G. Cl. Lavergne, op. cit., p
point de revêtir l’habit dominicain mais, après une retraite à Chalais (Isère), il rentra dans le monde l.
Dans ce même moment, Rio publia son grand ouvrage sur l’art chrétien, Montalembert lança son étude retentissante « du vandalisme et du catholicisme dans l’art » (1837).
Ce mouvement sincère entraîne un petit nombre d’esprits d’élite2 3, mais en même temps, dans un sentiment moins désintéressé et moins pur, la bourgeoisie naguère voltairienne demande à la religion le concours de ses forces conservatrices. « Nous ne sommes ni religieux ni dévots », écrit Alexandre Deeamps, en 1837, « mais il se répand sur la haute société actuelle un parfum d’hypocrisie religieuse qui lui sied, rend les visages plus sérieux et tient lieu de morale et de dévouement » Henri Heine signale également cette mode religieuse inspirée par des craintes sociales4. Le gouvernement, enfin, a renoncé très rapidement à l’attitude d’abstention que lui donnait Thiers : il commande des tableaux d’églises et la Ville de Paris, imitée par les grandes villes de province, poursuit activement la décoration de ses édifices religieux.
Est-il nécessaire d’ajouter qu’il n’est pas indispensable à un artiste d’être croyant pour produire de belles œuvres religieuses. Les grandes scènes du drame chrétien, envisagées au seul point de vue humain, contiennent des thèmes de développements éternels. La mort du juste, la douleur maternelle, la charité sont des motifs capables d’émouvoir l’homme le plus étranger aux dogmes.
Quoi qu’il en soit, le nombre des tableaux de piété augmente, depuis 1 83 1 , de Salon en Salon. Ils avaient d abord