‹ Du Saint-Gothard à la merChapitre 15 sur 51 · VAUCLUSE · texte numérisé non relu

VAUCLUSE

- Uure de Noves et la famille de Sade. — Caractère chevaler r de Pétrarque cl de Laure. — Influence de Laure sur le j

sque en (ace d'Orange, à l'Ouest, du côté des Alpes, au H de cette grande plaine historique dont nous venons de ; montagne étrange émerge de la plaine. C'est le Mont JUK, la « montagne des vents n, mons ventosus. L'énorme l'aperçoit à plus de cinquante kilomètres avant d'arriver à jon; elle grandit à mesure qu'on en approche et finit par Tpresque une moitié de l'horizon. Il n'existe nî en France Sme en Europe de montagne de pareille dimension, aussi lÈIement isolée.

Ht le dernier ressaut de la chaîne des Alpes, et comme une lelle avancée, en quelque sorte perdue. Elle ne borde pas la I du Rhône comme les autres chaînes de montagnes, qui pt avec le fleuve depuis Lyon ; elle en fait réellement par- Ole sort tout d'une pièce de la plaine et la domine tout

grands sommets des Alpes et des Pyrénées qui se trouvent rtre territoire, quoique d'une altitude supérieure, sont pour iire enchâssés dans les massifs de leurs chaînes respectives

l'élèvent pas à plus de quelques centaines de mètres, de fenêtres tout au plus au-dessus des pics et des plateaux voiles Vosges n'atteignent pas 1 ,500 mètres de hauteur. ■ Les

culminants des Cévennes, le Mont Lozère et le Mont K, dans le Vivarais, ont 1,530 et 1,820 mètres; le Fuy de

n'en a que 1,460. Le pic le plus élevé de l'Auvergne, le Dore, a bien 1,930 mètres d'altitude au-dessus du zéro de la DaÎB c'est le centre orographique du plateau central de la sa hauteur relative au-dessus des montagnes voisines jue de quelques centaines de mètres. Le Ventoux, au con-

Burgit brusquement de la plaine du Rhône qui n'a que quel-

ques mètres d'élévation au-dessus de la mer, et son sommet atteint la cote de 1,911 mètres. De la base au faîte, une route carrossables été tracée avec une pente de près de 10 pour 100 et n'apas moinsdi 22 kilomètres de développement en lacets. Nulle part en FrancB on ne voit une pareille poussée minérale, localisée pour ainsi di au milieu d'une plaine. C'est la dernière manifestation de la foro puissante qui a plissé l'écorce terrestre et a modelé les grandi massifs de la chaîne des Alpes. Avant d'expirer dans îa plaine di Rhône, cette force semble avoir fait un suprême effort; produit un dernier soulèvement. Ce soulèvement est le Ventoul

L'aspect du Ventoux est trop curieux, son ascension tropfacDe iJta vue que l'on découvre de son sommet trop vaste pour que l'oit puisse douter que la montagne n'ait été connue, explorée, peut' être même habitée ou tout au moins utilisée comme poste d'oh servation dans les temps les plus anciens. L'occupation des plateaux élevés avait dans les temps anciens une importance plu* grande encore que de nos jours. Les géographes et les liistorieDS classiques ne font cependant aucune mention du Ventoux. Rien. dans Strabon, dans Pomponius Mêla, dans Pline, dans Ptoléméo. 11 est toutefois assez probable que Trogue Pompée, qui était at dans le pays des Voconces, au pied même de la montagne, e» *■ parlé quelque part dans son histoire universelle si abondante e*" détails souvent bien diffus ; mais on sait que cette histoire a SA mutilée, en partie perdue, et que les quarante-quatre volumes qii' nous en restent ne sont encore que des fragments. On est doBB réduit à des conjectures assez vagues sur le rôle que le Ventouf peut avoir joué aux époques primitives et dans les premiew siècles de notre ère. Point de texte dans les auteurs, point de ruines appréciables, encore moins de monnaies sur les flanC» de la montagne. L'énorme masse de rocaille fissurée et anite T semble avoir été autrefois un désert comme elle l'est à peu {»^

