XIV PREFACE
cule du sang, qui n'était autre que l'élément auquel j'avais donné le nom d'hématoblaste.
Je n'ai pas d'ailleurs la prétention d'avoir vu le premier les hématoblastes.
Ce que je revendique, c'est d'avoir montré que ces petits corpuscules, aperçus par divers observateurs dans le sang des animaux supérieurs et considérés par eux comme de simples particules protoplasmiques ou fibrineuses, représentent un véritable élément anatomique, faisant partie de la constitution normale du sang ; que cet élément existe dans toute la série des vertébrés, et que les corpuscules petits, et sans noyau visible du sang des animaux supérieurs, correspondent, dans celui des ovipares à hématies nucléées, à un élément relativement volumineux et pourvu d'un noyau, c'est-à-dire à une cellule indubitable.
Cette vue générale, déduite de l'anatomie comparée du sang, me paraît représenter le résultat essentiel de mes recherches. Elle a échappé à l'auteur italien qui, en prétendant faire table rase de mes observations, s'est borné à étudier les hématoblastes du sang des vivipares et à leur infliger le nom de plaquettes, pour bien montrer qu'il n'en fait pas de véritables éléments.
Au lieu de faire progresser cette partie de l'histoire du sang, cet histologiste est tout simplement revenu aux errements antérieurs.
Ma démonstration de l'identité des hématoblastes dans les deux espèces de sang des vertébrés repose à la fois sur des faits anatomiques et sur des considérations physiologiques. Que les hématoblastes soient corpusculaires ou nucléés, ils jouent le même rôle dans la coagulation du sang complet. J'ai fait voir, entre autres faits, que le centre des rosaces du sang pur de grenouille, étalé en lame mince, n'est pas formé par des globules blancs, mais bien par des hématoblastes, et que, chez tous les vertébrés, la part attribuée par Schmidt aux globules blancs, dans la formation du caillot, revient à ces corpuscules.