‹ Du romantisme au réalismeChapitre 114 sur 268 · L’Artiste, 1 838, i3e série, t. IV, p · texte numérisé non relu

L’Artiste, 1 838, i3e série, t. IV, p

6. Citons quelques-unes de ces tirades débiles et véhémentes :

Ta palette, instrument de sérieux projets,

Ne se profane point à de hideux objets :

En 1839, Al. Barbier constate avec satisfaction que « depuis longtemps nous n’avions pas eu d’exposition aussi riche, aussi belle, ni aussi raisonnable. J’insiste sur cette dernière épithète, parce qu’elle caractérise le mouvement réactionnaire qui s’est manifesté, dans l’art comme dans la littérature, au profit du bon sens et du bon goût. L’orgie a disparu du Salon 1 ».

En 1840, Lamennais publie le troisième volume de son Esquisse d'une philosophie. 11 y consacre une étude à la peinture. Il préconise la poursuite du beau idéal entrevu à travers les choses visibles et condamne les artistes qui « livrés à la recherche inquiète d’un vrai et d’un beau inconnu, ou au découragement qu’engendre une recherche vaine, s’abandonnèrent les uns aux fantaisies d’une imagination sans but et sans règle, les autres à une fougue brutale, désordonnée, tellement qu’on put croire à une volonté fixe et systématique d’inaugurer le triomphe final de la matière sur l’esprit2 ». « Là où le coloris sera la préoccupation principale de l’artiste », dit-il encore, « l’art tendra à se matérialiser, il aura, au contraire, une tendance à se spiritualiser, lorsque l’artiste se préoccupera du dessin principalement...; le coloris doit être subordonné au dessin, autrement la sensation prévalant sur la pensée, l’art s'abaisserait3. »

Vitet publie, en 1841, dans la Revue des Deux Mondes , son

Consacrant les héros, ta peinture sublime Ainsi que la laideur a repoussé le crime...

Daigne-t-il aux romans prostituer sa gloire ?

Il la réserve entière à l’éternelle histoire...

Un pinceau qui répugne à l’image insolente Des noirs enfantements d’artistes vaporeux,

Créant des monstres vils, des spectres ténébreux.

Des difformes bourreaux et des nymphes livides,

Etres dénaturés sous leurs teintes morbides...

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