RÔLE DU MÉDECIN VIS-A-VIS DE LA COLLECTIVITÉ
Au point de vue de la collectivité nous répéterons ce que nous avons déjà dit, que si l’on veut se faire une idée du rôle qu'est appelé à jouer le médecin, il suffit de parcourir tout ce qui paraît et traite de Philanthropie etde Sociologie. Là, encore une fois, on rencontrera, à chaque page, tel le signe symbolique d’une maçonnerie, celle du bien à faire, le D" professionnel. Si, par rapport à l’individu, le rôle du médecin s’est haussé par l’hygiène, par rapport à la collectivité il s’est agrandi grâce à une conception meilleure et plus équitable de la vie.
Nous connaissons déjà le rôle important Joué par les médecins inspecteurs des enfants du premier âge, les gardiens fidèles, les exécuteurs de la loi Roussel. Nous avons entrevu l'importance que pourraient avoir ces médecins directeurs de sanatoriums de grossesse et surtout d'allaitement. Nous savons au point de vue épidémique, — et l'enfant
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est milieu de culture par excellence à tous points de vue, — quels heureux résultats donne l’inspecpection médicale. Nous demeurons convaincus, par contre, de l'urgence de créer ou de relondre un cadre d’inspecteurs médicaux scolaires, assez semblable à celui des inspecteurs primaires et d'académie comportant tous les spécialistes nécessaires. Ce sont encore les directions d'agences, l'inspection des enfants assistés que nous estimons devoir être occupées avec profit exclusivement par des médecins ; ce sont les dispensaires tubereuleux, œuvre de prophylaxie médico-sociale, inslitués en ces derniéresannées à l'instigation des médecins,dirigés par eux, où l'on apprend au malade à lutter contre son terrible mal, parfois avec succès, tout au moins avec moins de risques pour les siens et ceux qui l’entourent. Ces dispensaires, il faut qu'il s’en crée dans tous les centres ouvriers, populeux en France, en même temps qu’à côté fonclionneraient, toujours par l’aide de médecins, des dispensaires du soir pour les maladies vénériennes, celle autre plaie qui vicie et déforme notre race.
Ce sont les hôpitaux, ceux de province, qui gagneraient à être dirigés par un médecin qui éduqueraitle personnel secondaire qui en est encore, en beaucoup d’endroits certes, à la période antiaseptique ; assurant ainsi un service médico-chirurgical d'urgence qui manque absolument. Ce
médecin serait tout indiqué pour éduquer les futures mères venant se reposer préalablement à leur accouchement dans une annexe de l'hôpital, et pour surveiller ce sanatorium d'allaitement qui pourrait,dans certains cas, y être adjoint.Au reste, cette question des hôpitaux de province à mieux outiller, dont on devrait faciliter l’extension, voilà de bonne décentralisation à faire pour plusieurs justes raisons. D'abord, dans certains d’entre-eux, bien situés, des sanatoriums de fortune pour tuberculeux pourraient être établis, à défaut de sanatoriums d’allaitement ; des consultations de nourrissons pourraient y être faites, des spécialités y être exercées : les yeux, le nez, la gorge, les oreilles, une petite salle d'opérations pourrait être installée et enfin des chambres y être aménagées où l’on pourrait soigner des malades payants que leur affection ou leur installation défectueuse mettraient dans celte nécessité. Au reste, en vertu de la spécialisation poussée de plus en plus qui est la conclusion d’une société en progrès, l’époque n’est peut-être pas éloignée où l’on ne se fera plus, où l’on ne pourra plus se faire soigner chez soi et où l’on ira pour cela dans des maisons de santé, des hôpitaux installés, outillés ad hoc. Quel est, en effet, le praticien qui peut disposer d’un laboratoire personnel lui permettant les dernières recherches, et d’un arsenal chirurgical complet ? Enfin le rôle décentralisateur de ces hôpitaux au
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point de vue enseignement clinique vient d’être bien mis en lumière par le récent décret impérial allemand qui exige des nouveaux docteurs frais émoulus un stage d’un an dans un de ces hôpitaux afin de compléter leur instruction pratique. Ainsi se trouvent soulagés les hôpitaux des centres universitaires à l’avantage de petites villes et au profit des futurs praticiens. Qui ne serait tenté de demander l'application du système allemand en France ? Voilà qui serait ou pt de bonne et fructueuse imitation.
En partie les médecins peuplent heureusement les comités d'hygiène où ils font utile besogne en étudiant, résolvant les questions d’eaux potables, de voierie, de salubrité, de logements. Qui dira jamais le rôle néfaste joué par l'habitation malsaine, sale, triste ? Au point de vue moral elle envoie l’homme au cabaret, les enfants à la rue et la femme chez la voisine. C’est l’absence de foyer ; or, le foyer est sans conteste le plus puissant élément de progrès moral et social. Au point de vue physique c’est l’air vicié, l’intoxication, les maladies transmissibles, ce sont les repaires à tuberculose et à cancer. Quand se décidera-t-on à imposer enfin à chaque maison son carnet sanitaire ? Etici également s'impose la créalion d’un cadre de médecins inspecteurs sanitaires, lesquels leurs connaissances d'hygiène joindraient des noons d'architecture, ce qui leur permettrait d’être