‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 105 sur 165 · RÉNOVATION DU SANG CHEZ L'ADULTE · texte numérisé non relu

RÉNOVATION DU SANG CHEZ L'ADULTE

Lorsque le sang a acquis sa constitution définitive, pat* quel procédé ses éléments se renouvellent-ils? Voilà la question qui intéresse le plus les médecins.

§ 1. — Rénovation hématoblastique.

Xous avons déjà fait voir que dans le sang normal il existe des formes intermédiaires entre les plus petits hématoblastes et les hématies (p. 101 et 156). Ce fait est facile à constater chez tous les vertébrés, mais il devient beaucoup plus évident lorsque l'évolution des globules rouges est troublée, c'est-à-dire lorsque l'équilibre entre la production des hématoblastes et la transformation de ces éléments en globules rouges est rompu d'une manière quelconque.

Qu'on fasse subir à un animal une perte de sang. Au bout d'un certain temps cette perte sera complètement réparée. Cette rénovation ne pourra s'effectuer que par l'introduction ou la production dans le sang d'éléments nouveaux remplaçant ceux que l'écoulement du sang a soustraits à l'organisme. Les hémorragies s'offrent donc à nous comme un précieux moyen d'étudier le processus de la réparation sanguine. Elles nous ont permis de constater dans le sang un certain nombre de modifications très importantes qui doivent maintenant fixer notre attention.

Cette question doit être examinée chez les animaux à globules rouges nucléés et chez les animaux supérieurs à globules rouges dépourvus de noyau.

A. Réparation du sang chez la grenouille. — A l'exemple de Vulpian, nous avons tout d'abord choisi la grenouille pour exécuter la première partie de ces recherches.

Pour obtenir une perte de sang considérable, Vulpian fait l'amputation de la cuisse à sa partie supérieure. J'ai employé le même procédé et, de plus, alin d'étudier les effets d'une anémie moins prononcée, je me suis contenté, dans certaines expériences, de faire

la désarticulation de la patte au niveau du genou ou une amputation immédiatement au-dessus de cette articulation. Il faut avoir soin, dans tous les cas, de conserver un manchon de peau assez long pour recouvrir la plaie après la section du membre, et d'isoler

l'animal opéré dans un bocal au fond duquel on laisse une petite couche d'eau fraîche renouvelée deux fois par jour (1).

Dans les cas où l'hémorragie est peu abondante (section de la patte), le sang est en pleine réparation au bout de trois semaines; lorsque l'hémorragie est plus importante (section de la cuisse), il faut attendre quatre à cinq semaines avant de réexaminer utilement l'animal.

Au bout de ce laps de temps, on observe dans le sang1 pur les prin-

Fig. 90. — Sang pur de grenouille Cipaux faits Suivants :

au moment de la réparation post- Outre leshématoblastes que nous

hémorragique. — Rosace vue plu- i , •, ,

, to H . , ,5 avons décrits et qui se comportent

sieurs heures après la coagulation. * "

Le centre de cette rosace est oc- comme à l'état normal, on aperçoit

cupépardeshématobiastestrèsai- au miiieu des autres éléments, notérés et par un globule blanc a. i i • •

Parmi les éléments qui la compo- tamment dans le voisinage des ro-

sent, on remarque de jeunes héma- saces, des Corpuscules qui diffèrent lies intermédiaires entre les héma- notablement des globu]es rouges

toblastes et les globules rouges #° °

complètement développés, b, b. normaux, mais qui ne se comportent

plus comme des hématoblastes : ils ont perdu, en effet, la propriété de concourir à la formation du réseau fibrineux, et ils restent fixes, inaltérés comme les globules rouges eux-mêmes. Ce sont des corpuscules homogènes, de formes et de dimensions variables, pâles, à peine colorés par une faible quantité d'hémoglobine.

Les uns sont réguliers, arrondis ou ovalaires, ce sont souvent les moins nombreux, surtout quand la réparation du sang- est encore peu avancée; les autres ont une forme pointue variable,

(1) Vulpjan, De la régénération des globules rouges du sang chez les grenouilles à la suite d'hémorrhagies considérables {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 4 juin 1877). XL1V (2e partie).

