DE L'INDIVIDU
ible, et comme il vou-
peintres universellement la Mère devient la gar- 'Enfant, et si hautaine ins musiciens et les aunides ne, reçoivent ses )ressement mesuré. Mais ]ue l'artiste voulait nous dame qu'on essaye d'ades peintures de mœurs excellente psychologie, fortement analysé dans i-dessus, les eslhéticiens et notent avec scandale ;e parfois les anges vont a convoitise. Mais dans wnt des pages, et pensez la marquise.
Pour les passions tendres, ces artistes dédaignés de la mode moderne, sont souvent sublimes, notamment dans l'expression intense de la volupté. Le pathétique s'y fortifie de vé-
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rite pathologique. Voira S,M. délia Vittoria de Rome la célèbre statue de sainte Thérèse, du Bernin. C'est une grande dame défaillante d'àmour*. Le peintre place ses personnages dans une action où ils pourront fournir exactement ce que nous voulons (ce que voulaient le ivu*", le xviii*' siècle et Stendhal, et Balzac) de confusion, de faiblesse pour être touchés et renseignés.
Ces vierges, ces saints, ces martyrs, ce sont des gens de cour. Ne vous étonnez donc point s'ils savent produire les grâces de leur corps, de leur esprit, et se placer dans les conditions où ils sauront le mieux en jouer. Ejt il fallait, bien qu'on peignît alors des gens de cour, par la même raison que nos moralistes, nos analystes, nous présentent le plus souvent des femmes de la société : il faut des loisirs pour! le raffinement des passions tendres. |
Et aux énervés qui veulent qu'on les secoue et qui se contentent aujourd'hui avec les crimes,
\ . On pourra référer p. 106. De la dévotion dans V amour, et d^autre part notre sentiment des primitifs nous ayons essayé de ]*animer dans les Deux Femmes du bourgeois de Bruges,
TlOB DE LINDIVIDI. 275
fs, les peintres donnaient les irribles de martyres que vous
îlevez-vous une contradiction aérées qui servent de prétexte ychologiques et l'esprit tout ir essence, vous qui acceptez itifs et Rapliaël nous donnent ■> de bonnes petites filles de
convaincu que l'instant suipe du Vinci, du Corrège, du par Michel-Ange, je n'hésite . à préférer aux primitifs et es de !a première moitié du le, le Dominiquin, le Guérie et leurs émules qui nous fortes et abondantes analyses
ue les archéologues se réjouisjusqu'à un Giotto, un Pisano, xplique que des poètes, épris ii, pour atteindre à une plus
gentille gracilité, atrophient les sentiments en eux, se réjouissent de la pauvreté et de la mesquinerie de ces petites gens. Mais celui qui juge par soi-même, qui ne se plie ni sur la mode ni sur ses préjugés d'école en faveur de la sobriété, et qui est amateur de l'âme humaine dans ses abondantes variétés, reconnaîtra chez les bons exemplaires du peuple des musées au xvn® siècle, des êtres qui reçoivent leur impulsion, non du monde extérieur, mais de leur monde intime, et qui ne se composent point sur des reliefs antiques ou des modèles, mais d'après les agitations de leur âme — dont ils ont une claire vision.
Or, tel est, jusqu'à cet instant de l'évolution humaine, le terme extrême du développement de l'individu.
et exister viable. Ce fut le service que Pise et Sienne peut-être rendirent à l'art au xni' siècle.
Se composer lentement une vision de l'univers, harmonieuse et particulière, voilà la seconde étape que l'on franchit à Florence, quand l'individu prend une personnalité, médite avec le Vinci, aime à souffrir avec le Sodoma, aime à charmer avec le Corrège, et, avec Michel-Ange enfin, substitue aux réalités admises de tous un univers qu'il créé de toutes pièces par sa méditation.
Il s'agissait ensuite que tant de types nés à la vie ©Ionisassent entre eux des rapports où utiliser avec intensité les éléments qu'ils venaient de se créer. C'est l'œuvre que nous constatons dans les musées d'Italie après '"'chel-Ange, et voilà presque nos contempo-
ins, en qui la passion devient un état voulu,
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atteint par des procédés mécaniques ou au
moins un état conscient.
Ces trois phases marquent les étapes de la destinée psychique d'un véritable individu, en même temps qu'elles résument révolution de l'art dans les musées de Toscane. Aussi ceux-ci sont-ils une excellente éducation d'humanité. Ëducàtion toute d'agrament, car pour nous dominer l'Italie n'use que d'émotions voluptueuses. On a dit : « Un ami, s'il laisse voir trop clairement son dessein de nous former, n'éveille aucun sentiment agréable, tandis qu'une femme qui nous forme en paraissant nous séduire, est adorée comme une créature céleste qui apporte la joie. » C'est dans ce sentiment que les hommes recevant de l'Italie, depuis des siècles, toutes les ivresses du bonheur, l'appellent justement leur maîtresse.