L'Artiste, rg mai
se développa, sous la monarchie de Juillet, un art monumental soutenu par de grandes idées directrices et illustré, aussitôt, par des chefs-d’œuvre. Les conceptions et les pratiques qui se firent jour, à cette époque, avaient une ampleur et une souplesse capables d’encourager les tempéraments les plus divers. Puvis de Chavannes bénéficia de ces efforts qui n’ont pas été inutiles à M. Maurice Denis, mais des maîtres coloristes, comme M. Besnard ou M. llenri Martin, sont aussi redevables à ces enseignements et ce n'est pas diminuer leur mérite, mais établir une filiation légitime que de rappeler l’œuvre de leurs précurseurs, de Flandrin, de Chassériau et de Delacroix, auxquels appartint l'entreprise ingrate et glorieuse de restaurer en France la peinture monumentale *.
i. M. Gustave Gcffroy, dans son article sur les Peintures de Delacroix h la Chambre des députés publié par la Revue de I Art Ancien cl Moderne en 1903 et illustré des fac-similé des dessins de Maurou d'après les peintures de la Bibliothèque, regrettait que ces chefs-d’œuvre ne tussent pas accessibles au public. Cette plainte, que Delacroix lui-même, avait déjà formulée (Description autographe du Salon du Roi publiée par 1 Art, 1878, t. II, p. '-*17), uous la reprenons à notre tour, en l étendant aux peintures du Palais du Luxembourg. Il est déplorable que des travaux glorieux soient amoindris, dans leur renommée et surtout dans leur portée, par des règlements qu il serait, pourtant, bien aisé de modifier.