RÉNOVATION IIÉMATOBLASTIQUE.

résultant évidemment de la déformation d'un type régulier parla production d'une pointe plus ou moins déliée à l'un des pôles ou aux deux pôles de l'élément (fig. 90).

Quelques-uns de ces corpuscules contiennent déjà une quantité presque aussi grande d'hémoglobine que les hématies normales ; le noyau est alors masqué par cette matière colorante. Mais dans la plupart des autres, la proportion d'hémoglobine est tellement faible que le noyau est parfaitement distinct. Il est à la fois plus volumineux et plus finement granuleux que dans les petits hématoblastes. On reconnaît souvent que les granulations dessinent une sorte de striation longitudinale comme dans les noyaux des hématoblastes.

Fig. 91. — Éléments vus dans le sang d'une grenouille rendue anémique par hémorragie, au moment de la réparation sanguine. Examen dans le sérum iodé.

«, a, hématoblastes peu modifiés; tous les autres éléments représentés ici sont des globules rouges imparfaits, intermédiaires entre les hématoblastes et les globules rouges ordinaires. On remarquera l'apparence lobulée du noyau dans quelques-uns de ces éléments b, b. Les éléments de la première rangée sont ceux qui se rapprochent le plus des globules rouges ordinaires.

Dans certains cas, on peut observer quelques éléments plus intéressants encore, en ce sens qu'ils possèdent des caractères intermédiaires entre les hématoblastes et les corpuscules en question. Après être restés intacts dans le sang pur pendant un certain temps, ils s'altèrent à la façon des autres hématoblastes et, après la coagulation du sang, on les retrouve encore au niveau des carrefours sous la forme de corpuscules plus volumineux et plus nets que les hématoblastes proprement dits.

Lorsque l'hémorragie a été excessivement abondante (amputation de la cuisse à sa partie supérieure), les animaux profondé-

ment anémiés mettent un temps plus long à réparer leur sang. Au bout de cinq à six semaines, il est encore peu abondant, très pâle et formé presque exclusivement de corpuscules analogues à ceux que nous venons de décrire ; les globules rouges complètement développés et à contenu hémoglobique à peu près normal y sont relativement rares (fig. 91).

Vulpian, quia observé le sang en réparation dans ces conditions, considère les nouveaux corpuscules, dont il donne une bonne description, comme tout à fait incolores. Je crois que, même dans les plus pâles, il existe toujours un peu d'hémoglobine qui donne à l'élément une légère coloration jaunâtre ou verdâtre; mais dans certains éléments, ces traces de matière colorante ne sont rendues évidentes que dans les préparations faites par dessiccation. L'hémoglobine est déposée alors irrégulièrement le long du bord de l'élément et souvent aussi autour du noyau.

Quelques-uns de ces éléments nouveaux à peine colorés contiennent en outre, autour du noyau, des granulations ou vacuoles analogues à celles que renferment les hématoblastes.

L'intervention des réactifs complète utilementl'étude du sang pur.

Le sérum iodé permet d'étudier ces corpuscules et de reconnaître des formes intermédiaires entre les hématoblastes et les éléments qui commencent à ressembler aux hématies. Le noyau volumineux de ces jeunes éléments conserve son apparence striée en long ou prend un aspect trouble, comme nuageux; le disque qui l'entoure possède déjà, dans les plus développés de ces corpuscules, les propriétés du disque des hématies, et on y voit se former sous l'influence du réactif les plis radiés partant du noyau, qui correspondent dans les hématies nucléées à l'état épineux ou mûriforme des hématies dépourvues de noyau.

Chez les grenouilles rendues ainsi anémiques, le nombre des globules blancs augmente pendant la période de suppuration; plus tard, lorsque la plaie est cicatrisée, la proportion de ces éléments redevient normale.

Dans quelques expériences, la numération des éléments du sang a été faite au moment de la section du membre, puis, quelques semaines après, pendant la période de réparation.

Voici le résumé de trois expériences de ce genre :

Exp. I. — Rana viridis vigoureuse. — Amputation de la jambe à la partie supérieure du mollet le 3 novembre 1877, hémorragie assez abondante.

