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fait d'ailleurs diminuer d'une manière plus ou moins sensible le nombre des hématoblastes.
L'ascension de la même courbe H commence avant que les globules rouges aient augmenté. Bientôt le nombre des hémato-
blastes devient considérable, le tracé présente une élévation subite et atteint un maximum qui représente près de trois fois plus d'éléments qu'à l'état sain.
A peine le chiffre des hématoblastes a-t-il atteint son maximum qu'il ne tarde pas à fléchir, et pendantlatroisième période du phénomène le nombre de ces éléments redevient peu à peu normal.
On voit donc, en définitive, qu'il s'agit d'une production extrêmement active d'hématoblastes, d'une véritable accumulation de ces corpuscules au début de la période de réparation des globules rouges.
J'ai donné à ce phénomène le nom de crise hématiqae ou hématobl 'astique , et je l'ai retrouvé d'une manière constante au début de toutes les réparations sanguines. Il a donc à cet égard une valeur absolue : il annonce la mise en activité du processus de formation des globules rouges, et il est toujours accompagné ou suivi à bref délai d'une augmentation dans le nombre de ces éléments, augmentation d'autant plus significative qu'elle s'accentue à un moment où le sang est loin d'avoir atteint son maximum de dilution.
La réparation sanguine, et nous allons bientôt le prouver plus complètement, commence donc par une active production d'hématoblastes ; c'est la crise hématique. Le point le plus élevé de la courbe des hématoblastes, le sommet de la poussée hématoblastique, marque en quelque sorte le moment où la production de ces nouveaux éléments acquiert sa plus grande activité. La ligne ascensionnelle est remarquable parla brusquerie de son élévation; elle justifie ainsi l'appellation de crise donnée au phénomène, qui représente en somme le début de la suractivité imprimée tout à coup au processus de sanguification. Quant à la ligne de descente, elle est traînante, et le même fait se retrouve dans toutes les observations analogues. Le retour à l'état normal est d'autant plus lent que l'hémorragie a été plus abondante.
Ces considérations sur les variations du nombre absolu des hématoblastes sont déjà très instructives. Mais pour arriver à une interprétation exacte de ces faits, il faut comparer avec soin les modifications quantitatives des hématoblastes à celles des globules rouges. C'est ce que j'ai fait dans un certain nombre de mes observations et en particulier dans celle qui est représentée par les courbes de la figure 93, page précédente.
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Un quatrième tracé R', exprime le rapport entre les hématies
et les hématoblastes, soit r--. Ce tracé va nous permettre de faire
quelques remarques complémentaires sur la crise hématique.
A l'état normal le rapport entre les globules rouges et les hématoblastes est de 20, chez le chien comme chez l'homme, ce qui veut dire qu'il y a un hématoblaste contre vingt globules rouges.
La saignée trouble immédiatement ce rapport physiologique ; le nombre des globules rouges diminue immédiatement dans une proportion plus grande que celui des hématoblastes; de sorte que pendant la période d'abaissement globulaire, bien que le chiffre absolu des hématoblastes diminue, le rapport Rr indique une augmentation relative de ces éléments. La crise hématique se trouve donc préparée de longue main. Son début est marqué par un défaut de proportionnalité entre les globules rouges et les hématoblastes, défaut qui s'accentue progressivement et arrive à son summum à peu près au moment où le chiffre absolu des hématoblastes est le plus élevé. La suractivité dans la formation des éléments du sang suit donc de près l'hémorragie ; elle devient sensible dès la première perte de sang lorsqu'on pratique, comme le montre la figure 93, des saignées multiples coup sur coup. Ce fait capital prouve la rapidité avec laquelle les phénomènes d'évolution sont suscités dans le sang par les hémorragies.
— Mais jusqu'à présent nous avons constaté seulement que la réparation sanguine débute par une active production d'hématoblastes. Nous ne sommes pas encore en mesure d'affirmer que ces éléments sont destinés à former des hématies; nous ne pourrons le faire qu'après avoir examiné la crise hématique à un second point de vue, celui des modifications qualitatives des éléments du sang.
Pendant la période d'abaissement du chiffre des hématies qui suit toute hémorragie, les globules rouges conservent leurs caractères normaux. Mais dès que le nombre de ces éléments s'élève, la proportion des globules nains et des petits globules augmente. Les nouveaux globules formés sont donc plus petits que les adultes. Aussi, quand bien même la quantité d'hémoglobine contenue dans les hématies reste proportionnelle au volume des éléments, la valeur individuelle des globules s'abaisse. Chez les chiens bien portants, le pouvoir de sanguification est tel qu'une
saignée même forte est facilement réparée. Au fur et à mesure qu'ils se forment, les nouveaux éléments trouvent facilement dans l'organisme les matériaux nécessaires à leur développement complet, et les globules nains ne s'accumulent pas dans le sang; ils ne tardent pas à acquérir les dimensions des globules ordinaires. Dans ces conditions la valeur individuelle des globules (G) ne diminue pas d'une manière très notable. Il n'en est pas de même quand la saignée est très abondante ou lorsqu'on a pratiqué des saignées coup sur coup. Alors les globules nains et petits deviennent plus abondants et éprouvent une certaine difficulté à se perfectionner; ils restent moins riches en hémoglobine, moins réguliers que les globules normaux et s'ils parviennent à augmenter de volume, ils se distinguent des anciens globules physiologiques par leur pâleur et souvent par l'irrégularité de leur forme. La valeur individuelle des globules est alors sensiblement abaissée, tant à cause de la diminution du diamètre moyen des éléments que de la pauvreté de ces nouveaux globules en matière colorante. En même temps les hématoblastes présentent des modifications de diamètre; les formes de grande taille, à contenu hémoglobique non douteux se multiplient. Il devient facile, dans les préparations faites au moment de la réparation, d'observer tous les intermédiaires entre Thématoblaste le plus petit, le plus délicat et le plus pâle, et le globule rouge adulte, en passant par le globule nain.
