‹ Du Saint-Gothard à la mer (volume 2)Chapitre 2 sur 75 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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y* entreprends (Técrire Vhistoire d*un grand fleuve, comme on écrit celle d'un homme ou d'un peuple, d'une famille ou d'une dynastie.

Un fleuve est en effet un organisme véritable, une personnalité " réelle. Il a son développement et sa vie propre. Il a commencé à l'origine des temps; il se transforme à travers les âges; il se modifie à chaque instant sous nos yeux. Le fleuve d'aujourd'hui n'est pas celui des siècles passés ; il n'est pas davantage celui des siècles à venir.

Les glaciers de l'époque primitive ont disparu, faisant place à des forêts, des prairies, des champs cultivés et habités. Le grand golfe de l'embouchure qui pénétrait dans l'intérieur des terres s'est peu à peu comblé; et les alluvions fluviales gagnent tous les jours sur le domaine de la mer. Dès l'origine des temps historiques, l'homme a pris possession de la vallée. Bien avant la première route de terre, le fleuve a été son guide, son itinéraire, son unique moyen de transport. Il a vu en lui une défense, la source principale de sa richesse, le bienfaiteur et le compagnon de sa vie, quelquefois un dieu. Il a commencé à habiter sur ses rives, souvent même au milieu de ses eaux; et de cette histoire « perdue » que l'on devine plus qu'on ne la sait, il reste encore çà et là quelques monuments et des souvenirs.

J*ai choisi le Rhône,

De tous les fleuves de notre vieil Occident, ce n'est certainement pas celui qui présente le plus long parcours ni le plus fort tonnage; mais c'est le plus noble, le plus éloquent, le plus varié • dans ses aspects, le plus intimement mêlé à la vie des peuples civilisés.

bu SAINT-GOTHARD A LA MER

LÉ RHONE

HISTOIRE D'UN FLEUVE

CHARLES LENTHERIG '

Ouvrage rcnfirmant dix-sept caries et plans

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