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Il y a cependant des degrés

Les semi-voyelles y et iù (i, ii) commandent plus facilement la diphtongaison que w (ou), et chacune selon le timbre de la voyelle qu'elles appuient.

Les ouvertes se diphtonguent moins aisément que les fermées. C'est pour cette raison que tant que Vé de « poète o est resté fermé, comme dans la prononciation encore de certains vieillards et dans certaines provinces, il n'a compté avec l'oque pour une syllabe ; Régnier :

Car si ce n'est \m poète, au moins il le veut être.

Mais aujourd'hui, l'ouverture de l't' force à dire : po-cic.

Les liquides {r,/), puis les nasales {m, n), puis l'explosive (p), puis les fricatives (/, v) entraînent aussi dans cet ordre descendant une dissyllabisation plus facile.

6'i. Enfin, placée à l'initiale d'un groupe, et surtout d'un mot

bref initial portant l'accent, la diphtongue perd aisément sa

qualité :

Ri-ons, chantons, dit cette troupe impie

{Une i ne)

Hier le vent du soir que le souille caresse

{Iluoo)

commandé aussi par l'allongement de tv depuis le \\i\" siècle.

Mais :

Le bruit court qu'aranl-liirr on vous assassina (')

[i'ni/caii)

qui n'a jamais été et ne sera jamnis prosodie autrement.

(i) Ces excniplps ont ôlô empruntés an .Xoui'cau Traité do rcrsificntion française par M.Vl. Charles Le (lollic et liJouard Thieuliti. (Paris, Massoii éd..' 1S90.)

65. L'emphase nécessaire à la diction poétique se marque plutôt par l'allongement de la voyelle qui porte l'accent que par une vocalisation plus détachée de la semi-consonne. Ainsi impérisilc dans la laisse citée de M. Francis Vielé-Grifîin, dont presque toujours le ton lyrique d'ailleurs participe de la parole naturelle. ,Quant aux terminaisons en ion, si nombreuses et souvent si fâcheuses, il est extrêmement rare que leur dissyllabisation soit possible, sauf naturellement lorsqu'elles sont précédées de deux consonnes différentes, ce qui suffit en français pour détruire la diphtongaison.

II reste que pour plus de sùrelé les poètes ne devraient pas hésiter à séparer d'un petit trait les voyelles placées dans un cas douteux, surtout avec la composition libre qui rejette la numération mécanique.

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