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DES CONSOMMATIONS EN GÉNÉRAL ET DE LBUKS EFFETS

Définition de la consommation. Elle consiste en une destruction d'utilités compensée par une satisfaction ou une reproduction. — Caractères de la consommation absolue et de la consommation relative. Réfutation d'un préjugé à l'égard de la première.— Parallèle entre la prodigalité et l'esprit d'économie. — Concordance entre les intérêts du consommateur et ceux du producteur. Exemple. — Influence de la consommation sur la production.

De même que produire, dans le langage économique, signifie créer de rutilité, ou augmenter celle qui existait déjà, et non créer de la matière même, consommer signifie anéantir, altérer ou diminuer l'utilité des choses, mais non détruire la matière dont elles sont composées, si tant est qu'elles soient matérielles. Consommer est donc, de tous points, l'inverse de produire, et cependant tout produit est destiné à être consommé plus ou moins rapidement, et n'est destiné qu'à cette fin car la consommation est le but que les hommes se proposent en produisant. C'est que la consommation, lorsqu'elle est bien entendue, n'est pas une perte sèche pour la société ; cette destruction d'utilité est compensée de deux manières : par la satisfaction ou la jouissance qui résulte de la consommation qui pourvoit à des besoins plus ou moins immédiats, ou parce que cette consommation n'est

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qu'une avance, destinée à venir en aide à la production d'une nouvelle somme d'utilités supérieures ou au moins égale, à celles qui ont été détruites ou amoindries dans l'acte de la production.

11 résulte de là qu'il faut distinguer deux sortes de consommations : l'une absolue que l'on a nommée aussi consommation stérile, improductive ou non reproductive, qui est compensée par la satisfaction que l'on avait en vue en produisant de l'utilité ; l'autre relative ou conditionnelle, que l'on appelle aussi consommation reproductive qui a pour but de reconstituer une utilité supérieure à celle qui doit être consommée à cet efiFet.

La consommation absolue, qu'elle soit rapide ou lente détruit entièrement l'utilité et par conséquent la valeur qui en est l'objet. De la valeur d'un pain mangé, d'un habit usé, d'une maison en ruines il ne reste rien; la satisfaction qui est résultée de l'usage que l'on en a fait est passée aussi, et pour l'entretenir et la renouveler, il faut avoir recours à une nouvelle consommation. Nous insistons sur ce point, si clair et si simple en apparence, parce que l'habitude que l'on a de payer en monnaie les objets de sa consommation fait admettre ce mot comme synonyme de dépenses, et si, après cette consommation il ne reste plus rien de la valeur des objets consommés, après la dépense il reste la monnaie qui continue eu d'autres mains à servir d'intermédiaire à des échanges, suivis à leur tour d'autres consommations encore. Il résulte de là qu'on a fait entre la consommation, qui une fois faite ne peut plus se renouveler avec la même valeur, et la dépense qui se renouvelle sans cesse mais par d'autres mains, la même déplorable confusion qui a souvent servi de prétexte pour excuser ou pour justifier les dépenses les plus folles, parce que, disait- on, il n'en résulte aucune perte pour la société, l'argent continuant de circuler comme avant la dépense, et le service rendu à la société étant d'autant plus grand que cette circulation est plus rapide. Cette erreur se traduit souvent par cette exclamation que l'on entend proférer quand un objet se casse par accident, sans utilité pour son propriétaire : « Tant mieux.

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dit-on^ cela fait aller le commerce, cela fait vivre le monde. « Ici l'on n*a en vue que la dépense à laquelle le propriétaire est obbgé pour renouveler l'objet cassé , s'il veut continuer d'en jouir. Pour lui il y a donc même satisfaction avec une dépense de plus, ou, ce qui revient au même moindre satisfaction à dépense égale, d'où perte pour lui. Il est vrai que la monnaie qu'il a dû dépenser pour réparer cette perte est gagnée par quelqu'un, mais comme elle est perdue par \m autre à qui le propriétaire eût acheté autre chose, s'il n'eût été obligé à cette dépense, il y a donc une perte pour un producteur, compensée par le gain d'un autre, tandis que la perte du propriétaire demeure sans compensation aucune.