Ces particularités, qui sont d'ailleurs d'autant plus accentuées que l'hémorragie a été plus abondante, sont rendues tout à fait saisissantes lorsque par la répétition des hémorragies on détermine une anémie chronique.
Si, après une première perte de sang, on en pratique une seconde au moment où la réparation est encore incomplète, puis une troisième et même une quatrième, on fatigue ainsi le pouvoir de sanguification, on empêche les éléments nouvellement formés après chaque perte sanguine d'acquérir un développement complet, on fait sortir de l'organisme une grande quantité d'hémoglobine qui ne peut être reproduite aisément, en un mot on suscite ainsi une aglobulie chronique souvent très persistante. Or, dans ces conditions où le sang se trouve encombré de formes jeunes et avortées, qu'observe-t-on?
De même que dans l'anémie chronique spontanée, le sang est remarquable par l'abondance des hématoblastes de toutes dimen-
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sions, par la forte proportion des globules nains et petits, éléments qui restent pâles, déformés, vulnérables, incomplètement développés (%. 94).
Fig. 94. — Sang d'un chien rendu anémique à Faide d'hémorragies multiples. — Préparation sèche. On a rapproché ici les divers types d'éléments disséminés dans la préparation.
a, a, globules rouges plus ou moius déformés; b, b, globules nains; c, c, bématoblastes, la plupart bypertrophiés.
C'est l'exagération des faits que nous avons déterminés à l'aide d'une hémorragie unique.
Quand on étudie avec soin ce processus par les méthodes précédemment décrites, il est impossible de ne pas reconnaître que l'anémie chronique post-hémorragique met en lumière d'une manière frappante la filiation entre les hématoblastes et les globules rouges. Il est donc bien facile d'interpréter les résultats numériques précédemment exposés.
La crise hématique, l'accumulation passagère d'hématoblastes dans le sang, répond à la période pendant laquelle la production d'éléments nouveaux dépasse en activité le processus de transformation de ces éléments en hématies.
C. Réparation du sang chez l'homme. — 1° Après les pertes de sang. — Ces faits expérimentaux, recueillis sur les animaux à globules nucléés et à globules non nucléés, sont confirmés par les observations prises chez l'homme. La rénovation du sang obéit aux mêmes lois générales chez tous les vertébrés.
L'hémorragie cataméniale, malgré sa faible abondance relative, est suffisante pour qu'on puisse se rendre compte du mode de rénovation du sang.
J'avais déjà remarqué en 1877 que, pendant la période mens-
truelle, le nombre des globules rouges ne diminue pas, que parfois même il augmente, mais que le sang renferme un assez grand nombre de petites hématies (globules nains) que je considère comme de jeunes éléments. Les observations de MM. Duperie et Cadet ont confirmé les miennes sur ce point, et celles de ce dernier ont fait voir, de plus, qu'il existe en même temps une augmentation des hématoblastes.
L'hémorragie cataméniale étant une perte lente et progressive, se répare donc au fur et à mesure qu'elle s'accomplit. Elle permet cependant de reconnaître dans le sang les agents de cette réparation, c'est-à-dire de constater une suractivité dans la production des hématoblastes, suivie de la transformation de ces éléments en hématies d'abord petites, puis adultes.
En effet, dès le second jour de l'écoulement cataménial, les hématoblastes augmentent d'une manière sensible, et cette augmentation se maintient jusqu'à la cessation de l'écoulement. A ce moment, ces éléments reviennent à leur chiffre normal (Cadet). Parallèlement à cette augmentation, l'on voit apparaître un certain nombre de globules nains, et dès le lendemain le chiffre des globules rouges augmente. Cette augmentation s'accuse de plus en plus jusqu'à la fin de l'écoulement, et elle est suivie rapidement d'un retour au chiffre physiologique.
Comme l'augmentation des globules rouges tient surtout à la présence de globules nains dans le sang, il s'ensuit que la valeur individuelle du globule rouge s'abaisse d'une manière sensible et constante pour revenir bientôt à son taux normal après la période menstruelle.
Les hémorragies permettent de constater avec plus d'évidence encore des faits de même ordre.
Les courbes des figures 95 et 96 se rapportant à des cas de métrorragie d'abondance variable montrent nettement la poussée hématoblastique qui se produit après les pertes sanguines.
Observation I. — Métrorragie abondante. — Anémie consécutive. — Crise hématoblastique.
C. L..., vingt-quatre ans. Pas d'antécédents morbides. Après son mariage, qui eut lieu il y a quatre ans, elle resta trois mois sans voir, puis eut une perte très abondante qui dura sept semaines. Depuis lors, menstruation très irrégulière, avec caillots, mais sans douleurs, et état anémique croissant. Cinq semaines avant son entrée, qui eut lieu le 28 juin 1879, commença la
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perte qui dure encore. Signes d'anémie très nets. Rien d'anormal au toucher, traitement par Fergotine, la glace, puis par le perchlorure de fer, enfin tamponnement le 4 juillet, qui arrête l'hémorragie.
Du 4 juillet au 24 juillet, perte beaucoup moins abondante; retour lent des forces. La malade se lève une heure le 14 juillet.
Le 21 juillet, amygdalite phlegmoneuse, qui s'ouvre spontanément le 25.
Depuis cette époque, retour progressif, mais lent, des forces jusqu'au 5 août, jour où elle est transférée dans un autre service.
NelFJ H G 10 11 12|15|14 15 16. 17J18 19 20 2l|22 23 24 25J26 27 28 29 30 31 .1 2