‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 11 sur 165 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

Mes premières expériences sur cette intéressante question ont mis en évidence la vulnérabilité extrême des hématoblastes, la propriété qu'ont ces éléments de devenir visqueux et adhérents au contact des corps étrangers et des baguettes de défibrination du sang, de se réunir entre eux pour former des amas dans le sang issu des vaisseaux, de subir de profondes modifications physico-chimiques pendant le cours de la coagulation pour se transformer finalement en une substance faisant corps avec le réticulum fibrineux. Elles ont été exécutées et publiées plusieurs années avant les fpremières communications de M. Bizzozero.

Plus tard, lorsque, poursuivant ces études, je fis connaître les caillots hématoblastiques formés sur le vivant et le rôle que prennent ces concrétions dans le mécanisme de l'hémostase, mes observations sur ce point furent consignées dans les Bulletins de l'Académie des sciences plusieurs mois avant les faits analogues dont l'auteur italien donna la relation en novembre 1882 dans les Archives de Virchow. Pour couper court à ces questions de priorité, je publie en tête de ce volume la liste chronologique de mes nombreuses communications sur Tanatomie normale et pathologique du sang.

On verra qu'une bonne partie de ces travaux se rapporte précisément à l'histoire des hématoblastes.

Mon attention s'est trouvée captivée par l'étude de ces nouveaux éléments parce que, indépendamment du rôle intéressant qu'ils jouent dans la coagulation du sang et dans la formation des diverses espèces de concrétions sanguines, ils représentent des globules rouges rudimentaires.

Sur ce dernier point fort important, l'opinion que j'ai cherché à faire prévaloir n'a encore été acceptée que par un petit nombre d'histologistes. L'ouvrage actuel contribuera, je l'espère, à convaincre nombre d'indécis en leur fournissant, sous une forme concrète, une longue série de preuves empruntées à l'expérimentation et à la clinique.

Au moment où, il y a quatre ans déjà, je pris la plume pour

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en commencer la rédaction, j'eus un instant l'idée de tracer un résumé de nos connaissances actuelles sur l'anatomie normale et pathologique du sang, en tenant compte des travaux parus dans ces dernières années. Je ne tardai pas à abandonner ce projet d'œuvre synthétique.

En présence des nombreux matériaux que j'avais accumulés, je dus me contenter de faire connaître uniquement mes propresj recherches.

Le livre que je soumets aujourd'hui au public médical est donc, malgré son étendue, une sorte de long mémoire original. J'ai même dû négliger tout historique, toute discussion d'opinions. Je ne suis sorti de cette réserve que dans certains chapitres où mes travaux ont pu venir prendre place dans un cadre en quelque sorte plus didactique, soit dans ceux qui sont consacrés à la coagulation du sang, à la chlorose et à l'anémie pernicieuse progressive.

Que le lecteur ne confonde donc pas ce volume avec un traité d'hématologie. Il y trouverait un bon nombre de lacunes que je suis le premier à déplorer; qu'il veuille bien prendre uniquement en considération les questions qui y sont abordées. Elles sont rangées dans un ordre méthodique et gravitent presque toutes autour d'une question essentielle qui m'a paru dominer l'histoire des altérations anatomiques du sang, celle de l'évolution des éléments et particulièrement des globules rouges.

Après avoir consacré plusieurs chapitres à la technique de l'examen du sang et à l'étude de divers points de l'anatomie et de la physiologie de ce liquide, j'ai réservé une place considérable à la partie médicale proprement dite : l'anatomie pathologique et la pathologie.

Ce sont ces dernières parties qui me paraissent être les plus riches en documents nouveaux, les précédentes reproduisant surtout des travaux antérieurement publiés.

La pathologie comprend les maladies du système hémalopoiétique et les troubles del'hématopoièse dans les maladies.

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