Le préjugé que les consommations improductives sont avantageuses par elles-mêmes et indépendamment de la satisfaction qui en résulte pour le consommateur est particulièrement enraciné et tenace quand il s'agit des consommations publiques, car alors la dépense profite visiblement à un petit nombre d'individus, tandis qu elle sort, d'une manière presque imperceptible de la poche du grand nombre, ce qui fait que l'on ne voit pas qu'à un profit simple correspond une perte double, quand l'une d'elles n'est pas compensée par la satisfaction qui résuite d'une consommation utile.

La consommation conditionnelle ou reproductive est celle que subissent les capitau:(L qui concourent à la production. Dans ce cas il n'y a qu'une destruction momentanée des valeurs, ou plutôt une transformation puisque, à la fin de chaque opération productive, elles renaissent sous une autre forme. Supposons par exemple le capital employé à la fabrication de la fonte. Les bâtiments, les machines, les appareils, les connaissances techniques de l'entrepreneur s'usent, se détériorent ou s'anéantissent en partie, dans chaque opération productive, et perdent par conséquent une partie de leur valeur; mais si ces opérations sont bien dirigées, cette valeur perdue se retrouve et au delà dans le produit qu'-çUes donnent. La valeur des j^inen^is, des fondants,

du combustible jetés dans le haut-fourneau pour y être fondus ou brûlés, est complètement anéantie, puisqu'on ne peut plus les retirer de la fournaise ardente, mais cette valeur se reconstitue avec surcroît, sous forme de la fonte qui sort du fourneau. Chaque opération renouvelle donc la partie usée du capital engagé, et la totalité du capital circulant, puisque la fonte produite paie aussi la main-d'œuvre des fondeurs et des autres ouvriers, et les dépenses que fait l'entrepreneur pour son entretien.

A peine son capital est-il reconstitué, par la production, qu'il le consomme de nouveau momentanément pour le faire renaître à chaque opération subséquente.

On a vu plus haut que la consommation absolue est une perte pour la société qui n'est compensée que par la satisfaction qui en résulte; lorsque cette satisfaction n'est pas réalisée ou lorsqu'elle n'est pas proportionnée à cette perte, elle n'offre aucun avantage réel, même lorsqu'elle a procuré un profit quelconque à des producteurs.

Il s'ensuit qu'il ne résulte aucun bien pour la société des consommations de luxe, d'ostentation qui coûtent plus qu'elles ne donnent de satisfactions, ou qui n'en donnent aucunes.

Dépenser uniquement pour faire travailler est donc un mauvais calcul, et un mauvais emploi des forces productives de la société ; le luxe et la prodigalité ne peuvent donc se justifier sous le prétexte qu'ils font vivre des travailleurs. Les déblais suivis de remblais exécutés à Paris au Champ de Mars en 1848, par ordre du gouvernement provisoire, étaient une consommation improductive de travail qui ne pouvait se justifier par aucune bonne raison économique, et qui ne pouvait être de quelque utilité qu'en occupant des hommes dont l'oisiveté eût été un danger pour la sécurité publique.

Il en est autrement de la consommation reproductive qui se fait du capital ; celle-ci alimente sans cesse le travail, doune des

profits à toutes les classes de producteurs , sans qu'il en résulte aucune perte réelle, puisque cette perte, dans la plupart des cas est plus que compensée par raccroissement d'utilité qui résulte de la coopération du capital à la production.

