‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 117 sur 165 · CM CM · texte numérisé non relu

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10 nov. — Pouls 108. Traitement. — Enveloppement dans le drap mouillé tous les matins pendant deux minutes.

18 nov. — L'état général est meilleur.

L'appétit est bon. La malade demande à se lever. — Traitement. Une douche froide chaque matin.

19 nov. — Poids, 96 livres. Il était de 110 livres il y a deux mois.

20 nov. — Le sulfate de quinine est suspendu.

22 nov. — La température oscille autour de 38°. D. réclame deux portions.

26 nov. — Mêmes températures. D.

mange quatre portions.

4 déc. — Depuis le 1er décembre la température est presque normale. On continue les douches, qui sont supportées sans trop de fatigue.

6 déc. — La température oscille de nouveau autour de 38°.

20 déc. — L'état général est très satisfaisant. L'appétit est bon. Les couleurs <* et les forces reviennent. La température ~ se maintient toujours autour de 38°.

•|f 30 déc, matin. — Inappétence, malaise, rougeur de la face. Temp. 38°6.

Examiné dans le liquide A, le sang montre de grands et nombreux amas de globules rouges.

31 déc, matin. — S'étant levée pour se rendre au laboratoire la malade a perdu connaissance.

3 janvier. — La température est normale.

13 janv. — L'appétit renaît. D. peut se rendre à la douche, et se lever un quart d'heure dans la journée.

1er février. — D. se lève toute la journée. Ses forces sont revenues. Les règles supprimées depuis neuf mois ont réapparu, et ont duré quatre jours.

12 fév. — Poids 117 1/2 kil.

13 féx). — D. sort sur sa demande. Le jour de sa sortie, elle se plaint encore de battements de cœur qui apparaissent surtout quand elle monte les escaliers. A la pointe du cœur l'auscultation dénote l'existence d'un souffle systolique plus

intense qu'à la base. Les vaisseaux du cou font entendre un très léger murmure continu avec redoublement.

Tableau représentant l'état anatomique du sang.

DATES

9 novembre 1880

7 décembre — ....

7 janvier 1881

12 février — ....

18 mars —

Tableau de l'examen des urines.

DATES

10 novembre

3 décembre .

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:18 mars. — D. a quitté l'hôpital pour aller à la campagne servir comme bonne. Son travail est peu fatigant. Elle prend par jour 8 dragées Rabuteau. Ses forces sont revenues. Elle n'a pas eu de syncope depuis sa sortie de l'hôpital. Son visage et ses muqueuses sont plus colorés. Elle présente dans les vaisseaux du cou un murmure continu peu intense avec redoublement, et au cœur un souffle systolique manifeste à la fois à la pointe et à la base. Juillet 81. — La malade revient dans le service avec une rechute caractérisée, bien qu'elle ne soit pas aussi malade que la première fois. Elle sort au bout de quelques jours, améliorée par un traitement ferrugineux.

On remarquera que cette malade a été soumise à l'hydrothérapie seule pendant son premier séjour à l'hôpital. (J'étudiais à ce moment les effets de ce mode de traitement.) Le nombre des globules rouges a augmenté de 1 736 000, mais la richesse globulaire ne s'est accrue que de 1 193 000, et il a fallu, pour atteindre ce résultat, un peu plus de trois mois. Au contraire, au bout d'environ un mois de médication par le chlorure ferreux, bien que le nombre des globules n'ait augmenté que de 400 000, la richesse globulaire s'est élevée de plus d'un million par suite du perfectionnement des globules de nouvelle formation (élévation de la valeur de G de 0,53 à 0,70).

Obs. III. — G. A..., âgée de dix-neuf ans, employée des postes, entre le 27 octobre 1884, salle Grisolle, n° 18.

Antécédents. — Père bien portant. Mère dyspeptique, de santé générale bonne. Une sœur plus jeune actuellement bien portante, mais qui a eu une attaque de chlorose assez intense et à développement rapide à l'occasion de ses fiançailles.

Gourmes dans les cheveux pendant l'enfance. Jamais de maux d'yeux ni d'oreilles. Pas de ganglions. Rougeole à l'âge de dix ans ; aucune autre maladie. Réglée depuis l'âge de treize ans et demi, toujours régulièrement. Jamais de flueurs blanches.

La malade habite Montlignon avec ses parents. Elle mène une vie sédentaire, bien que très occupée. Elle est obligée de manger vite, surtout au second déjeuner et doit se mettre au travail immédiatement après ses repas.

