CHAPITRE CINQUIÈME
500,000 âmes est essentiellement active comme le travail, morale comme la religion, sédentaire comme l’habitude, parcimonieuse comme le gain, conservatrice comme la propriété. Tout ébranlement des choses l’inquiète. Le chômage ou le travail, la perte ou le bénéfice sont pour ce peuple toute la politique et tout le gouvernement. »
Quelques lignes de ce résumé ont sans doute un peu vieilli; quelques détails pourraient être ajoutés, d’autres modifiés, et le tableau serait ainsi complètemest en harmonie avec les transformations et les progrès de la ville moderne. Mais l’ensemble est plein de vie et de vérité, la peinture colorée et saisissante; et la physionomie de la grande agglomération lyonnaise, dessinée de main de maître, se détache avec une netteté et un relief incomparables. C’est bien la grande ville industrielle du Rhône et de la Saône, justement Hère de tenir dans ses bras deux des plus beaux fleuves de l’Europe auxquels elle a dû et doit encore sa prospérité, son caractère, son type, son originalité. Alors que Paris n’était qu’une ville secondaire, bien au-dessous de Narfconne, d’Arles, de Marseille, de Nîmes même, Lyon, à la fois colonie romaine, cité sacerdotale, centre de la fédération des Trois Provinces, grand marché de l’Orient et de l’Occident, était la vraie capitale des Gaules et en portait orgueilleusement le nom, Lugdunum caput Galliarum. Sans doute, elle l’a perdu depuis plusieurs siècles, mais elle peut garder celui de « Métropole du Rhône », et celui-là, aucune ville ne pourra jamais le lui disputer.