Le meilleur usage que la société puisse faire des utilités qui excèdent ce qu'exige la satisfaction raisonnable de ses besoins, c'est de les capitaliser, puisque la consommation absolue ne donne d'aliment au travail qu'une seule fois, tandis que la consommation reproductive l'alimente indéfiniment et le rend en même temps plus fécond. On a donc dit avec raison que le prodigue est un être nuisible qui tarit par sa dissipation, les sources du travail, tandis que l'homme qui capitalise l'excédant de ses ressources sur ses besoins, est un bienfaiteur de l'humanité, puisqu'il met à sa disposition à la fois une source intarissable de travail et de rémunération, et une plus grande somme d'utilité gratuite.

La vie n'est possible qu'à la condition de consommer ; tout homme est donc consommateur. Le producteur lui-même ne peut rien créer sans le concours du capital, qui ne fonctionne qu'en se consommant sans cesse pour se reproduire aussitôt.

Qui dit consommateurs dit donc la généralité des hommes, et ce nom s'applique aux producteurs plus qu'aux autres; peu d'hommes dans la société vivent sans produire directement ou à l'aide d'instruments qui sont les fruits accumulés d'un travail arltérieur.

L'intéréî du consommateur, c'est donc l'intérêt général de la société, et s'il était vrai que l'intérêt ^u producteur pût être en désaccord avec celui du consommateur, de telle manière que le législateur eût besoin d'intervenir pour rétablir la balance en faveur de l'un ou de l'autre, c'est toujours dans l'intérêt du consommateur qu'il devrait décider, puisque cet intérêt comprend aussi celui du producteur.

En conséquence, il importe de bien préciser quel est le véritable intérêt des consommateurs, afin qu'aucun doute ne

puisse s'élever à cet égard. L'intérêt des consommateors est de pouvoir obtenir d'une manière permanente ce qui est nécessaire à la satisfaction de leurs besoins et à l'entretien de leurs capitaux, en échange de la moindre somme d'efforts ou de sacrifices. Or, pour cela il faut que la production des chosea nécessaires à la satisfaction des besoins et à la reproduction du capital, se fasse dans les conditions les plus avantageuses, qui ont lieu lorsque la concurrence peut agir librement, c'est à dire lorsqu'elle n'est entravée ni par des monopoles artificiels, ni par des restrictions d'aucune sorte et lorsque le producteur est encouragé à rechercher et employer les moyens de production les plus avantageux, par le stimulant d'une récompense proportionnée à l'intensité du progrès réalisé dans les procédés de sa production.

L'intérêt des consommateurs n'est donc pas d'obtenir la vie à bon marché, par la contrainte exercée à l'égard des producteurs, mais bien par le respect dû à leurs droits et entr'antres celui du monopole naturel résultant du progrès réalisé, monopole qui finit toujours par se résoudre en avantage pour le consommateur, à mesure que de nouveaux progrès s'accomplissent; et ceux-ci seront d'autant plus rapides que la rémunération de ceux qui en sont les promoteurs sera plus élevée et plus sûre.

On voit par là que l'intérêt du consommateur est avec celui du producteur en parfaite harmonie puisque l'abondance et le bas prix des produits supposent nécessairement que les producteurs reçoivent toujours une juste et suffisante rémunération de leurs efforts. D'un autre côté l'intérêt général des producteurs s'accorde entièrement avec celui des consommateurs, d'alîord parce qu'ils sont consommateurs eux-mêmes , et pour la satisfaction de leurs besoins propres, et pour la reproduction de leur capital, et ensuite parce qu'ils ne peuvent prospérer qu'à la condition que les consommateurs qui les entourent se multiplient et étendent leurs besoins, ce qu'ils ne peuvent faire que quand ceux-ci peuvent être satisfaits sans trop d'efforts.

Nous avons démontré en traitant du monopole artificiel de la production, que celui-ci est non seulement nuisible aux consommateurs, mais encore aux producteurs eux-mêmes; un exemple sufl&ra pour prouver que le monopole artificiel appliqué à la consommation serait nuisible, non seulement aux producteurs, mais aussi aux consommateurs, l'intérêt de ceux-ci n'étant pas le bon marché temporaire des produits, mais leur bas prix stable et permanent.

