‹ Du romantisme au réalismeChapitre 222 sur 268 · Salon de 1845 ( OEuvres complètes , t. II, p. 5i · texte numérisé non relu

Salon de 1845 ( OEuvres complètes , t. II, p. 5i

réotypes l. Au total, ces notes discordantes, disparaissent parmi les enthousiasmes.

Meissonier conquit ainsi la gloire et l’autorité d’une façon presque soudaine. 11 est difficile, pourtant, de définir l’action qu’il put exercer. Il eut des séides qui l'imitèrent avec moins d’habileté et s’efforcèrent à sa suite, de surprendre le succès. Vetter, Villain, Plassan, d’autres, plus ignorés encore. Il contribua, sans doute, à rendre le public plus exigeant. Ceux qui l’admiraient supportèrent moins aisément linconsistance des toiles d’un Diaz ou d’un Baron, l’insuffisance d’autres pages ; mais, pas plus que Philippe Rousseau ou que Bonvin, il n’apporta une formule féconde ou libératrice.

L'intérêt de la vie contemporaine, pour s’imposer, prit un détour : il se manifesta d'abord sous le couvert du provincialisme. Le Romantisme avait fait aimer l'ancienne France : mais, autour des cathédrales et des châteaux-forts, s'élevaient des maisons nouvelles, des hommes et des troupeaux circulaient2. Les lithographes du baron Taylor animèrent leurs vues monumentales de scènes pittoresques et Bonington leur avait donné d’incomparables exemples. Dans le manifeste pénétrant qu’il plaçait en tête de Y Art en Province , Achille Allier, en 1 835 , appelait l'attention sur le caractère et l importance de types provinciaux : « Ce que Léopold Robert a fait pour les vendangeurs de Naples, pour les moissonneurs des Marais Pontins, pour les pécheurs de l’Adriatique, l’a-t-on fait » demandait-il, « pour nos populations qui ont leur poésie 3 ? »

Tandis que les paysagistes découvraient les campagnes

i Bulletin de I alliance des arts, io avril 1 843 , p. 3o6.

2. Il vinl, d'ailleurs, un moment où la passion archéologique s atténua. Fromentin, en 1S47, s'ennuyait à Rouen, où il voyait « des églises, et puis des églises et toujours des églises ». Il se sentait plus à 1 aise à Dieppe qui, du moins, avait une physionomie [Lettres du 26 juin 1847- Lettres de jeunesse, p. 220-221) .

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