SUR LES DIGUES DE DÉFENSE CONTRE LE RHONE
La construction et l'entretien des chaussées latérales au Rhône paraissent remonter au douzième ou au treizième siècle ; mats on manque de documents précis sur l'organisation des premiers travaux de défense. On sait seulement que l'autorité suprême nommait des agents spéciaux appelés Uvadiers, sorte de commissaires royaux, ayant pour mission de contraindre les riverains à entretenir les chaussées chacun en sa frontière. Le principe appliqué était donc celui de la défense individuelle; et l'idée de réunir les intéressés en associations syndicales ayant une vie propre est toute moderne. Il résultait forcément de ce morcellement de l'entretien des digues que la ligne de défense n'était pas continue, qu'elle présentait des lacunes nombreuses ; et les parlements, malgré leurs arrêts, avaient la plus g^rande peine à vaincre la force d'inertie de la plupart des populations riveraines.
Aujourd'hui, une digue non interrompue part de la Montagnette, située au Nord de Tarascon. sur la rive gauche du Rhône, et se prolonge jusqu'à la mer. Sur la rive droite, la digue commence seulement à Beaucaire et s'étend aussi jusqu'à l'embouchure du petit Rhône. La Camargue enfin est complètement entourée sur ses trois côtés.
La digue insubmersible de la Montagnette est toute moderne ; elle a 4,560 mètres de développement, et est administrée par un syndicat spécial dont les premiers r^lements ne remontent qu'au 15 prairial an XIII.
La ville et la banlieue de Tarascon sont défendues par une digue appelée digue du château, par le quai de ceinture de Tarascon et la chaussée insubmersible du chemin de fer. En outre, la ligne du chemin de fer est établie sur un remblai qui forme défense contre les eaux de retour. L'ensemble de ces digues présente un développement de 5.720 mètres.
La plaine du Trébon, située au Nord d'Arles, était défendue jusqu'à ces derniers temps par une digue insubmersible de 15,000 mètres; elle Test aujourd'hui par la chaussée du chemin de fer, qui a 13,700 mètres de développement. L'organisation du syndicat du Trébon remonte au douzième siècle, mais aucune pièce authentique n'a été trouvée antérieurement à l'année 1 806.
Le syndicat d'Arles administre la digue de défense qui a été construite autour de la ville, et qui se soude aux digues du Trébon et du Plan du Bourg.
Les quatre grandes a.^sociations syndicales qui fonctionnent a pour la défense de la région du bas Rhône si
I* Le lyndieat du Plan du Bourg. — Les piemlèrea digues du Plan d Bourg existaient, à l'état de tronçons plus ou moins soudés les autres, dès le treizième siècle; et l'on possède des actes nombreux da ' seizième siècle qui tixent la répartition des frais d'entretien entre les intéressés. Aujourd'hui, la digue est continue el protège toute la bande de terres alluviales déposées par le grand Rhâne, sur sa rive gauche, depuit Arles jusqu'à la mer, et dont la superficie est de ^.085 heciaies. Elle a 40,800 mètres de développement; sur une longueur de l o , 400 mètiet, elle borde le fleuve même ; et sa partie inférieure est revêtue de perrfa secs ou maçonnés ou d'une couche de béton. Une dépense annuelle de J,^,oi>o francs suffit  peine A son entretien.
3* Le syndicat de la Camargue. — La digne insubmersible c la pointe du delta et se compose de deux branches : l'ur grand Rhône, ayant 40.360 mètres de développement, l'a le petit Rhûnc et d'une longueur de 54,300 mètres. Le plus ment que l'on possède sur celte digue est de l'année 1 150, et terdiclion de la dépaissance et du passage des besUaux.
Sur une longueur de près de 34,000 mètres, le pied de la digut le Heuve, et est revêtu, du cAté du RhAne et h des hauteurs variables,
: longeant le tre longeant
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soil par des perrés secs est simplement défendu
Les frais annuels d't ment de cette dépense fi pour deux milhons de des digues et des réparaiii
T," Le syndicat de Beau
;onnès. soil p.ir une couche de btlon, ou enrochements déposés le long des talus.
I dépassent 50.000 francs. Indépendami eu A exécuter dans ces dernières années icufs comprenant un rehaussement général s de brèches et autres avaries.
\ire à la mer. — La zone protégée est la riche plaine du (iard qui longe le Rhône depuis Beaucaire jusqu'au littoral, et dont la superficie est de 45,000 hectares. La digue a un développement de 57,900 mètres. Le budget annuel de son entretien est environ de 30,000 francs.
Les digues de la rive droite du petit Rhône, de Beaucaire à la mer, paraissent avoir existé de temps immémorial ; et déjà, dès le quatoriième siècle, leur entretien était l'objet d'un entretien régulier. Les archives de la ville de Beaucaire contiennent, à ce sujet, une série de notes et de pièces réunies dans un recueil peu connu, rédigé en 1718 sous le titre de Recherches historiques el chronologiques sur la ville de Beaucaire. Nous en extrayons les documents suivants ;
4 janvier 1304. — Transaction entre Fourques et Beaucaire qui associe ces deux villes dans les frais de réparation des digues.