Lemoisnc, Lami. p
б. Lapauze, Histoire de ! Académie de France à Rome . Direction de Schneti. [Nouvelle Revue, i5 avril 1909, p. 49a}.
7. Une légende d'atelier veut qu'un jour, le duc d Orléans allant rendre
visite à un peintre, la concierge l’ait prié de remettre à l’artiste un pantalon qu elle venait de raccommoder, commission dont le jeune prince se serait acquitté en toute simplicité. Cette aventure arriva-t-elle chez Decamps ou chez Dupré (Hustin, Dupré dans L Art. janvier 1899), est-elle authentique? Je laisse ce grave problème en suspens.
T,ES CONDITIONS SOCIALES
des Artistes L, « trempe aussi, sans s’en douter, dans la conspiration artistique. Livré, dit-on, à l’influence d’un jeune artiste doué d’un talent original, d’un talent à part, mais qui ne saurait jamais faire école1 2, il est détourné de toute estime pour les œuvres de haut style et ne fait cas que des œuvres soudaines et désordonnées où brillent l’imagination et l’adresse à défaut de savoir. » Le duc d'Orléans devait justifier ces appréhensions. En 1 83 3 , il donnait des commandes à Ingres, à Delaroche, à Tony Johannot, à Roqueplan, à Paul Huet. Il entrait en lutte ouverte avec le jury, protégeait Barye exclu des Salons et lui commandait un surtout de table monumental. Ses sentiments étaient si bien connus que lorsqu’en 1 836, VHamlet de Delacroix fut refusé, on annonça qu’il s’était rendu acquéreur de l’œuvre proscrite. L’information se trouva fausse mais elle était vraisemblable3. A la mort du duc de Blacas, quelques officieux mirent en avant le nom du duc d’Orléans pour sa succession à l’Académie des Beaux-Arts. Cette suggestion ne fut pas entendue et Y Artiste en exprima le regret dans un article panégyrique où il exaltait le prince, protecteur de Decamps, - de Cabat, d’Eugène Delacroix, de Scheffer, de Barye ; « M. le duc d’Orléans », ajoutait-on, « est l’ami de M. Ingres, et s’il était plus riche, M. Ingres n’eût pas travaillé pour le duc de Luynes 4. » Le duc d’Orléans allait devenir possesseur de la Stratonice et obtenir du peintre « l’immortalité d’un portrait5 ».