‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 36 sur 165 · SANG DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

SANG DES MAMMIFÈRES

un peu plus grosses que chez l'homme est l'unau; mais on verra dans le tableau résumant mes observations numériques que mes recherches ont porté sur un nombre restreint d'espèces. On trouvera à cet égard des renseignements beaucoup plus nombreux dans Gulliver (1).

B. Hématoblastes. — Les hématoblastes présentent, comme les hématies, les mêmes caractères généraux chez tous les mammifères. Mais ils sont presque toujours plus difficiles à étudier que chez l'homme, à cause de la rapidité extrême avec laquelle ils s'altèrent. A cet égard j'ai fait une remarque que j'aurai l'occasion de rappeler à propos de l'étude du processus de coagulation, à savoir que cette vulnérabilité variable des hématoblastes est en raison directe de la coagulabilité du sang-. Ainsi, tandis qu'il est très difficile de fixer convenablement dans leurs formes les hématoblastes du sang- très coagulable du chien, il est aisé au contraire d'obtenir de bonnes préparations en se servant du sang de cheval qui se coagule, on le sait, avec une lenteur exceptionnelle. De même l'abaissement de la température extérieure retardant les modifications des hématoblastes en même temps qu'elle ralentit la coagulation, les préparations de ces éléments sont plus faciles à exécuter en hiver qu'en été lorsqu'on se sert des animaux de laboratoire (chien, lapin, chat, cochon d'Inde) dont le sang se coagule très rapidement.

Dans les préparations faites avec le sang1 de ces derniers animaux et le sérum iodé, un grand nombre d'hématoblastes sont déformés, étirés en pointe; d'autres sont vésiculeux, d'autres encore réduits à un stroma plissé, difficile à apercevoir. Il en est de même, mais à un moindre degré, lorsqu'on emploie une solution d'acide osmique.

Si l'on veut acquérir une idée exacte de la forme de ces éléments, il faut que la préparation soit exécutée avec une extrême rapidité et qu'à peine sorti des vaisseaux le sang* soit recueilli dans le liquide destiné à en fixer les éléments. En prenant ces précautions, les hématoblastes de ces animaux se montrent comme ceux de l'homme sous la forme de petits corpuscules, faiblement réfringents, arrondis ou légèrement crénelés et l'on en

(1) G. Gulliver, Observations on the sizes and shapes of the red corpuscles of the blood of vertebrates, etc. {Proceedings of the Zoologie al Society of London, 15 janvier, 187.r»).

peut conclure que la plupart des éléments irréguliers, déformés, pédicules sont des corpuscules ayant déjà subi l'action modificatrice des agents extérieurs.

Un des meilleurs procédés pour faire cette étude est d'exécuter, comme pour le sang humain, des préparations sèches. Elles sont beaucoup plus difficiles à réussir avec le sang des animaux de laboratoire qu'avec celui du cheval ou de l'homme.

Cependant avec un peu d'habitude on parvient à obtenir des préparations dans lesquelles la plupart des hématoblastes sont fixés convenablement et ressemblent à ceux qui ont déjà été décrits dans le sang de l'homme.

Dans le sang pur, préparé en couche mince, les hématoblastes sont disséminés comme chez l'homme dans les mers plasmatiques, et disposés sous la forme de petits amas qui s'altèrent rapidement et prennent l'aspect de plaques granuleuses à prolongements multiples d'où partent les filaments de fibrine.

Le diamètre des hématoblastes est, en général, en rapport avec celui des globules rouges adultes. Il varie, comme chez l'homme, du tiers à la moitié de celui des hématies. Cependant il y aurait lieu à cet égard de multiplier les observations. J'ai trouvé, en effet, que chez le chat et particulièrement le chat nouveau-né, les hématoblastes sont plus grands qu'à l'ordinaire et atteignent presque le diamètre des petits globules rouges (1). Dans le sang pur ils se présentent sous la forme d'éléments, d'abord ovoïdes et lisses, puis rapidement épineux et hérissés de petites pointes courtes et très fines. Les uns sont nettement colorés en jaune, d'autres paraissent complètement incolores, d'autres encore sont grisâtres, d'un aspect céroïde, chatoyant, particulier. Presque tous se réunissent pour former des amas, souvent très étendus, qui ne tardent pas à se confondre en une masse commune, mais non homogène, à reflets jaunâtres, à bords très irréguliers, d'abord curvilignes, puis anguleux (fig. 34, B).

Au bout de quelques heures, ces amas encore colorés forment une masse plus homogène, criblée de vésicules ou vacuoles relativement volumineuses.

La dessiccation rapide permet d'obtenir des éléments très nets, parfois légèrement colorés sur le bord, mais presque toujours crénelés. Ils contiennent dans leur partie centrale plusieurs gra-

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