MALADIES DU SYSTÈME HÉMATOPOIÉTIQUE
unes des grandes infections générales de l'organisme. Mais la classe des maladies infectieuses est trop naturelle pour qu'on cherche à en détourner un certain nombre de types au bénéfice de divisions nosologiques plus artificielles. On doit décrire les infections d'après leur pathogénie, sans se préoccuper de l'habitat principal des germes morbides, car on s'exposerait ainsi aies disséminer comme autrefois à travers toute la pathologie.
En écartant de notre sujet d'étude les maladies infectieuses, il ne reste plus au nombre des maladies du sang que les anémies et les toxémies.
Les toxémies sont des maladies artificielles entrant dans la classe des empoisonnements. Leur place dans les cadres nosologiques est tout indiquée. Il n'en est pas de même des anémies.
Nous connaissons l'anémie comme lésion, nous savons que cette lésion résulte d'une modification plus ou moins profonde dans la formation et l'évolution des éléments du sang. Si donc nous voulons bien comprendre les anémies, nous ne devons pas considérer le sang isolément et indépendamment des différentes parties du corps qui ont une influence constante et directe sur sa constitution anatomique.
Le sang est la partie la moins stable d'un vaste système organique fermé de toutes parts, qui traverse sur son parcours de nombreux organes où ses éléments subissent une évolution formatrice ou régressive.
Les maladies caractérisées essentiellement par un trouble dans l'évolution des éléments du sang ne peuvent donc être considérées que comme des maladies de ce système, c'est-à-dire du système hématopoiétique. Sous ce nom on comprend à la fois le sang lui-même, l'aire vasculaire dont les fluctuations ont des rapports étroits avec celles de la masse sanguine et toute la série des organes dits hématopoiétiques. On remarquera que parmi ceux-ci il faut compter les ganglions et les organes lymphatiques et que par suite, le système chylopoiétique et lymphatique forme une annexe complémentaire du système hématopoiétique proprement dit.
Le sang allant puiser dans les poumons l'oxygène de l'air indispensable à la constitution de l'oxyhémoglobine globulaire, on devrait également comprendre comme une annexe de ce même grand système organique, l'appareil hématosique du sang. Les
anémies dites primitives ou spontanées ne peuvent se concevoir que comme la conséquence de lésions ou perturbations fonctionnelles de ce vaste complexus organique.
Dans tout un groupe d'entre elles, on ne trouve pas de lésions bien définies des différentes parties de ce système. L'altération du sang, bien qu'elle ne soit qu'une conséquence, est la seule altération bien déterminée. De là les anémies dites essentielles, il vaudrait mieux dire protopathiques. Nous verrons, cependant, que bien souvent on peut affirmer que dans les anémies il y a des modifications sensibles du système hématopoiétique et non pas seulement de simples troubles fonctionnels.
Nous aurons donc à décrire, en réalité, les maladies du système hématopoiétique.
Nous les diviserons de la manière suivante :
1° Maladies par troubles de l'hématopoièse, caractérisées essentiellement par l'anémie. — Anémies protopathiques.
2° Anémie par pertes de sang ou post-hémorragique.
3° Maladies résultant d'une lésion hyperplasique ou néoplasique des organes hématopoiétiques. — Pseudo-leucémie et leucémie.
4° Toxémies.
Enfin, pour compléter cette étude pathologique, nous donnerons un résumé de nos recherches sur les troubles de l'hématopoièse liés aux maladies les plus importantes.
5° Altérations de l'hématopoièse dans les maladies (anémies symptomatiques).