CHLORE
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Acide.
Alcaline.
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Acide.
Alcaline.
Acide.
Alcaline.
Acide.
Obs. III. — P. D..., âgé de vingt-cinq ans, journalier, entre le 9 avril 1880 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Louis, n° 21.
C'est un grand garçon assez robuste. Né en Italie, à Bologne, il a travaillé à la terre, aux environs de sa ville natale.
A Fàge de treize ans, il a été atteint de fièvres intermittentes qui ont duré trois mois. Depuis ce moment, il ne se souvient pas d'avoir éprouvé aucun malaise. Il y a neuf mois, ce jeune homme vint à Paris pour trouver une occupation plus lucrative ; il fut admis à travailler dans une raffinerie où il ne gagna qu'un modeste salaire, tout juste suffisant pour son logement et sa nourriture. Aussi devait-il se contenter de manger de la viande une seule fois par semaine, et le reste du temps des légumes secs, du fromage, des pâtes, de la soupe ; il buvait peu de vin. Il habitait une petite chambre mal aérée dans une petite rue du quartier Saint-Antoine.
Malgré ce régime insuffisant, il n'a pas payé son tribut aux froids rigoureux de l'hiver, et a pu continuer son travail. C'est seulement depuis quelques jours qu'il a dû cesser de se rendre à l'atelier.
Il a éprouvé d'abord quelque gêne dans la marche et a remarqué du gonflement des pieds; la station debout provoquait de légères douleurs. Dans le courant de la semaine dernière, il a saigné deux fois du nez; l'appétit n'a pas diminué ; il n'y a eu ni frisson, ni fièvre, ni céphalalgie.
Au moment de son entrée, outre la teinte pâle de la face, des téguments en général et des muqueuses oculaires, nous constatons deux choses : des symptômes buccaux et des phénomènes d'infiltration sanguine à peu près localisés aux membres inférieurs.
Les gencives sont gonflées sur toute leur étendue et forment un bourrelet vineux, violacé, qui couvre en partie les dents et qui, au fond de la bouche, tend à dépasser le bord des molaires ; cependant les dents sont saines, bien plantées et ne se laissent pas ébranler. Cet état des gencives s'accompagne de fétidité de l'haleine. La langue est un peu blanche ; léger embarras gastrique. Pouls, 96 pulsations. Pas de fièvre.
La jambe gauche est le siège d'une teinte ecchymotique générale; toute la partie antérieure est marbrée de violet jusqu'au genou. Il existe déplus deux plaques plus foncées, l'une à la parlie supéro-externe, l'autre au niveau de l'articulation tibio-tarsienne. Au-dessous de ces plaques et au dos du pied la peau est indurée, on y remarque une sorte de sclérème, un œdème dur qui nécessite une pression du doigt assez énergique quand on veut y laisser une empreinte.
A droite nous constatons un œdème analogue, peut-être un peu moins dur du dos du pied et de la partie inférieure de la jambe avec une ecchymose recouvrant ces parties. De plus nous trouvons à la face interne du tibia droit, non loin de la lubérosité antérieure, une bosse qui adhère intimement au squelette et qui paraît constituée par une infiltration sanguine du périoste tibial. Le malade attribue cette bosse à un coup qu'il aurait reçu en cet endroit (?). Sur le trajet de la saphène interne à la moitié supérieure de la jambe, existe un cordon arrondi, dur et résistant, constitué par la veine oblitérée, et remontant jusqu'au-dessus du genou.
La face inféro-externe du bras gauche présente une ecchymose analogue à celle des membres inférieurs avec un piqueté lie de vin. L'anémie de la peau et des muqueuses s'accompagne de signes vasculaires.
M. Hayem trouve à la base du cœur, au niveau du deuxième espace intercostal gauche, un souffle doux; rien à la pointe; dans la jugulaire interne un bruit de rouet avec renforcement; un souffle diastolique dans la sousclavière.
Le diagnostic n'est pas douteux : il s'agit évidemment d'un cas de scorbut bénin.
Traitement :
Limonade tartrique.
Vin de quinquina.
3 portions.
11 avril. — Les gencives ne sont le siège d'aucune douleur et la mastication n'est pas entravée; en les pressant avec le doigt le malade provoque une légère hémorragie.
. { Acide chlorhydrique 5 grammes.
LiOllutoire avec < ,,,. -, __
( Miel 60 —
Le malade garde le lit, il se plaint de douleurs dans les membres inférieurs. Même état de ces parties.
