‹ Du romantisme au réalismeChapitre 28 sur 268 · Gustave Planche dans F Artiste i832, p. i3i · texte numérisé non relu

Gustave Planche dans F Artiste i832, p. i3i

6. L ordonnance est donnée in extenso dans l'Artiste 1 833 , t. II, p. i35.

LES CONDITIONS SOCIALES 3 7

Comme sous la Restauration, le Salon se tenait au Louvre dans les salles mêmes du Musée1 qui se trouvaient ainsi dérobées au public pendant le temps de l’exposition et aussi pendant la période nécessaire pour la préparer et la déménager, c’est-à-dire, pendant près de la moitié de l’année. Un état de choses si préjudiciable à l’art souleva de fréquentes protestations'2. David d’Angers réclamait la construction d’un édifice spécial affecté aux expositions3.

Ces doléances ne furent pas entendues. Le gouvernement jugeait, peut-être, qu’il importait à la dignité de l’art que les expositions se tinssent au Louvre. « Hors du Louvre », proclamait Louis Peisse, un des rares défenseurs du statu quo , « il n’y aurait plus de Salon, il n’y aurait que des boutiques de tableaux4. »

Il s’en faut d’ailleurs que le Louvre offrît pour l’Exposition un local vraiment approprié. Sans parler de la sculpture exposée dans des conditions déplorables, il n’y avait guère que le Salon Carré où les toiles fussent bien en lumière5; la galerie de bois était un purgatoire jusqu’au bout duquel le public ne se risquait guère6. Aussi les compétitions et les intrigues pour la place des œuvres étaient-elles très

1. Jusqu'en i83i on décrochait les tableaux du musée pendant 1 exposition. En 1 83 1 on les masqua par des planches et tentures qui coûtèrent 40.000 francs [Le National, 2 mai i83i).

2. Voir, par exemple : V Artiste i832, p. 3 ; i834, p, 237 ; 1 835, pp. 9 et 62. — Gustave Planche, Salon de 1 833 ( Revue des Deux Mondes ). — Louis Yiardot, Salon de 1837 [Le siècle, 2 mars 1837). — Bulletin de l'alliance des arts, 25 mars 1 843 ; — Arthur Guillot, Salon de x 845 [Revue indépendante, 25 mars 1 845 , p. 234) ; — Eugène Delacroix, Journal, i844> P- 202, etc...

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