Une visite au Vinci et tels chapitres de r Homme libre
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'oyance, déjà sa Joconde, les de ses dessins sont de haute ictuelle, oui, vraiment, des de la réalité, des vainqueurs is voici que pour vaincre le le pas suprême, il crée le e la Cène, qu'il faut étudier I Brera.
mains et ses traits, qui sont, mte indignité, le plus douoches, signifient qu'à comdistinguer la bassesse irré- !i l'origine de chacun de nos e, celui qui sait, pardonne not suprême d'une connais- X d'une méditation de la ceptation.
à le terme de ce sublime l-Ange, par un élan brusque, a au delà, et api'ès que le démasqué la réalité, mais se irendre sans rien lui substiis l'existence des êtres plus
vainqueurs encore, car ils prétendent, à celle-ci, substituer une autre réalité, conforme, enfin, à leur propre nature, et qui, par là, sera non plus un mensonge, mais la vérité.
Se créer un univers! Tel est le grand mot, la formule à commenter, mais qui contient la Chapelle des Médicis, la Siitine, tout Michel- Ange.
Considérez bien que ce solitaire-ci n'est point un galant homme de cour à la façon de Léonard, qui, curieux de connaître les lois de la nature,s'accommode de toutes choses par l'ironie, le dédain, la pitié et aussi la noble indulgence. Avec sa bouche âpre, sa figure d'ouvrier obstiné qui n'a que faire de l'opinion d'autrui, on prévoit dès l'abord que celui-ci prétendra conformer l'univers à sa volonté et non pas la plier d'après l'univers. Mais entrons où vit son peuple, à la Chapelle des Médicis, à la Sixtine, à San Pietro in Vincoli, auprès du Moïse.
L'atmosphère que créent de tels personnages n'est viable que pour eux. A voir ces muscles
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d'athlctes, je sens qu'ici ce n'est poiol méditation qu'il s'agit, car pour coinprei la nature, l'homme peut être faible commi roseau. Mais voici bien le lieu du plus ten effort. Non point de quelques travaux à la nièred'Hercule ; nous sommes plutôt dans la de Prométhée. Ces êtres-ci se conquièrent, !
i-achent de leur bloc de marbre. S'ils nous p rent tout d'abord méditer, s'ils sont, en e repliés sur eux-mêmes, c'est pour distin; en leur conscience les êtres qui s'y obscurément formés, et pour se réaliser sus. Ils veulent devenir. Le devoir qu'il sont imposé, c'est de se conformer ma tout à leur destinée. » Que chacun sculpi propre statue », disaient déjà Jes Alexandi Mais pour èti-e son propre sculpteur, | réaliser consciemment les modifications quelles un inconscient travail pourrait, dai suite des siècles, hausser la race, pour mt dans le présent tous les possibles qui sour en nous, quel terrible efl'ort! Michel-Ange, avant de mourir, écrivait ce mot, trop fréqi
dans le testament de ceux-là mêmes qui se sont adonnés à la plus haute culture psychique :
« Malheureux que je suis, qui, en pensant aux années écoulées, ne retrouve pas, parmi elles toutes, un seul jour qui ait été à moi! » Cet affreux sentiment de n'avoir pu, malgré tant d'efforts pour se conformer à son idéal et pour être vraiment soi, échapper à tout ce qu'il y a de bas dans la condition humaine, voilà ce qui mêle tant de douleur, d'âpreté, à l'effort et à la songerie de ses héros. Ses Esclaves, ses hommes et ses femmes des Tombeaux des Médicis, son Moïse, ses vierges, se sentent impuissants à s'arracher du marbre brut, où plusieurs d'entre eux, en effet, sont matériellement encore deminés. Ses Sibylles, ses Prophètes, sont si tragiques de tristesse, de fièvre, parce que, dans l'avenir, ils aperçoivent des conditions où ils eussent été eux-mêmes plus beaux, plus heureux, cependant qu'ils distinguent aussi que leur sort sera de n'atteindre pas le terme de cet éternel devenir. Comme ce Moïse — dont Michel-Ange tire un si fort symbole de la
L'ÉVOLUTION DE L'INDIVIDU. " Nature qui tient en main ses lois — ils treronl pas dans l'univers dont ils o prescience et où tend leur formidable ém C'est seulement du sommet de la Met sique qu'on peut jeter un regard de force et ^de cette tristesse. Michel-Ange e des esprits qui, dans l'ordre de la sp^ tion, peuvent être dits héroïques. Ave Alexandrins et les Allemands du comm ment de ce siècle, celui-ci a conçu le Moi n du monde.
Négligeons, n'est-ce pas, la légende d'; quoi la femme (dite la Nuit) du tombe; Laurent de Médicis exprimerait la douleur sée à Michel-Ange par l'asservissement de rence. L'opinion vulgaire se plaît à lii la portée d'une œuvre, à la réduire dans i que anecdote. Le jour où ce grand e écrivit sur le socle le fameux sonnet la réveillez pas », il se servait en efft son œuvre pour témoigner ses sentiment toyen, mais quand il l'avait conçue, c' »ur signifier une puissance de souffrir et
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déception dont la cause n'était pas assurément une circonstance transitoire, mais la qualité même de son génie, et pour tout dire, de l'esprit humain froissé de tant d'antinomies.
Si une œuvre de telle violence comportait un commentaire, il faudrait le demander au recueil même de ses poésies, à l'histoire lyrique de son amour pour Vittoria Colonna. Quand il écrit cette strophe si forte de sens: « Une beauté vue ici-bas par dey yeux pénétrants ressemble mieux que toute autre chose à cette source mystérieuse de laquelle nous provenons tous », il exprime av€C la terminologie du Dante une conception que les évolutionnistes modernes traduiraient ainsi : l'individu, comme l'espèce, se développe dans le sens de ses besoins, c'est- à-dire que c^est le désir qui crée ; or, l'instant où l'être humain est dans toutes ses parties le plus bouleversé de désir, c'est dans l'amour parfait; donc rien autant que le rapport créé entre la beauté et l'homme ne ressemble à la puissance d créer.
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i et la façon de lier les chaque génération. Les grandes métaphysiques, celles de Platon, de Dante, de Hegel et de Fichte, et tous les systê mes du monde, ne sont que des images poéti ques pour eitérioriser et rendre logiques de sensations par elles-mêmes profondes et obscu res. Il ne faut point s'emharrasser des diffé rences de vocabulaire ; là-dessous, c'est ton jours le même bouillonnement de l'bomm qui veut devenir Dieu. Michel-Ange l'a fait voi directement et sans l'intermédiaire des théorie qui toutes perdent vite leur force émouvante il a dressé devant nous une humanité qui s veut arracher du marbre, s'individualiser ei beauté.
La Chapelle des Médicis, la Sixtine, sont de réservoirs d'énei^ie probablement immortels Bien des philosophies qui enseignent le mêm individualisme seront devenues incompréhen sibles, que l'on viendra ici encore se con vaincre que la seule tache noble est, par u constant effort, de se créer soi-même, jusqu'
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substituer à la réalité conventionnelle, c'està-dire admise par le commun des hommes, sa propre conception du monde, en un mot, recréer l'univers.
... Mais, haussé à ce degré, l'être humain pourra-t-il se maintenir? C'est ce que nous allons savoir des peintres de la fin du xvf et du xvn* siècle.