12 avril. — Légère traînée rougeâtre le long de la veine oblitérée, mais sans engorgement des ganglions inguinaux. P. 68. Pas de frissons.
L'appétit est satisfaisant, les digestions faciles. Pas d'insomnie.
13 avril. — Même état des membres inférieurs. Le patient y accuse des picotements et ne descend pas du lit. P. 92.
15 avril. — Il demande un traitement pour ses jambes : compresses d'eau blanche.
18 avril. — L'œdème des pieds est moins dur, les ecchymoses pâlissent, sauf au bras. Les gencives sont également améliorées. Pas d'hémorragie nouvelle.
24 avril. — L'ecchymose du bras gauche a seule laissé à sa place une tache jaune persistante; les autres ecchymoses n'ont pas laissé de traces. Le malade commence à se lever pour aller aux cabinets, mais se plaint encore de quelques douleurs au niveau des tendons péroniers à droite.
Les gencives sont moins gonflées, elles ont une coloration rosée presque normale. L'état général est toujours satisfaisant; un peu de constipation. P. 68.
25 avril, — Le malade est pris le soir de frissons, de céphalalgie, de malaise. Langue blanche. P. 96. Léger mouvement de fièvre.
26 avril. — Température du matin 38°, 8. Nous constatons au niveau des ecchymoses primitives des phénomènes inflammatoires ; la peau y est rouge, tendue, douloureuse au toucher, plus chaude à la main que les parties environnantes. Il y a une tendance évidente à la suppuration dans les foyers sanguins. La plaque du bras gauche a les dimensions d'une pièce de 5 francs, elle est le siège d'un gonflement assez net. Celle de la région supéro-externe de la jambe gauche est ovale et d'une longueur de 8 centimètres; elle présente les mêmes caractères. Au tiers inférieur et externe de la jambe droite la plaque est rouge sans gonflement. Frictions avec onguent mercuriel belladone. Cataplasmes.
Soir. — Température 38°, 4. Des plaques analogues ont apparu depuis la visite du matin au dos du pied gauche, à la partie antéro-inférieure de la jambe
du même côté, au dos du pied droit et au-dessus de la malléole interne. Encore un peu de malaise, inappétence. P. 108. Le malade reste au lit. La température est redevenue normale.
27 avril. — La plaque supérieure gauche s'est un peu élargie, mais s'est affaissée et a pâli. La jambe droite est encore rouge et douloureuse aux points mentionnés.
Au bras la rougeur a disparu, mais le bord externe du biceps présente un peu d'induration.
28 avril. — La tendance à la suppuration a déjà cédé sur tous les points. L'appétit est revenu. Cependant le dos des pieds est encore un peu tuméfié, il existe encore quelques douleurs.
30 avril. — Le malade ne marche pas sans difficulté.
2 mai. — Il accuse des douleurs au niveau de la malléole externe droite, et nous trouvons là un peu de rougeur. Léger gonflement du dos des pieds, mais la rougeur et l'endolorissement n'existent qu'à gauche. Le malade continue quelques frictions. Il descend au jardin pour la première fois.
6 mai. — La guérison paraissait définitive, quand nous avons vu à droite l'érylhème se reproduire à la jambe et au dos du pied avec gonflement et oedème de cette dernière région et de la malléole externe.
Le cordon veineux a disparu maintenant, il en est de même de la bosse périostique notée au début de l'observation.
7 mai. — La plaque érythémateuse s'est un peu élargie. Cependant le malade se lève, marche sans peine. Il parle de reprendre son travail.
10 mai. — L'œdème persiste sur le dos du pied droit.
14 mai. — Cette même région se recouvre d'une tache érythémateuse.
16 mai. — Les symptômes inflammatoires ont disparu pour ne plus revenir.
20 mai. — Le malade est guéri. Ses gencives ont repris leur aspect normal.
Son poids est de 143 livres, 300 gr., il a gagné 8 livres 300 gr. depuis le moment de son entrée.
11 quitte l'hôpital.
Résultats numériques des examens du sang.
DATES
11 avril 1880
2 mai 1880
10 avril 1880. — Sang pur. — Les globules rouges forment de grands amas compacts qui circonscrivent des lacs. Augmentation apparente des globules blancs. Rares amas hématoblastiques. Réliculum fibrineux n° 2.
G. H.vyeai. — Du Sang. 02
Examens des urines faits par M. Féry.
DATES
10 avril