Supposons que, pour assurer le bas prix de leurs moyens de subsistance, les consommateurs d'un pays s'entendent pour restreindre la demande des produits du sol en prohibant l'exportation de ceux-ci. Si cette exportation avait lieu habituellement avant que la défense en fût faite, les agriculteurs, pour tirer le plus grand parti possible de leurs moyens de production, cherchaient non seulement à approvisionner le pays, mais encore à fournir le marché extérieur, et ils avaient organisé la production en conséquence. La prohibition de sortie ferait donc rester dans le pays l'excédant d'approvisionnement destiné à l'exportation ; celui-ci augmentant l'offire sans agir sur la demande, les prix s'abaisseront dans une forte proportion, comme cela arrive toutes les fois qu'il s'agit de denrées difficiles à conserver, et il en résultera une perte pour les producteurs.

11 est douteux que cette perte fût compensée par un gain équivalent des consommateurs ; car en pareil cas , il y a ordinairement gaspillage et déperdition d'une partie de l'excédant; mais y .eût-il compensation, que ce gain illégitime d'ailleurs serait de courte durée. L'année suivante, en effet, les cultivateurs organiseraient leur production de manière à ne plus avoir d'excédant, par l'abandon d'une partie des terres cultivées jusqu'alors, et par le retrait et l'emploi à d'autres usages, ou même par l'inertie, d'une partie du capital circulant au mobilier employé à la culture. De là deux graves inconvénients pour le consommateur, sans profit pour le producteur : le premier c'est un accroissement des frais de production parce que les

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mêmes frais doivent se répartir sur une moindre quantité de produits, et parce que une partie des dons gratuits de la nature cessent d*être utilisés quand des terres demeurent incultes ou des capitaux sans emploi, ou que ceux-ci sont consacrés à un emploi moins fructueux ; le second c'est que les cultivateurs pour qui, en Tabsence d'un débouché extérieur toute production surabondante serait une calamité, organiseront la production de manière à n'avoir pas à craindre cet excès, et alors, s'il survient une mauvaise récolte, il en résultera une disette à laquelle aucun superflu des années précédentes ne viendra porter remède et qui deviendra une véritable famine, si les autres nations ayant également adopté le principe égoïste de la prohibition à la sortie ne peuvent suppléer à l'insuffisance des approvisionnements .

On le voit donc, l'intérêt du consommateur ne peut pas plus, d'une manière durable, être fondé sur la spoliation ou la négation des droits du producteur, que l'intérêt de celui-ci ne peut être fondé sur un monopole artificiel exercé au détriment du consommateur.

H Telle est la consommation, telle est la reproduction, » disaient autrefois les économistes de l'école physiocratique , et ils se trompaient, car la consommation n'a d'autres bornes que les désirs infinis de l'homme, tandis que la production est limitée par l'étendue et la fertilité des terres, la puissance des capitaux, l'intelligence et la force des hommes qui ne sont pas susceptibles d'une aussi rapide extension que leurs désirs. On ne peut donc consommer qu'autant que l'on produit; si certains individus dépensent plus d'utilité qu'ils n'en ont créée, c'est qu'ils vivent aux dépens d'autrui, et que d'autres en compensation consomment moins que ce qu'ils ont produit. Il en est de même pour une nation dont la consommation ne peut excéder la production qu'aux dépens de ses capitaux et à la condition de tarir les sources de la production ultérieure. C'est donc folie, encore une fois, que de pousser à la consommation improductive (ici ce mot

