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CHAPITRE IV

L'examen du sang au spectroscope fournit, dans nombre de cas, des résultats intéressants. Comme il est facile de le prati-

(1) Pour éviter complètement ce défaut des procédés chromométriques, il faudrait se servir de lumière artificielle. Je n'ai pas voulu faire cette modification qui. en compliquant l'outillage, aurait fait perdre au procédé son caractère de grande simplicité.

(2) Voir, pour les détails, XXXIX.

G. Hayem. — Du Sang. 4

quer à l'aide de quelques gouttes de sang , il ne devrait pas être négligé par les médecins. Il existe d'ailleurs dans le commerce des spectroscopes à vision directe, simples et peu coûteux, qui sont de véritables instruments cliniques. Je m'en sers constamment pour l'étude du sérum et de l'urine, où l'on a plus souvent l'occasion de trouver des matières colorantes anomales que dans le sang. Mais depuis qu'on emploie un grand nombre de médicaments capables d'altérer le sang, il est indispensable de l'avoir sous la main pour l'examen du sang lui-même (1).

Cet examen se fait habituellement à l'aide d'une dilution sanguine introduite dans une petite cuve prismatique, ce qui permet de faire varier l'épaisseur du mélange traversé par la source lumineuse. Cette cuve nécessite un support spécial placé à une certaine distance de la fente du spectroscope ; elle ne peut guère être employée que dans les laboratoires. A l'hôpital ou dans le cours d'expériences réclamant des examens multiples , on peut simplement mettre le mélange sanguin dans un tube à essai.

On examinera d'abord une solution très colorée, car certaines transformations incomplètes de l'hémoglobine ne sont appréciables que dans les dilutions relativement foncées. C'est ce qui a lieu notamment au début de la formation de laméthémoglobine dans le sang : les dilutions étendues ne donnent aucune réaction spectrale; il faut que le mélange sanguin soit très coloré pour que de faibles traces de méthémoglobine deviennent sensibles.

Dans certains cas, avant de conclure, on devra conserver pendant plusieurs heures dans un endroit frais la dilution sanguine, certaines modifications de l'hémoglobine ne devenant appréciables qu'au bout d'un certain temps de contact avec le corps capable de transformer cette substance. Lorsque, par exemple, on examine le sang d'un malade ayant pris un médicament capable de produire de la méthémoglobine, il arrive souvent que l'examen du sang dissous ne donne aucune réaction spectrale, tandis que le lendemain on constate, dans la solution sanguine conservée, la présence d'une quantité fort appréciable de méthémoglobine.

On en conclura qu'il existait dans le plasma sanguin un corps pouvant produire de laméthémoglobine; mais que cette matière n'avait pas encore attaqué le globule rouge et n'avait eu d'action

(1) Voir plus loin le chapitre des Altérations qualitatives de l'hémoglobine.

EXAMEN SPECTROSCOPIQUE DU SANG. 5i

qu'après un contact prolongé avec l'hémoglobine dissoute et diluée. Cette constatation est importante dans l'étude des médicaments producteurs de méthémoglobine.

Lorsqu'on conservera un mélange de sang et d'eau, on aura soin de ne pas attendre un commencement de putréfaction, car au début de la putréfaction il se forme de la méthémoglobine et le sang normal donne, dans ces conditions, une réaction spectrale qui pourrait être imputée à une autre cause.

Nous verrons plus tard que certains agents toxiques n'agissent pas sur les globules rouges de la même manière que sur l'hémoglobine dissoute, il importe donc de pratiquer à la fois l'examen spectroscopique du sang pur et du sang dilué.

Pour examiner le sang pur, on prend deux tubes à essai pouvant rentrer l'un dans l'autre en ne laissant entre leurs parois qu'un faible espace capillaire.

Le tube intérieur doit être un peu plus long que l'extérieur de manière à ce qu'on puisse saisir facilement Fun et l'autre. En mettant quelques gouttes de sang au fond du premier tube, l'introduction du second procure une couche de sang assez mince et étendue pour être soumise à l'examen; les tubes n'étant jamais parfaitement calibrés, cette couche est loin d'être uniforme, et l'on peut examiner ainsi le sang sous des épaisseurs variables. Mon ami, M. Hénocque, a imaginé un petit instrument qui permet d'agir d'une manière plus régulière. En superposant deux lames de verre séparées à une seule de leurs extrémités par une bande de verre mince ayant une épaisseur de 30^, il obtient un espace prismatique qui permet d'observer une couche de sang sous des épaisseurs variables et progressives depuis 0 jusqu'à 30 millièmes de millimètre (1).

Le spectroscope peut encore servir à faire le dosage de l'hémoglobine. Je ne ferai que signaler cet usage, n'ayant pas fait de recherches spéciales sur ce sujet. Les procédés de Preyer, de Vierordt, d'Humer, etc., exigent, soit une trop grande quantité de sang, soit des instruments coûteux et trop compliqués pour des médecins. Le plus récent, celui de M. Hénocque, est au contraire d'une grande simplicité, mais je ne saurais dire jusqu'à quel point il est

(1) À. Hénocque, Héinatoscope pour i'cxamen spectroscopique du sang non dilué (Comptes rendus de la Société de biologie, 8e série, t. II, p. 12, n°l, 11 janvier 1885) — Notice sur l'hématoscope d'Hénocque (Paris, Masson, 1886).

rigoureux. Pour les reherches de laboratoire on donnera la préférence au spectro-photomètre d'Hùfner.

Longueurs d'onde.

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CO t> CJ CD CD Cj3 1.1,1,1

CD CO cO CD CC CD lo

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Millimètres.

Eig. 15.

I. Spectre de l'hémoglobine réduite. — II. Spectre de l'oxyliémoglobine.

Je reproduis ici (fig\ 15) les spectres bien connus de l'oxyliémoglobine et de l'hémoglobine réduite. Ils nous serviront plus tard de termes de comparaison.

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