lE MONT VENTOUX ET LA FONTAINE DE VAUCLUSE. 1 77

aajoard*hui. Le petit oratoire de Sainte-Croix qui couronne le sommet est relativement moderne. Une l^ende des plus douteoses en attribue bien la fondation à Charlemagne; mais il est peo probable qu'il existât, même au douzième ou au treizième siècle. Pétrarque, qui fit avec son frère, le 27 avril 1336, une assez médiocre ascension du Ventoux, n'en parle pas. Il avait choisi fort mal, d'ailleurs, Tépoque de Tannée, et plus mal encore le versant Nord de la montagne beaucoup plus abrupt que le versant opposé. Arrivé exténué sur le faite, il n'y trouva, dit-il, pour se reposer, qu'un « étroit plateau dénudé (i) *. Si Tabri de l'oratoire eût existé, il n'aurait certainement pas manqué de le mentionner et surtout d'en profiter.

La petite chapelle qui couronne le Ventoux paraît avoir été bâtie dans les dernières années du quinzième siècle par Pierre de Valétariis, évêque de Carpentras, neveu du pape Sixte IV. On y établit un ermite qui gardait précieusement un reliquaire contenant, d'après la tradition populaire, un important morceau de la mie croix et quelques objets précieux pour le culte et sur lesquels les calvinistes firent main basse pendant les guerres de religion .

A moitié ruinée, elle fut restaurée, presque reconstruite à la fin du dix-septième siècle. C'était de tout temps un lieu de pèlerinage pendant les calamités publiques. Lors de la peste de 15 18, la ville d'Avignon, conduite par Joachim de Sade, l'un de ses consuls, se transporta en masse au sommet du Ventoux pour implorer de Dieu la cessation du fléau. Aujourd'hui encoi^, la population de la plaine fait régulièrement chaque année l'ascension de la montagne, le 14 septembre, et y fête l'exaltation de la Sainte-Croix.

Il est assez ordinaire qu*un oratoire moderne marque la place de quelque temple antique et soit en quelque sorte greffé sur les substructions de son prédécesseur ruiné ou disparu . Les édi- 6cc8 se superposent ainsi comme les religions. Il est donc assez probablequ'à côté, au-dessous peut-être de la petite chapelle de Sainte-

W lettre de Pétrarque à Jean Colonna, liv. IV, lett. I.

it

Croix, des touilles intelligentes mettraient au jour les fondation

quelques débris de l'ancien sacellum païen consacré au (

topique ou au génie particulier du Ventoux . Tout comme au som

vies Alpes Pennines (i; , des Pyrénées (2) , et sur le haut plateai

Puy de Dôme ^3} . îl devait y avcHr, sur ce faîte presque touj

bttlayê par les terribles raEales d*un vent furieux, quelque a

votil:\ quelque nionument plus ou moins rudimen taire où

venait implorer sa clémence. Le vent dominant de la Provenc

bien îiominê *e mistral maëstral^ magistral) ^ règne en effet

ittoitre sur ces bouceurs : il me devait pas inspirer moins de cia

et u a^iOLt pu;s moins de droit à on culte propitiatoire que le ^

de Cers du Languedoc y le CxVvzkr. qui souffle avec tant de '

.1^ Vou .«» >jiâcr-.pcàaas vociTcs ds âe«> Ptmm an moot Saûnt-Bemard, t > iMiiit«, ch. :i. p. 124..

,^* L ^fH^rjkpiiie reli^^ecse des IS.tLmîc^ a. mis an jour un véritable v.H> iMix vM ii<ux topiques dont le cs^ae écart pratiqué un pen partout dan ^gùl«^»>s AUX sources es sarsoct sar jes ^xts plasraiiz : Arix0m, Akerbelst, /

Ccw^tti «D ^f^aérjil ôes Xars locaux, saas cvxnpter les Tents, les fonta

ii*. .Hjii •-/;.. ^1^ ;t. i. r^î ii-i- .v'.--«^Yï. 3:^11. de la Soc. nat. des antiq

V» t .s.>x. ♦. i, j. .^ - «t .>- R;. ir.--^-! ,11= 1SS2 . Quelques faux dieu: •^'•**'^^^ V,MC i-> --cr <: :•-:«— :5»S4 et Revue de Commingcs,

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