‹ Du salaireChapitre 79 sur 136 · CHAPITRE XIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY

avait un capital à opposer à celui qui fait de notre classe un objet de spéculation, nous nous verrions bien vite affranchis de la tutelle qu*on nous im-

« Mais, à défaut de cette ressource, nous n'avons qu*à vouloir pour avoir à notre disposition des moyens tout aussi forts, tout aussi irrésistibles que ceux que procure l'argent.

« Ce moyen réside dans notre union. Séparés, nous sommes de simples fils de chanvre que la main d'un enfanti)eut briser ; nous pourrions faire le câble fort qui résiste aux plus vigoureux efforts, qui sait supporter des poids incroyables.

« C'est au nom de vos intérêts les plus chers, au nom de vos familles, de votre avenir, que je viens vous proposer aujourd'hui de constituer cette union, et, par son moyen, de travailler à l'amélioration matérielle et morale de notre classe.

(( Voilà la proposition sur laquelle, au nom de l'Association dont je fais partie, j'ai l'honneur d'appeler votre attention, et, en la soumettant à vos délibérations aujourd'hui , j'ai l'espoir, après que vous en aurez référé chacun à vos associations respectives, que nous parviendrons à former le noyau de cette grande association, dont vous n'aurez plus qu'à régler la marche et arrêter le programme. »

Le premier rapport de l'association générale ouvrière, auquel nous empruntons ce fragment de discours, contient aussi un résumé historique des efforts, suivis de plus ou moins de succès, faits par l'association pour se mettre en rapport avec l^s diffé-

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Fentes sociétés ouvrières du pays, la formailioni de meetings, t,aût à Bruxelles qu'en d'autres localités^ pour piîovoqaei? un pétitioqnement généiral 4ôfr ouvriers en faveur de l'abrogation des articles 414 et 417 de l'ancien code pénal.

Les moyens pécuniaires limités dont l'associartiondispose ne lui- ont pas permis d'étendre plus loin cette manifestation légale, qui a prouvé, une fois de plus, combien les ouvriers savent user avec modération et dignité des droits que la constitution \km a accordés. Si les meetings et les pétitionnemeat^ provoqués par l'association n'ont pas eu pour résulr tat l'abolition des derniers vestiges des injustes lois pénales de 1810, au moins, ont-ils exercé une certaine influence sur l'opinion des chambres et du pays, et ont-ils donné aux ouvriers eux-mêmes la. mesure de ce qu'ils peuvent acquérir de force et d'ascendant sur l'opinon par l'usage légitime et modéré du droit d'association.

Le rapport de l'association générale ouvrière s'élève avec véhémence contre l'opinion professée par quelques ouvriers, d'après laquelle toute agitation pacifique, ayant pour but le redressement des griefs et des injustices dont se plaignent les travailleurs serait inutile et ne servirait qu'à retarder le moment où le but pourrait être atteint par le renversement violent de toutes les institutions sociales actuelles, incompatibles, selon eux, avec le bien-être de la classe ouvrière. Les rédacteurs du rapport font remarquer, avec raison, que c'est là le langage de démolisseurs, d'accord entre eux seulement quand

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