‹ Du Saint-Gothard à la mer (volume 2)Chapitre 31 sur 75 · V. ms. de Munich, n* gq. milieu du quinzième siècle · texte numérisé non relu

V. ms. de Munich, n* gq. milieu du quinzième siècle

■I Suivant MM. Parlhcy et Pinder, ces manuscrits peuvent se parafer en quatre classes ou familles, dont la première se compose des nui- . L de Vienne, N du Vatican et J de Reims; la secondt, du l P de l'Kscurial; et la troisième, du manuscrit D de Paris. Ce deux derniers manuscrits nous offrent l'édition la plus ancienne des Itiréraircs ; on n'y trouve aucune trace des changements opérés dans l'empire, après le règne de Dioclctien. On rencontre, dans les trois premiers, da noms qui n'ont pu être employés avant le règne de Constantin; mais tous les cinq sont d'une grande valeur, et. quand ils s'accordent, ils méritent ime entière confiance.

II Les savants éditeurs r.ingent dans la quatrième classe six manuscrits d'une moindre autorité, savoir 1 le manuscrit M de Dresde, le manuscril O de Madrid, le manuscrit Q de Florence, et les manuscrits U et Vde Munich; enfin, les neuf autres, d'une autorité encore moindre, mais offrant cependant aussi parfois de bonnes leçons, leur ont paru ne pouvoir être classés dans aucunes de ces quatre familles.

dcau\ i'i Jérusalem ; ce manuscrit est du neuvième siècle, et il fait partrc du n' 4808 de la Bibliothèque nationale de Paris, qui contient le ms. C, beaucoup plus récent, de l'Itinéraire d'Antonin. On en trouve une copie moderne à la suite du ms, G d'Orléans. >■

LE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE. 4gi

N Ce peuple de travailleurs n'est point entassé, comme dans d'autres villes , dans d'immenses ateliers communs où l'homme, traité comme un rouage mécanique, s'avilit dans la foule, se pervertit par le contact et s'use par le frottement continuel avec d'autres hommes. Chaque atelier de Lyon est une famille composée du mari, de la femme, des enfants ; cette famille va chercher toutes les semaines l'ouvrage, la soie, les modèles. Les ouvriers emportent chez eux les matières premières, les ourdissent à domicile et reçoivent , en les rendant aux fabricants , le prix convenu pour chaque pièce de soierie manufacturée. Ce genre de fabrication, en conservant à l'ouvrier son individualité, son isolement, son foyer, sa famille, ses mœurs et sa religion, est mille fois moins propice à la sédition et à la corruption du peuple que ces années de machines vivantes, disciplinées par les autres industries dans des ateliers communs, où une étincelle produit l'explosion et l'embrasement. Ce travail à la tâche établit de plus, entre la bourgeoisie et le peuple, des rapports continuels et une mutuelle solidarité de bénéfices ou de pertes, éminemment propres à unir les deux classes par une communauté de mœurs et par une communauté d'intérêts. Les villes des montagnes du Forez, Saint- Etienne, Rive-de-Gier, Vienne, Montbrison, Saint-Chamond, sont autant de colonies occupées des mêmes industries, régies par les mêmes mœurs, animées par le même esprit. Cette population de même race, groupée ou disséminée , d'environ cinq cent mille âmes, est essentiellement active comme le travail, morale comme la religion, sédentaire comme l'habitude, parcimonieuse comme le gain, conservatrice comme la propriété. Tout ébranlement des choses l'inquiète. Le chômage ou le travail, la perte ou le bénéfice sont pour ce peuple toute la politique et tout le gouvernement. »

Quelques lignes de ce résumé ont sans doute un peu vieilli; quelques détails pourraient être ajoutés, d'autres modifiés, et le tableau serait ainsi complètement en harmonie avec les transformations et les prf^rès de la ville moderne. Mais l'ensemble est plein de vie et de vérité, la peinture colorée et saisissante; et la

physionomie de la grande a^lomération lyonnaise, dessinée de main de maître, se détache avec une netteté et un relief inramparabies. C'est bien la grande ville industrielle du Rhône et de la Saône, justement fière de tenir dans ses bras deux des plus beaus fleuves de l'Europe auxquels elle a dû et doit encore sa prospérité, son caractère, son type, son originalité. Alors que Paris n'était qu'une ville secondaire, bien au-dessous de Narbonne, d'Arles, de Marseille, de Nîmes même, Lyon, à la fois colonie romane, cité sacerdotale, centre de la fédération des Trois Provinces, grand marché de l'Orient et de l'Occident, étaîl la vraie capitale des Gaules et en portait oi^ueilleusement le nom, Lugdutium caput Galliarum. Sans doute, elle l'a perdu depuis plusieurs siècles, mais elle peut garder celui de n Métropole du Rhône » ; et celui-là, aucune ville ne pourra jamais le lui disputer.

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