‹ Du romantisme au réalismeChapitre 36 sur 268 · L Artiste, 1843, pp. 17a et · texte numérisé non relu

L Artiste, 1843, pp. 17a et

LES CONDITIONS SOCIALES

et Bidauld qui jugeaient Delacroix et Decamps. On conçoit les colères de la critique et l’on comprend qu’elle ait été impitoyable toutes les fois que ces juges communiquaient au public leurs propres œuvres dont il n’était que trop facile de souligner la médiocrité1.

Cependant, de toutes parts, on demandait une réforme radicale ou partielle et l’on proposait des remèdes. David d’Angers, dans une première lettre en 1 838 2, complétée par un second manifeste en 1 847 3 4 , déniait à un jury, quel qu’il fût, le droit d’empêcher l’exposition d’une œuvre d’art; il demandait donc l’accès libre des Salons, avec limitation des envois à deux ouvrages pour éviter l’encombrement et sous le seul contrôle d’un jury de moralité qui écarterait les œuvres licencieuses ou séditieuses. Cette solution était réclamée également par Gabriel Laviron’et par Louis Peisse 5. Elle était un peu radicale. La société centrale des amis des arts dans un mémoire de 1 835 6 et dans une lettre adressée au roi en i8387, Etex, dans une pétition au roi en i83y8, émettaient des vœux plus timides.

Une adresse au roi, en 1 844 ■> réclamait simplement l’extension et la spécialisation du Jury : « Peut-être », y était-il dit,

1. Delaborde a tenté dans son livre sur L' Académie des Beaux-Arts depuis la fondation de l'Institut de France (1891), pp. 258-262, la réhabilitation du Jury de la monarchie de Juillet; entreprise malaisée où il ne semble pas qu’il ait réussi. Il reconnaît que l’Institut a entendu souvent protester, par des exclusions, contre l’action royale.

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