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PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

La première idée de ce travail a été suggérée à l'auteur par les déclamations de certains socialistes contre l'organisation actuelle de la société, divisée, selon eux, en deux classes antagoniques, les propriétaires et les prolétaires, dont la première tend sans cesse à croître en puissance et en richesse, aux dépens de la seconde, condamnée à l'abjection, à la servitude et à la misère jusqu'à ce qu'une grande révolution sociale , opérée par la violence soit venue lui restituer ses droits en abolissant la propriété individuelle. Montrer à la classe ouvrière tout ce qu'un tel système

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a de faux et de dangereux, lui indiquer les moyens d'améliorer sa condition par ses propres efforts et par l'effet lent mais assuré d'une meilleure éducation morale et intellectuelle, parut à l'auteur un sérieux service à rendre à la société et, en particulier, à la classe ouvrière et, sans mesurer si ses forces y suffiraient, il voulut entreprendre cette tâche.

II crut pouvoir émettre ses idées tendant à démontrer l'harmonie d'intérêts qui existe entre la classe des propriétaires ou capitalistes et celle des prolétaires ou travailleurs, dans une courte série d'articles de revue; mais à peine les premiers chapitres en étaientils ébauchés, que ce travail lui fut rendu, d'abord difficile, puis presque impossible, par l'affaiblissement graduel de sa vue suivi d'une cécité complète.

Le trouble apporté dans les idées de l'auteur par un événement aussi grave et aussi inattendu, le mauvais état de sa santé et la nécessité de suivre un traitement médical rigoureux, ne lui permirent pas d'apporter le

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soin convenable à l'achèyement de son œuvre. À ce qu'il avait écrit lui-même, il ajouta, non sans peine, quelques chapitres dictés et une conclusion qui résume sa pensée.

La Revue trimestrielle a publié ce travail dans les tomes XIX, XXII et XXIII (juillet 1858 à juillet 1859). Ces trois articles furent tirés à part et réunis en un petit volume gr. in-16 de 84 pages, distribué aux amis de Fauteur et dont un petit nombre d'exemplaires seule* ment, fut mis dans le commerce.

Aujourd'hui l'auteur ayant recouvré la sérénité d'esprit nécessaire à un travail sérieux et ayant trouvé le moyen d'écrire lui-même sans le concours de la vue, il a cherché à compléter l'œuvre de 1858-1859, les préjugés antisociaux de cette époque n'ayant pas été sensiblement modifiés depuis, et le même esprit d'antagonisme existant toujours entre patrons et ouvriers.

L'auteur ne se dissimule pas tout ce que son livre présente encore de défectueux et d'incomplet, mais, tel qu'il est, il l'ofifre au public.

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dans l'espoir que ce petit ouvrage contribuera à faire comprendre la solidarité d'intérêts qui lie les patrons ^ux ouvriers et la possibilité qu'il y a pour ceux-ci d'améliorer leur condition par leurs propres efforts.

Mons, 10 octobre 1861.

Les chapitres et les paragraphes marqués d'un astérisque sont ceux qui ont été ajoutés au texte de la première édition.

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