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est employé dans son sens véritable), dans le bnt d'activer la production, qu'il s'agisse d'individus ou de sociétés. Nous revenons si souvent sur ce point, parce que l'idée contraire forme encore un préjugé fort enraciné. Mais le mot des physiocrates est vrai quant il s'agit de la nature, de la qualité et même de la quantité relative des produits à créer ; sous ce rapport en effet l'offire tend toujours à se proportionner à la demande ou, ce qui est la même chose, la production tend à se mettre au niveau de la consommation (ch. VIII) si les produits sont de nature à nuire à ceux qui en font usage ; si leur qualité est mauvaise, si la quantité en est insuffisante, ce n'est pas au producteur qu'il faut le reprocher; c'est le consommateur qui en est cause. Si l'on publie de mauvais livres, de mauvais journaux, si l'on représente des pièces de théâtre immorales, c'est la faute du public qui achète ces livres, qui s'abonne à ces journaux, ou qui assiste à ces représentations. Si le public ne consentait à payer que des œuvres morales, bien pensées et bien écrites, celles qui ne satisfont pas à ces légitimes exigences n'auraient aucune chance de succès et personne ne voudrait prendre la peine de les produire.

L'opium peut servir à guérir et à empoisonner, la poudre à tirer peut servir à exploiter des mines, à creuser des canaux, à percer des tunnels et à détruire des hommes; ceux qui fabriquent l'un et l'autre de ces ingrédients ne sont pas responsables de l'usage que l'on en fait, mais bien ceux qui s'en servent.

Quand un peuple se nourrit d'aliments grossiers et insipides, quand il est mal vêtu, quand ses maisons, 'ses meubles et tous les objets dont il se sert sont mal faits, inbommodes, il faut s'en prendre à ce peuple lui-même et non à ceux qui produisent ces objets; les Anglais et les Suisses qui sont excellents juges de ce qui est bon, solide et commode savent fort bien faire des marchandises qui n'ont pas ces qualités, quand ils doivent les fournir à des peuples qui n'exigent pas celles-ci. Quand le consommateur se montre exigeant à l'égard de ces qualités, et ne consent à

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payer une marckandise que pour autant qu'elle les possède, le producteur est forcé de se conformer à ses goûts.

De même quand une chose n'est pas produite en quantité suffisante pour satisfaire les besoins qu'en éprouve une population doanée, c'est que celle-ci ne peut ou ne veut pas payer cette chose ce qu'elle vaut. Ceci démontre la parfaite inutilité des lois somptuaires et de toutes autres dispositions destinées à régler la nature, la qualité ou la quantité des produits qui pourront être créés; de telles lois ne donneront pas aux populations qu'elles régissent de bonnes mœurs, le goût ou le sentiment artistique qui leur manquent ; elles ne peuvent que nuire à la production en lui imposant des entraves, et au développement du bon sens des peuples en leur ôtant la liberté et la responsabilité du choix.

De bonnes lois répressives de la fraude, surtout lorsque celle-ci ne peut pas être reconnue par le consommateur avant d'avoir fait usage de la chose achetée, sont la seule garantie qu'il doit demander au législateur.

Le principe que nous venons de poser, d'après lequel le consommateur est responsable de la nature, de la qualité et de la quantité des produits qu'il demande, et des conséquences que leur consommation peut avoir pour lui, s'applique aux consommations publiques comme aux consommations piivées.

Il en résulte que, à moins d'un cas de force majeure, tel qu'ime conquête, un peuple ne peut s'en prendre qu'à lui-même, s'il n'obtient pas de son gouvernement les services qu'il lui demande, de la nature de la qualité et en quantité telles qu'il le le désire ; si au lieu de la sécurité qu'il réclame, l'instrument qui doit la lui procurer est précisément celui qui la compromet le plus ; ou si ces services bons ou mauvais, lui coûtent trop cher.

Si elle veut se conformer au principe de la division du travail, une nation ne peut pas produire elle-même la sécurité ni se

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rendre les autres services généraux dont elle a besoin ; elle doit cLargér un agent spécial de ces services; mais ce principe ne la dispense nullement de veiller à ce que ces divers services lui soient rendus conformément à ses intérêts ou à ses goûts, et à ce qu'ils ne soient pas payés au delà de ce qu'ils valent.

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