Même édition. 19e et 20e leçons, pp. 4o5 et
6. Cours d histoire de la philosophie moderne, t. II. Histoire des derniers
LA PEINTURE ABSTRAITE 1^5
querelle célèbre entre Quatremère de Quincy et Émeric Duval, il avait auparavant, tenté entre les deux adversaires une conciliation1; désormais il se prononce nettement en faveur ; de Quatremère, champion de l’idéal2. Il oppose à « cette beauté commune et grossière que Rubens anime en vain de son ardent coloris... cette beauté idéale que l’Antiquité romaine et florentine ont seules connue et exprimée 3 ». Il affirme la supériorité des tableaux de « notre admirable Lesueur » malgré leur coloris médiocre sur « telles œuvres éblouissantes plus séduisantes aux yeux, moins touchantes à l’âme ». « Je dis plus », ajoute-t-il, « non seulement la sensation ne produit pas d’idée du beau, mais quelquefois elle l’étouffe4. »
Jouffroy, dans ses leçons célèbres de 1826, qui furent publiées en 1 843 s, avait soutenu avec plus de modération et non sans atténuations des doctrines analogues B, et l’on peut supposer que celles-ci furent enseignées à la jeunesse studieuse des collèges royaux.
II. — Les contemporains, qu’ils fussent irrités ou ravis par le mouvement de réaction que nous essayons d’étudier ici,
systèmes delà philosophie moderne sur les idées du vrai, du beau et du bien, 1846. — Il y aurait, pour un historien des idées, une étude curieuse à entreprendre sur l’évolution des idées de Cousin sur l’esthétique, depuis les programmes de 1818 jusqu’aux dernières éditions revues par lui du livre définitif Du vrai, du beau et du bien. O11 y découvrirait, sous le dogmatisme solennel du style, une pensée souvent incertaine, influencée par les revirements de 1 opinion qu’elle prétendait dominer.