Silvestre. Les artistes français, éd. de 1878, p. 3o
est catholique pratiquant, Janmot, croyant mystique h Orsel peint avec ferveur les litanies de la Vierge et consacre une large partie de sa vie à préparer des conférences édifiantes ; son ami Périn déploie la même foi à célébrer les œuvres de la miséricorde.
Le 21 juillet 1839, Lacordaire, du couvent de la Quercia près Viterbe, préparait la formation d’une confrérie d’artistes chrétiens : « Le but de la confrérie de saint Jean l’évangéliste est », écrivait-il, « la sanctification de l’art et des artistes par la foi catholique et la propagation de la foi catholique par l’art et les artistes 1 2. » Le 27 décembre de la même année, la confrérie tenait son assemblée constitutive ; elle eut des réunions régulières à Notre-Dame-des-Victoires jusqu’en 1 844 - Formée d’abord de sept membres, elle en compta jusqu’à trente. Fromentin, à peine arrivé à Paris, y fut affilié3 4 5. La Confrérie, après avoir végété, deux ans encore, se dispersa. Elle n’en eût pas moins une influence durable. Sous l’influence de Lacordaire plusieurs artistes entrèrent dans les ordres. Le peintre Besson, après avoir raconté, sur les murs de Saint-Sixte de Rome, l’histoire de saint Dominique, se fit dominicain, en 1840 \ Le i5 janvier i844i un groupe d’artistes s’affiliait au Tiers-Ordre de saint Dominique ; parmi eux, le peintre Claudius Lavergne qui, avant de partir pour l’Italie, avait été visiter le curé d’Ars et, arrivé à Rome, avait fait bénir par le pape Grégoire XVI ses pinceaux destinés à glorifier la religion s. Le paysagiste Cabat fut aussi sur le
1. Maurice Denis, Les élèves d’Ingres ( L'Occident , 1902, t. II, p. i53).
2. Abbé Roger, Essai historique sur la société de Saint-Jean ( Notes d' archéologie et d'art, juin 1912). — G. Cl. Lavergne, Claudius Lavergne P910)-
3. Lettres de jeunesse, p. 45- Fromentin fit également partie (ibid., p. 60), en 1841, de l’œuvre de Saint-Vincent-de-Paul fondée par Ozanam.
4. Berthier et Vallée, Un peintre dominicain. L'œuvre artistique du R. P. Besson, 1910. — G. Cl. Lavergne, op. cit., pp. 20-21.