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE. 559

Nombre des hématies 373 500

— des hématoblastes 6 494

des globules blancs 5 487

Le 8 décembre la plaie est cicatrisée. — Sang pris dans le cœur.

Nombre des hématies 318 500

— des corpuscules nouveaux ne prenant pas

part à la formation du réticulum. . . . 45 000

— des hématoblastes '.. 6 482

— des globules blancs 3 144

On voit qu'en addionnant le nombre des globules de nouvelle formation avec celui des globules rouges, le sang s'était réparé d'une manière presque complète au bout de cinq semaines, au point de vue de la proportion des globules rouges. Il est loin d'en être ainsi dans les cas où l'hémorragie est plus copieuse. C'est ce que montrent les expériences suivantes.

Exp. II. — Ranci viridis vigoureuse, capturée depuis peu de jours. Le 22 octobre 1877, section de la jambe dans le genou; hémorragie assez abondante.

Nombre des hématies 326 812

— des hématoblastes 7 471

— des globules blancs 5 332

Le 30 novembre, la plaie est complètement cicatrisée. — Sang pris dans le cœur.

Nombre des hématies 134 375

des corpuscules jeunes ne participant pas

à la formation de la fibrine 42 000

des hématoblastes 1 350

— des globules blancs , 4 750

Exp. III. — Rana viridis vigoureuse, prise depuis peu.

Le 11 octobre 1877, section de la cuisse à la partie inférieure.

Hémorragie assez abondante.

Nombre des globules rouges 435 750

— des hématoblastes 7 G00

— des globules blancs 10 000

Le 23 novembre (au bout de six semaines) la plaie est presque complètement cicatrisée. Dans le sang du cœur examiné à l'état pur, les hématoblastes peu nombreux forment de petits amas composés de 3,4,5 éléments; les rosaces sont maigres et ne s'accentuent un peu qu'au moment de la rétraction du coagulum; les corpuscules jeunes peu colorés sont très abondants.

Nombre des globules rouges 118 675

— des corpuscules jeunes, ne participant

pas à la formation de la fibrine 31 000

des hématoblastes 1 200

— des globules blancs 6 085

En somme, chez les grenouilles amputées et à jeun la réparation du sang marche lentement et reste fort imparfaite. Au moment où on les sacrifie (au bout de trois à six semaines), on constate que la masse totale du sang est loin de s'être reformée; elle est d'autant plus réduite que l'hémorragie a été plus abondante. De plus, les globules rouges de nouvelle formation sont presque tous incomplètement développés et surtout peu riches en hémoglobine.

Mais cette réparation du sang lente, pénible, a l'avantage de nous permettre de suivre mieux qu'à l'état normal les phases évolutives des corpuscules rouges.

Vulpian, dans le travail que nous venons de citer, ne se prononce pas sur l'origine des corpuscules de régénération ; il émet cependant comme probable l'opinion qu'ils proviennent d'une transformation ou d'un développement ultérieur des globules blancs. A l'époque où cet éminent physiologiste a fait son travail, on confondait les hématoblastes avec les globules blancs. Les formes de passage, les éléments intermédiaires, que Vulpian a cru voir entre ces derniers et les corpuscules rouges en évolution, proviennent d'un développement plus avancé des hématoblastes qui seuls, parmi les éléments du sang, sont en rapport avec la formation des globules rouges.

Voici, en effet, la manière dont on doit interpréter les résultats des expériences que nous venons de rapporter.

Après l'hémorragie consécutive à l'amputation, il ne reste plus dans le corps de la grenouille qu'une très faible quantité de sang. Pour se reformer ce sang doit acquérir, outre le plasma, des éléments nouveaux. Laissons de côté les globules blancs proprement dits dont le nombre augmente sous l'influence de la suppuration. Le fait principal consiste dans l'apparition au bout d'un certain temps de globules rouges imparfaits, presque incolores. Dès ce moment, on peut constater, soit en examinant le sang pur, soit en employant divers réactifs, que ces corpuscules proviennent du développement progresssif des hématoblastes. Le sang contient, en effet, des éléments intermédiaires, reconnaissables à leur forme variable, souvent irrégulière, à leur noyau plus volumi neux que celui des hématoblastes, mais ayant les mêmes caractères, à leur vulnérabilité, qui leur permet, quand ils sont encore peu avancés dans leur développement, de concourir à la formation des carrefours du réticulum fibrineux.

