaux ; c'est ainsi que des maires ont le certificat trop compiaisant pour les femmes de certains électeurs. Le bien pour tous, oui, mais pas par tous; il faut en élfet une certaine éducation morale quine suffit même pas toujours. Si l’on songe que 300.000 enfants sont ainsi annuellement envoyés en nourrice, on comprendra le rôle considérable du médecin au point de vue de l’évolution de la race tant par ses consultations de nourrissons, gouttes de lait, application de la loi Roussel que dans d’autres œuvres d'avenir dont nous allons parler.
C’est d’abord l'association des Dames Mauloises, qui prit naissance du fait et sous les auspices encore d’un médecin, le D' Pecker. Là par une communion de bon aloi les femmes pauvres, ouvrières, ménagères, sont assistées avant, pendant et après leurs couches, par ce que l’on est convenu d'appeler les Dames de la Société. Avant, au cours de visites, on les éduque en vue de leur futur rôle de mère ; on les pourvoit à titre de prêt seulement de tout ce qui est nécessaire, pendant, on les assiste, on leur donne les soins exigés, après, on continue à les aider et à les conseiller pour l’allaitement. Voici donc réalisée dans une petile commune des environs de Paris, ce sublime
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rapprochement des pauvres et des heureux prêché par le Christianisme. Voici donc du secours sans argent donné pour se débarrasser, comme on paye une contribution, de l’aide fructueuse et non plus de la charité sport, réclame, vedette, association heureuse de la science par le médecin et du cœur, du dévouement par la femme. À ce propos même l’idée a été émise que toutes les femmes sans enfants fussent lenues d'aider celles surchargées. Nous croyons qu’une telle obligation estinutile, qu’il suffit de faire appel au cœur de la femme qui répond toujours et dont ilimporte seulement de diriger les élans. Une femme au reste, médecin bien entendu, M° la Doctoresse Pillet- Edwards, a entrepris à l'Université populaire des Batignolles de faire leur éducation dans une série de conférences. Puisque nous ne faisons plus d’enfants, faisons tout, au moins, pour garder nos quelques imprévus !
Abordons maintenant la question du sanatorium de grossesse et d'allaitement. Sous ce vocable, sanatoriums de grossesse, sont compris la fondation particulière, le refuge ou encore l'hôpital qui reçoit la femme enceinte dans les dernières semaines, lui permettant le repos nécessaire à la venue d’un produit à Lerme et normal. Cela au reste avait été compris et préconisé déjà par la Convention qui, sur le rapport du représentant Maignet, avait ordonné l'établissement
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dans chaque district d'une maison destinée à recueillir la femme enceinte à telle époque de sa grossesse qu'elle voudrait. En 1891, l'Académie de Médecine a émis un vœu identique. Ainsi l’on éviterait cet exode vers Paris de toutes les pauvres filles enceintes ; ainsi on parerait à leur exploitation, leur déracinement, voire à l’abandon de leur enfant et l’on n'aurait plus le spectacle dans la Ville Lumière, au commencement du xx° siècle, de ces troupeauxde pauvres filles, échanullons de toutes les régions laitières de France, se rendant à la préfecture sous la conduite d'une meneuse de bureau de placement.Dansces sanatoriums de grossesse à établir dans les grandes villes, les chefs-lieux, ou à rattacher à l’hôpital, les femmes seraient éduquées par les médecins en vue de ieur rôle de mère. Ces sanatoriums de grossesse il faudrait les doubler de sanatorium d’allaitement, c’est là qu'est l'innovation à faire surtout. Iei la femme après s'être reposée, accouche et au lieu d’aller se placer nourrice sur lieu et d'abandonner son enfant à 7 mois et même moins aux soins hasardeux d’une parente ou d’une voisine, resterait avec lui au sanatorium, comme cela se pratique dans nos services d'accouchement, là, tout en l’allaitant, elle pourrait avec son lait aider à sauver les débiles et contribuer à l'allaitement mixte des enfants envoyés en nourrice dans le sanatorium, la plus grande part du lait étant fourni par
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des vaches éprouvées, des ânesses, des chèvres, tout cela élevé dans des étables modèles. Ce serait enfin réalisé l'élevage scientifique raisonné des enfants, lait, repas surveillés, air, hygiène. Ces sanatoriums pourraient appartenir à l'Etat, au département ou encore à des médecins. Ils seraient, bien entendu, sous la direction d’un médecin résidant, comme les asiles d’aliénés : voilà encore un rôle et non des moindres du médecin. Des entreprises privées sont déjà entrées dans cette voie et nous devons citer ici la Pouponnière de Porchefontaine où 120 enfants sont ainsi élevés et rendus à leurs parents à 2 ans. À ce propos il serait bon qu’on en revienne en France d’un faux sentimentalisme qui fait que l’on entoure de soins coûteux tous les déchets de la nation, idiots y compris, alors qu’on néglige ceux qui seront la France de demain.
Voici l'enfant sorti de la première enfance, il entre à l’école, c’est là encore que le rôle du médecin est de tout premier ordre ; cela on ne fait seulement que commencer à s’en douter. Déjà existe certes l'inspection médicale permettant de dépister les fiévres éruptives, les maladies contagieuses en incubation, mais les yeux, les dents, la gorge, les oreilles, on ne s’en occupe pas encore el pourtant leurs lésions peuvent compromettre toute une vie et faire d’un enfant un infirme, une
non valeur, une charge pour la société. Au méde-
cin de décider à quel âge l’enfant peut commencer à travailler, combien il peut le faire, pourquoi il ne le peut pas, comment il doit jouer, être vêtu, nourri. Il est bon que l’on sache que les tardigrades, les cancres sont des malades plus justiciables de la consultation et d’un traitement que de la retenue et du pensum. Un adénoïdien entend mal, un constipé manque de mémoire, a mauvais caractère, tel paresseux est un phosphaturique et les onychophagiques, et il y en a beaucoup, on le sait, des dégénérés. Il faut bien savoir que c’est à la puberté seulement que s’éveillent les aptitudes intellectuelles. Trois hommes, trois médecins encore, les D Letulle, Legendre et Mathieu se sont en ces derniers temps, adonnés à l'étude de ces questions et ont fondé la ligue de l'Enseignement et des Familles où tous les problèmes relatifs à l’éducation de l'enfant sont résolus scientifiquement, médicalement. Les maitres seuls ne peuvent juger des aptitudes des élèves, il leur faut pour cela s’en rapporter aux médecins qui les éduqueront eux-mêmes par des conférences. Tous les enfants ne peuvent faire le même devoir, supporter la même férule. C’est ainsi que Friedrich étudiant des enfants de 10 ans, grâce à une dictée faite pendant plusieurs heures, a pu conclure qu’à cet âge une heure de classe de suite suffisait. Wagner, de son côté, à l’aide de son compas, a pu mesurer