L Artiste. Salou de 1843, 1843, 3U série, t. III, p. 3o
a. L'Artiste , a juin 1844, P- 80.
3. Théophile Gautier, dans la Presse du 19 mars 184a. Charles Blanc, dans la Réforme du a6 mars 184a.
4. Salon de 184a in Curiosités esthétiques, p. a 6. — Au même Salon, Etes expose La mort d’un homme de génie incompris conservée au Musée de Lyon.
5. Cf. Baudelaire. Curiosités esthétiques, Salon de 1846, p. 126. "Soir, aussi, de Laemlein, L'Echelle de Jacob (Salon de 1847) au Musée de Grenoble.
VERS LE REALISME
Alfred de Musset plaisante les prétentions des peintres apocalyptiques et fourriéristes 1 et Balzac, dans les Comédiens sans le savoir 2, trace la charge amusante du peintre Dubourdieu, auteur d’une figure allégorique de l’Harmonie. Il n’est pas invraisemblable que Chenavard ait fourni à Balzac comme à Musset des traits pour leur parodie.
Louis-Philippe apportait, lui aussi, des tendances utilitaires dans ses encouragements aux arts3 4 et Benjamin Delessert ouvrait, en 1839, un concours pour la composition d’images moralisatrices, concours dont un artiste médiocre, Jules David, fut le lauréat '. « Je ne puis comprendre l’art pour l’art », écrivait en 1 843 David d’Angers au jeune Hébert. « Selon moi, il devrait être un moyen puissant pour moraliser les masses5. » Déjà, en 1 838, dans un manifeste public, David d’Angers avait exposé, avec éloquence, les mêmes sentiments. « Artistes », s’écriait-il, « travaillez pour les nations, pour le peuple, instruisez-le en lui montrant de ces nobles sujets qui échaufferont son cœur en l’épurant et y graveront de grandes et généreuses pensées 6. »
VI. — Des faits que nous venons de grouper se dégage une conclusion double. L’atmosphère de la monarchie de Juillet fut favorable à la préparation du réalisme. Un très grand nombre de peintres eurent des velléités qui, à leur insu, pouvaient aider à cette évolution. Poussons plus avant l’ana-