Sa santé était pourtant restée satisfaisante jusque dans ces derniers temps. Son visage était normalement coloré, l'appétit était bon, les forces très suffisantes, le système nerveux peu excitable; les digestions étaient seulement un peu lentes et la constipation habituelle.

Début. — Il y a cinq semaines environ, revenant un soir de son travail avec sa sœur, elle fut apostrophée par des ouvriers ivres et rentra chez elle tremblante de frayeur. Elle avait eu ses règles quelques jours auparavant. Elle se remit assez bien de cette émotion et ne ressentit aucun malaise pendant les quinze jours qui suivirent. Elle paraît cependant avoir eu moins d'appétit et moins d'entrain. Il est probable aussi qu'elle se décolora.

Il y a trois semaines elle se sentit mal à l'aise toute la matinée, mangea

peu à son déjeuner, et fut prise, le soir, au moment du diner, d'une syncope qui se renouvela à trois reprises successives. Elle prit alors le lit et ne le quitta plus. Son teint avait pâli brusquement, les forces l'avaient abandonnée, l'appétit avait disparu. Elle put se nourrir encore de potages pendant deux ou trois jours, mais fut bientôt prise de vomissements incoercibles ; la moindre gorgée de liquide était rejetée. L'affaiblissement devint extrême. Bientôt la malade n'eut plus la force de respirer l'oxygène de l'appareil Limousin. L'alimentation était impossible. Une tentative de gavage détermina une grande attaque d'hystérie à la suite de laquelle la malade resta dans un état syncopal des plus graves. Le médecin qui lui donnait ses soins fut dans la plus grande inquiétude et me fit demander, croyant la transfusion nécessaire. Je décidai la famille de la malade à la faire entrer dans mon service.

État actuel (28 octobre 1884). — La malade a été vivement impressionnée par son entrée à l'hôpital.

Aujourd'hui elle est abattue et semble indifférente atout ce qui se passe autour d'elle. On a peine à la tirer de son engourdissement et à en obtenir des réponses satisfaisantes.

Sa faiblesse est extrême. Le moindre effort amène une coloration fugitive des pommettes. Elle est incapable de se retourner ou de s'asseoir dans son lit sans l'aide de l'infirmière. La position assise cause de l'étourdissement et une tendance à la syncope.

La face présente la teinte de la cire vieille. Les lèvres, les gencives, les conjonctives palpébrales sont complètement décolorées. Les téguments du reste du corps ont pris une coloration pâle jaunâtre, uniforme.

Il n'y a pas d'amaigrissement apparent. Toutefois la malade, si l'on en croit sa mère, a certainement perdu de son embonpoint depuis le début de l'affection.

L'appétit est nul. Le dégoût pour les aliments est absolu, mais la langue est bonne, les vomissements ont cessé. Il n'existe ni dilatation de l'estomac ni aucun phénomène gastralgique. Le ventre est libre. Légère tendance à la constipation. Pas de troubles de la sensibilité.

L'auscultation du cœur fait découvrir deux bruits de souffle systoliques peu intenses, localisés l'un à la pointe, l'autre à la base, au niveau de la troisième articulation chondro-sternale gauche.

A l'origine des jugulaires on trouve un frémissement cataire très prononcé, surtout à droite, et un bruit de souffle continu avec renforcement.

Le pouls est plein, rapide (120 pulsations à la minute). La température du corps prise dans le rectum est légèrement fébrile (voir la courbe thermique).

Tous les autres organes sont sains.

Il n'y a pas de toux; la respiration est normale.

Le foie, la rate, ne sont pas augmentés de volume.

Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine; la quantité d'urée éliminée est inférieure à la normale.

Traitement. — Repos le plus absolu. Bouillon. Lait. Viande crue. Je dis doucement à la malade que si elle refuse de manger, je serai obligé d'employer la sonde dont elle a peur.

Enveloppements froids d'une minute et demie matin et soir.

29 octobre. — Faiblesse toujours grande. Pas de syncope. L'anorexie persiste. La malade a repoussé la viande crue, mais a pris sans vomir du bouil-

Ion et du lait. Le pouls est rapide (136 pulsations à la minute). La malade a delà fièvre le soir (voir la courbe fig. 113).

31 octobre. — La malade prend un demi-litre de lait par jour, du bouillon et 40 grammes de viande crue.

On commence l 'administration du fer. — 40 centigrammes de protoxalate de fer tous les jours en deux fois avant les repas.

1er novembre. — L'appétit est toujours médiocre. La malade se force pour prendre sa viande crue. Elle se trouve cependant beaucoup mieux. Elle peut

Courbe de la température rectale.

Temp.

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