LE SALARIAT
Le salariat est-il la forme la plus juste et la plus convenable qui puisse être donnée à la rémunération du travail de l'ouvrier?
Cette question, posée depuis vingt ans, au moins, a été résolue négativement par toutes les sectes socialistes et par quelques philanthropes n'appartenant à aucune secte, les uns et les autres trouvant que ce mode de rémunération du travail est à la fois contraire à la justice, aux intérêts et même à la dignité de l'ouvrier. Pourquoi, disent-ils, l'ouvrier ne participerait-il pas aux bénéfices des entreprises, à la réussite desquelles il prend une part indispensable? « Puisque, sans son concours, aucune production ne peut avoir lieu, n'a-t-il pas droit à une part proportionnelle du produit? »
Ces raisons sont plus spécieuses que justes, car si l'ouvrier élait réellement un associé dans l'entreprise productive à laquelle il concourt par son travail, il
yGoogk