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L art en province, Moulins, i835, t. I, p

VERS LE RÉALISME

de France1 2, il y eut, tout proche d’eux, une floraison de provincialistes. La Bretagne surtout bénéficia de ce mouvement. Adolphe Leleux s’en empara ; il peignit des porchers (1837), des Braconniers (1839), des bûcherons (1840), des danses paysannes (la Korolle, 1842), des cantonniers (1844)% et il le fît avec un succès chaque année grandissant. En 1847, Clément de Ris lui attribuait, dans la peinture de genre, la première place après Delacroix3. Il peignait avec un véritable sens du naturel, saisissant le geste exact et typique, maniant le pinceau d’une main large, sans sécheresse, sans souci du fini apparent. Théophile Gautier, surpris et scandalisé, signalait, en 1837, « un Porcher de M. Leleux qui annonce un grand talent pour peindre des cochons. Ceux de son tableau sont d’une vérité singulière ». Et Gautier regrettait qu’il n’eût pas « fait de son porcher un enfant prodigue gardant les pourceaux ; c’était un moyen de donner de l’importance à sa composition 4 ». Quelques années plus tard, Gautier disait, des Cantonniers : « Il est impossible de renoncer plus complètement à l’intérêt de la donnée et de la composition ; c’est la nature même prise sur le fait, rendue telle quelle sans interprétation, sans embellissement. Eh bien ! l’exécution seule suffît pour faire de l’étude de M. Ad. Leleux un des meilleurs morceaux de l’exposition 5. » Gautier d’ailleurs exagérait singulièrement l’impartialité objective de Leleux 6. En réalité, l’artiste mettait dans ses

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