CHAPITRE II. «y
débit, ni les pénalités plus ou moins fortes comminées contre les ivrognes ; les sociétés de tempérance elles-mêmes établies dans les pays où l'usage modéré des boissons fortes est le plus salutaire, pèchent par l'excès de leur rigorisme, et, n'enrôlent, le plus souvent, que des fanatiques et des hypocrites...
Uhabitude d'abuser de ces boissons, si enracinée chez certains peuples, disparaîtra peu à peu par le seul effet des progrès de l'éducation ; il n'y a pas bien longtemps encore que l'ivrognerie n'était pas seulement un vice propre à la classe ouvrière, mais qu'il était aussi pratiqué, quoique à huis clos seulement, par les classes élevées de certaines parties de notre pays. Aujourd'hui cet usage barbare et immoral a presqu'entièrement disparu de ces classes; pourquoi les progrès de l'éducation ne le feraient-ils pas disparaître aussi chez la classe ouvrière, surtout si comme nous le verrons au chapitre IV une tenue plus confortable du ménage de l'ouvrier et plus d'amabilité chez sa femme et ses enfants rendaient sa présence au cabaret et, par conséquent, les libations qu'il y pratique moins excusables?
D'autres habitudes que celles relatives au travail, aux aliments et aux boissons, peuvent agir sur la santé des ouvriers d'une manière très préjudiciable, lorsqu'elles sont mauvaises. Ainsi, le logement dans des habitations basses , étroites, sombres, humides, malpropres et mal aérées est une cause énergique de détérioration des santés les plus robustes et de dégénérescence des races les mieux douées. Les ma-
yGoogk
ladies engendrées par un tel état de choses sont pour la plupart incurables ou difficiles à guérir et le premier de tous les remèdes à leur opposer est l'habitation dans des lieux plus sains.
En été surtout, les ouvriers engendrent fréquemment en eux des germes de rhumatisme, de paralysie et d'autres infirmités, en se couchant pour faire la sieste, sur des dalles de pierre froide ou sur la terre ou le gazon frais et humide ou bien encore ea ne prenant aucune précaution pour se protéger contre l'ardeur des rayons solaires pendant leur sommeil, ou contre un rapide refroidissement lorsqu'ils se sont fortement échauffés par la marche ou par le travail.
Cependant, si les maladies et les infirmités sont les principales sources de chagrin pour les riches qui peuvent se faire soigner par les meilleurs médecins, qui sont entourés des soins affectueux de leurs familles et pour qui un chômage de quelques semaines n'est pas une cause de ruine, n'en est-il pas ainsi à plus forte raison, pour l'ouvrier dont la maladie s'aggrave le plus souvent faute de soins intelligents et affectueux et par les inquiétudes que lui cause l'inévitable misère, pour lui et pour sa famille, qui est la conséquence d'un chômage prolongé et des frais qu'occasionnent son état?
A peu d'exceptions près, les maladies qui afTectent la population ouvrière, d'une profession et d'une localité données, sont peu nombreuses et peu variées, car elles sont presque toutes dues à des causes identiques.
yGoogk