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NOTRE DURÉE ET LE TIMBRE

76. Cette question fondamentale de notre durée n'est point débarrassée encore de toute confusion chez les meilleurs phonéticiens .

A ceux qui sont préoccupés avant tout (ou, comme les poètes, qui devraient l'être) des conditions du langage dans leiu' langue, nous ne saurions trop recommander les Elêiiienls tie [jIkhicHijuc (jéiiérdlc par M. Léonce Roudet : ils y trouveront, admirablement résumé, l'état des principaux problèmes phonétiques résolus ou à résoudre qu'il importe de connaître.

Cependant, il faut laisser complètement de côté les paragraphes sur le rylhme conscicid, vraiment trop sommaire, et nous nous permettrons quelques réserves à propos du chapitre sur la durée.

M. Léonce Houdet nous dit comme il va de soi :

(' Beaucoup de grammaires françaises donnent encore à ô fermé le nom de <> long et à o moyen le nom de o bref. C est confondre deux notions absolument distinctes : o fermé peut cire bref et o moyen peut être long » (p. 2:29).

Kn suite :

(V Les voyelles peuvent être prolongées autant qu'on le veut » (p. 333;.

Néanmoins M. Léonce Roudet note des corrélations entre la quantité et le timbre qui, de la manière dont il les élablil, sont pour le franrais, (iiliacieuses.

77. Il faut bien distinguer dans la quantité la durée qu'on pourrait risquer d'appeler temporelle^ par opposition à une durée dynamique. La première mesure le temps suivant des rapports naturels et libres équivalents. La seconde est augmentée par des degrés non moins libres d'intensité, des renforcements ou des affaiblissements. C'est la durée dynamique qui affecte le timbre, ce n'est pas le timbre qui influe sur la durée. Il n'est pas exact qu'en français à palatal {part) soit plus bref qu'a vélaire ([)âte), si l'on peut dire que « les moyennes sont en général brèves, les ouvertes et les fermées sont en général longues comme les nasales ». Mais cette généralisation prudente même est dangereuse, car elle est cause certainement de la notation relevée à I'Appe^uice I de neuf et l>œiif comme œ moyens parce qu'ils semblent brefs. L'auteur le reconnaît lui-même : « Souvent dans une phrase française une voyelle nasale ou fermée devient brève, une voyelle moyenne devient longue » (p. 234). Fermées, ouvertes ou moyennes, les voyelles ont la même quantité indéfinie par elles-mêmes : vous ne mettrez pas plus de temps à prononcer ô, qu'o et o. C'est la consonne sourde ou vibrante, explosive ou continue qui dans la prononciation du mot isole fait paraître la voyelle précédente brève ou longue, tandis que la même voyelle est raccourcie ou allongée dans le mouvement de la phrase, quel que soit son timbre, quels que soient le nombre et la nature des phonèmes voisins.

78. Toutefois, dans un certain nombre de mots l'a fermé, Vè, l'ô et l'œ ouverts sont certainement plus longs que les autres voyelles (pâte comparé à patte, âme à femme, tempête à trompette, etc.), indépendamment des vibrations des sonores; mais la nature du timbre n'y est pour rien, témoin pas dont l'a est très fermé (du moins dans le substantif) et qui, par rapport à pâte, isolément, reste bref.

Ces exceptions disparaissent d'ailleurs lorsque ces longues ne sont point frappées de l'accent d'intensité, de même que les brèves s'allongent aux places toniques et rythmiques; et ces longues deviennent de plus en plus brèves suivant la longueur du groupe phonétique qui les suit. M. Roudet

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