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE. 561

Ce sont ces éléments qui deviendront plus tard, en se régularisant, en acquérant de l'hémoglobine et un noyau plus petit, des globules rouges proprement dits. Dans les conditions où se trouvent les grenouilles en expérience, un petit nombre seulement de ces éléments nouveaux arrivent à ce degré de perfection.

D'où la persistance même au bout de cinq à six semaines d'un sang pâle, composé presque uniquement d'hématies imparfaites, à peine colorées et présentant ces caractères avec d'autant plus de netteté que l'hémorragie a été plus abondante.

On remarquera que ces corpuscules de nouvelle formation dépassent de beaucoup le nombre des hématoblastes primitifs. D'autre part, la masse du sang augmente progressivement. Il faut donc que les hématoblastes transformés en jeunes hématies soient remplacés par d'autres. Lorsque l'hémorragie est peu abondante, cette production d'hématoblastes est assez active pour que le sang reprenne, au bout de cinq semaines, une constitution à peu près normale au point de vue de la proportion des corpuscules appartenant à la série des éléments rouges (hématoblastes, éléments intermédiaires, corpuscules jeunes à peine colorés, hématies) (voir exp. I). Au contraire, en cas d'hémorragie abondante, le sang est encore, au bout de six semaines, très imparfaitement réparé. Les hématoblastes se sont multipliés et transformés en corpuscules jeunes, mais dans une proportion insuffisante. Malgré l'abondance des éléments nouveaux, le nombre des corpuscules de la série des éléments rouges est très inférieur à la normale, et le chiffre peu élevé des hématoblastes indique que la formation des nouveaux éléments a dépassé, dans ces conditions, la production des hématoblastes (Exp. II et III).

Depuis mes premières recherches sur ce sujet (1877), j'ai répété ces expériences un grand nombre de fois et j'ai toujours obtenu des résultats concordants. Ils peuvent, en dernière analyse, se formuler ainsi :

Chez les grenouilles rendues anémiques par l'amputation d'un membre, les corpuscules rouges nouveaux qui concourent à la réparation plus ou moins complète du sang sont formés par les éléments auxquels j'ai donné le nom d'hématoblastes.

On observe exactement les mêmes faits chez les oiseaux soumis à des saignées plus ou moins abondantes. Au bout de quelques

G. Hayem. — Du Sang. 36

jours, le sang se remplit d'un grand nombre d'éléments intermédiaires entre les hématoblastes et les hématies.

Il s'agit d'ailleurs d'un fait de physiologie générale que nous avons pu étudier dans tous ses détails sur les animaux supérieurs.

B. Réparation du sang chez les chiens saignés. — Mes recherches expérimentales ont été poursuivies particulièrement sur le chien. Gomme elles ont été publiées en détail dans mes leçons de thérapeutique expérimentale (1), je me bornerai à en présenter ici un court résumé.

Lorsqu'on fait subir à un animal supérieur, tel que le chien, une perte de sang, on suscite en même temps un effort de rénovation dont les effets se font sentir immédiatement.

Si l'hémorragie est abondante, la constitution du sang se modifie pendant le cours même de la perte et, dans tous les cas, la diminution de la tension sanguine appelle immédiatement à l'intérieur des vaisseaux rouges les sérosités dont le système lymphatique et les tissus peuvent disposer.

Le premier effet d'une saignée se traduit donc par la dilution du sang restant, et comme la reconstitution de la masse totale du sang ne peut être achevée qu'au bout d'un certain temps, cette dilution se poursuit pendant un nombre de jours qui varie nécessairement avec l'importance de la perte.

Pour estimer cette dilution du sang, c'est-à-dire cette transformation de l'anémie absolue [ad vacuum) en hydrémie (ou aglobulie), nous n'avons guère qu'un procédé pratique, c'est la numération des éléments du sang complétée par le dosage de l'hémoglobine.

