SUR LES COLONIES GRECQUES DU LITTORAL DE LA MÉDITERRANÉE
On n'est pas absolument certain de connaître aujourd'hui toutes les colonies possédées par les Grecs d'Ionie sur les côtes occidentales de la Méditerranée, dans les cinq ou six siècles qui ont précédé notre ère. Il est certain, d'ailleurs, que tous ces établissements ne sont pas de fondation grecque, et que la plupart existaient avant l'année 599, où l'on place assez généralement la première expédition des Grecs en Occident.
Les Phéniciens avant les Grecs, les Ligures avant les Phéniciens, ont eu des ports et des comptoirs sur toutes nos côtes ; et il y a tout lieu de penser que les colonies grecques se sont, pour ainsi dire, greffées sur des établissements antérieurs, en activité depuis plusieurs siècles.
Les géographes anciens désignent souvent les villes du littoral sous le nom de «< colonies massaliotes », et font ainsi de Marseille la métropole, la ville mère d'où seraient sortis tous les autres établissements grecs échelonnés sur la côte de la Gaule ou de l'Ibérie. Cette suprématie de Marseille est loin d'être prouvée. En fait, la grande ville phocéenne n'exerçait aucune autorité sur ses voisines ; et il est même assez probable que le flot de l'émigration grecque s'est porté presque simultanément sur tous les rivages de la Méditerranée, depuis le port de Monaco jusqu'aux colonnes d'Hercule.
TÎFÏCÂTIVHS.
Quel C^nt, parmi Euutea ces villes, celles que l'on pouvait appelé, U proprep ni parler, des colonies? celles qui n'étaient que de siinpk» comptoirs i ii des lieux de stationnement pour les navires? celles beau('uu{i plus nombreuses qui, tout en restant presque exclusivement celtique, ligures ou ibériennes, possédaient un faubourg grec, maritime el commo çant, comme noui voyons encore aujourd'hui dans nos ports modernes un quartier spécial, ordinairement appelé la Marine et presque exclusii'e' ment habité par les marins provençaux, génois et catalans? Il est bien difficile de le dire.
La liste suivante n'est donc et ne peut être que l'énumétalion des villes situées sur le bord même de la mer ou dans la région littorale, et avN lesquelles les Grecs avalent établi des relations permanentes. Ouelqur incomplète qu'elle soit, elle peut donner une idée de l'importance de leur commerce et de leur colonisation â l'époque de la plus grande prospérili de la principale de leurs colonies, Massalla, c'est-à-dire deux ou trob cents ans avant nolrv ère.
1' Monaco. Porfus Herculis Monccci. Mavoi'xou iiaii*. (Strabok, IV. VI, 3; PtolÉmAe, m, I, -2..)
2' Dans la rade de Viliefranche. HpatiXiwK 3^iM* (Ptoi., Il, i, 2), se trouvait sur l'emplacement de la station d'Olivula de l'Itinéraire maritime, » 3* Nice, NÙŒa.tilxrt.fPLiSK. 111,5; Stkas., IV. i. 5; Ptol.. lll.i; " Mkla, It, V.)
4- Antibes, A»tipoUs. 'AvtHto"Xi(. (Ptol.. Il, ix; Strab.. IV, 1, 5; Plinb, III, V; Mêla, II, v.)
5* Les ties de Lerins. Insulir Lero H Lerina, flXavagi'ot xaî A^p»": aujourd'hui Sainte-Marguerite et Saint-Honoral. (Strab., IV, i, 10.) — La ville de Vergoanum se trouvait dans ITIe de Lero. (PLIKB, III, l[<)
6" Cannes, Mgitna. (Polyb., XXlll. viii.)
7* Athenopolù, colonie des Marseillais (Pline. 111, v; Mêla, II, v), ville perdue, se trouvait vraisemblablement dans le golfe de Saint-Tropez, l'ancien Sambract'tanus sinus, ou le long de la chaîne des Maures.
8* Heractea Caccabaria (baie de Cavalaîre) {Itin, maril.), station dont l'emplacement n'est pas exactement déterminé et qui ne fait peut-Eirc qu'une avec la précédente.
9* Olbia, "OCia, l'heureuse (Strab,, IV, i, 9; Mêla, II, t), aujourd'hui disparue, se trouvait dans la rade d'Hyères, probablement i Léoube.
10* Les lies Stcechades, STOiyâSt;, insulte Sfixchades (Strab., IV, ■, 10; Pline, III, xi), au nombre de cinq, trois grandes et deux petites,
espondent aujourd'hui aux tics d'Hyères, à la presqu'île de Giens,
îlée quelquefois Pomponiana, et aux îles de Marseille.
I* Tauroentium, Taurois, Tauposvxiov (Strab., IV, i, 9; Ptol., II,
Mêla, II, v; Itin. marit.), aujourd'hui disparu, dans le golfe de
lotat, sur la plage des Lèques.
2* La Ciotat, Citharista port us (Itin, inarit.), KtOspior^jC to oxpov.