‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 123 sur 165 · MODE D'ACTION DU TRAITEMENT FERRUGINEUX · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION DU TRAITEMENT FERRUGINEUX

vasculaire ait achevé de se développer, que les fonctions concourant àriiématopoièse se soient régularisées et perfectionnées. .

Les premières indications thérapeutiques à remplir sont : 1° arrêter la déglobulisation ; 2° fournir à la réparation sanguine les matériaux qui lui sont nécessaires.

Nous avons établi que la réparation sanguine exige l'introduction dans l'organisme d'une quantité de fer supérieure au déficit à combler, le processus de destruction globulaire se poursuivant encore pendant les premiers temps du traitement, ainsi que le prouvent les variations numériques des hématies et les excrétions de pigments.

Lorsqu'on approche du moment où l'anémie guérit, la déglobulisation s'arrête. Ce résultat peut être la conséquence de la formation d'une hémoglobine plus résistante ou d'un arrêt du processus de destruction globulaire par suite d'une modification de la nutrition.

Ces deux mécanismes peuvent être en cause et concourir simultanément au même but.

La théorie indique donc que le rôle du fer est considérable dans la guérison de l'anémie chlorotique. Elle est d'accord avec l'expérience clinique qui nous donne la preuve directe de la valeur du fer, en nous permettant de constater les rapides succès obtenus à l'aide de ce médicament.

A ces preuves, viennent s'en ajouter d'indirectes, tirées des insuccès relatifs fournis par les autres médications.

Un grand nombre de médecins ou de physiologistes pensent que les aliments introduisent dans l'organisme une quantité largement suffisante de fer, quelques-uns soutiennent même que ce fer est le seul qui soit absorbé et puisse servir à la rénovation du sang. D'ailleurs, à la suite des hémorrhagies abondantes, la rénovation sanguine peut s'effectuer sans l'intervention du fer médicamenteux. Il paraît donc logique, au premier abord, de penser qu'en excitant l'appétit et le mouvement général de la nutrition, il doit être aisé de guérir la chlorose.

11 faut donc répéter encore que cette maladie n'est pas comparable à l'anémie simple post-hémorragique.

Chez un individu d'ailleurs bien portant, une perte de sang considérable peut d'un seul coup produire un appauvrissement du sang en fer aussi notable que celui de la chlorose moyenne ou

intense. Mais cet organisme primitivement sain possède probablement une réserve d'hémoglobine, c'est-à-dire de fer, et a conservé intact le mécanisme complexe présidant à la rénovation du sang. Ce n'est pas tout, chez l'individu qui vient de subir une hémorragie, toutes les hématies nouvelles sont persistantes et concourent efficacement à la réparation de la perte ; elles ne sont pas supprimées avant l'achèvement de leur évolution par une déglobulisation exagérée.

Les conditions sont bien différentes dans la chlorose, puisqu'ici, sans qu'il y ait eu perte de sang, l'anémie a pu se produire par destruction globulaire ; la réserve hémoglobique est épuisée, le pouvoir de former des globules complètement développés et résistants est affaibli et souvent, à ces conditions, vient s'ajouter une absorption insuffisante du fer alimentaire, par suite de l'alanguissement des fonctions digestives.

Il en résulte que les moyens capables de stimuler les fonctions digestives et de provoquer l'absorption d'une proportion plus grande de fer alimentaire sont incontestablement utiles dans la chlorose, mais insuffisants.

J'ai essayé successivement les inhalations d'oxygène qui augmentent l'appétit et facilitent les digestions, l'acide chlorhydrique qui réussit parfois encore mieux à soulager la dyspepsie, et grâce à ces moyens j'ai pu faire absorber aux chlorotiques une grande quantité d'aliments réparateurs et riches en fer.

Dans tous les cas j'ai obtenu une amélioration plus ou moins notable dans l'état des malades, amélioration plus lente à se produire qu'avec le fer, mais je n'ai pas réussi à obtenir une véritable guérison. Nous avons précédemment décrit deux phases de réparation sanguine pendant la cure. Il suffit de dire, pour bien faire comprendre le résultat produit par le régime alimentaire intensif, que ce régime n'a pas été capable de faire entrer le sang dans la seconde phase.

Les expériences que j'ai faites avec mon excellent collègue M. Regnauld, en 1877, ont démontré, de plus, qu'une préparation ferrugineuse inassimilable par l'organisme, le ferrocyanure de potassium, ne facilite en rien la réparation sanguine (1).

Enfin mes recherches sur le protochlorure de manganèse, sur

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