Ce procédé nous montre que pendant les heures qui suivent une hémorragie le nombre des globules rouges diminue d'une manière progressive, pour atteindre un certain minimum et se relever bientôt. Ce minimum s'observe au bout d'un à sept jours, suivant l'abondance de la perte. Il ne coïncide pas avec l'achèvement de la reconstitution de la masse totale du sang, il marque le moment où la production de nouveaux éléments colorés commence à contrebalancer l'effet de l'augmentation du plasma (2).

(2) Pour calculer le temps que met la masse du sang à se réparer, il faudrait déterminer cette valeur par un procédé direct. Quelques essais de ce genre m'ont

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE. 563

L'effort de réparation du sang* suscite effectivement l'apparition très rapide de nouveaux éléments qui bientôt vont se substituer à ceux qui ont été perdus.

On se trouve donc placé clans des conditions favorables pour porter un jugement sur la nature des éléments formateurs des globules rouges.

Or, que se passe-t-il dans ces conditions ?

Constamment, au début de la période de réparation du sang, la proportion des hématoblastes augmente d'une manière tout à fait remarquable. En quelques heures ces éléments, dont le nombre s'était d'abord abaissé sous l'influence de l'hémorrhagie, deviennent deux à trois fois plus nombreux. Mais bientôt après avoir atteint un maximum, leur proportion redevient progressivement normale. Il s'agit ici d'un phénomène passager, en général d'une grande intensité, mais d'une durée éphémère. Pour en saisir la signification, examinons les tracés de quelques-unes de nos expériences et comparons la courbe qui représente les fluctuations des hématoblastes H à celle des variations des globules rouges N (%• 92).

Exp. XXXIII des Leçons sur les modifications du sang (n° LIV). Chien mouton de moyenne taille, bien portant, n'ayant encore subi aucune opération. Poids 12ke,500.

Saignée par la fémorale de 365 grammes (07-^) du poids du corps, le

14 octobre 1880.

Les résultats des examens du sang sont représentés dans le graphique suivant (fig. 92).

Le premier chiffre de la courbe N (6 513 000) se rapporte au sang de l'oreille avant la saignée ; le second (6 150 500) au sang de la crurale à la fin de la saignée; le troisième (5465 000) au sang de l'oreille une heure environ après la saignée. A partir de ce moment tous les examens du sang ont été pratiqués à l'aide du sang de l'oreille.

On voit que la courbe des hématoblastes H présente trois parties principales : une ligne de descente qui suit celle des globules rouges, puis une ligne ascendante qui, en général, précède et annonce la multiplication des globules rouges, enfin une ligne de descente plus ou moins irrégulière, qui correspond au retour progressif à l'état normal.

fait voir qu'à la suite d'une forte hémorragie la masse totale du sang reste diminuée pendant plusieurs semaines.

Quand, au lieu de pratiquer à un chien une saignée unique, on lui fait subir des hémorragies multiples, mais coup sur coup, ces opérations déterminent le même résultat à peu près qu'une saignée unique très forte. Dans ce cas encore les fluctuations

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Fig. 92.

G, courbe de la valeur individuelle des globules, le globule humain étant pris comme étalon et considéré comme égal à I ; N, courbe du nombre des globules rouges; H, courbe du nombre des hématoblastes. Les chiffres de la colonne N représentent des millions; ceux de la colonne H des milliers.

des hématoblastcs suivent la même marche. Le tracé (fig. 93) qui se rapporte à une expérience de ce genre reproduit d'une manière frappante les trois phases d'évolution du phénomène.

Exp. XXXVI (n° LIV). Griffon du poids de 15k§,500. Le 3 novembre 1880, saignée de 250 centimètres cubes; le 4, saignée de 225 centimètres .cubes; le 5, saignée de 250 centimètres cubes ; le 9, saignée de 140 centimètres cubes, ce qui représente une perte de 1 075 centimètres cubes ou d'environ le quart du poids du corps en six jours.

La période de descente des hématoblastes n'est pas très accusée ;

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE.

elle atteint son point le plus bas avant que les globules rouges soient tombés à leur minimum. Chaque nouvelle perte de sang

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