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SANG DES MAMMIFÈRES

nulations brillantes dont une a l'apparence d'un nucéole. À côté de ces corpuscules que la dessiccation a saisis avant toute modification notable, on trouve des hématoblastes déjà légèrement altérés et groupés en amas, dans lesquels les éléments restent distincts et sont ovoïdes, riziformes, d'une coloration jaune verdâtre et d'un aspect chatoyant particulier.

Entre les hématoblastes et les globules rouges adultes, il existe

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Fig. 34. — Sang du chat nouveau-né.

A, portion d'une préparation de sang pur pendant les premières minutes de l'examen. Entre les piles de globules rouges on voit de nombreux hématoblastes presque tous groupés en amas. Dans le plasma nagent de nombreuses et fines particules graisseuses ; B, amas d'hématoblastes creusé de vacuoles dans une préparation faite depuis vingt-quatre heures; C, globules rouges, hématoblastes et granulations graisseuses dans une préparation faite avec du sérum iodé; D, globules rouges et hématoblastes dans le sang desséché.

dans le sang des animaux, comme dans le sang humain, des formes intermédiaires. On les trouvera surtout chez les jeunes mammifères et dans le sang du cochon d'Inde.

Je n'ai rien de particulier à signaler touchant les modifications rapides que subissent les hématoblastes pendantla coagulation du sang. Les propriétés physiologiques de ces éléments sont, en effet, exactement les mêmes clans toute la classe des mammifères. Ainsi, dans le sang pur, quand ils sont groupés en amas, on voit bientôt se former clans ces agrégats d'éléments deux zones, l'une centrale, composée d'hématoblastes rétractés, pressés les uns contre les autres et paraissant par suite grossièrement granuleuse,

l'autre périphérique, translucide, formée par la matière exsudée par les hématoblastes (fig. 28, b,b).

Plus tard, pendant que cette matière translucide paraît se dissoudre dans le plasma, les hématoblastes continuent à s'altérer et forment alors une masse commune, iinement granuleuse, souvent légèrement jaunâtre ou verdâtre, qui contient de petits corpuscules réfringents et des vacuoles plus ou moins nombreuses. De ces masses anguleuses, irrégulières, partent comme chez l'homme de petits filaments de fibrine qui se perdent à une petite distance de l'amas. Ils représentent les principaux tractus d'un réseau qu'on peut faire apparaître complètement par le procédé qui a été décrit p. 20.

Cette préparation est, en général, d'une exécution plus difficile qu'avec le sang humain, ce qui tient à ce que le réseau filamenleux est en général, chez les animaux de nos laboratoires, très délicat et très fin.

§ 2. — Vertébrés a globules rouges nucléés.

A. Hématies. — Les globules rouges elliptiques et à noyau des vertébrés ovipares, tant à sang chaud qu'à sang froid, sont des éléments aujourd'hui bien connus. Je n'insisterai donc pas sur leur description; je me bornerai à rapporter sommairement les observations que j'ai faites sur les détails les plus importants de leur strructure.

Les discussions ont surtout porté sur l'enveloppe externe et sur le stroma.

Quand les hématies nucléées, qui en général sont beaucoup plus volumineuses que celles des mammifères, ont été débarrassées de leur hémoglobine, puis colorées par riiématoxylinc ou la fuchsine, l'enveloppe extérieure que limite le corpuscule est notablement plus épaisse que celle des hématies non nucléées. Dans les préparations de sang des animaux à globules très volumineux, on peut voir cette enveloppe faire de véritables plis, ainsi que j'ai pu m'en assurer sur des préparations de sang desséché de YampJiiuma means dont les hématies ont des dimensions colossales.

Doit-on en conclure que les globules rouges nucléés présentent une véritable membrane cellulaire?

La plupart des histologistes ont répondu à cette question par

la négative. Et, en effet, il serait absolument impossible d'expliquer la manière dont se comportent ces éléments sous l'influence des agents physiques et chimiques s'il régnait autour d'eux une véritable enveloppe.

Ce sont les recherches de Max Schultze et de Preyer sur la segmentation et la fragmentation des globules rouges qui ont fourni les premiers arguments, et peut-être les plus décisifs, contre l'ancienne manière de voir.

Pour étudier ces phénomènes sur les animaux à sang froid, on emploie le sang du triton ou de la grenouille, que l'on porte dans la chambre humide à une température d'environ 35°.

Les globules rouges elliptiques et à noyau de ce sang ne tardent pas à présenter des altérations de formes curieuses qu'on rattache à deux types. Tantôt le corpuscule prend lentement et peu à peu une forme plus allongée; la partie centrale s'amincit, semble s'étrangler, et il en résulte une séparation du corpuscule en deux portions arrondies, dont l'une, plus large, contient le noyau.

Tantôt il semble qu'une des extrémités de l'élément devienne seule le siège d'une sorte de fragmentation en plusieurs petits

Fig. 35.

globules arrondis, de sorte qu'on trouve bientôt des corpuscules du sang déformés traînant à leur suite une série de petits globules disposés en chapelet, qui restent unis ou se séparent complètement de l'élément. Devenus libres, ces petits globules peuvent de nouveau se réunir soit entre eux, soit aux corpuscules voisins. Il y a ainsi segmentation ou fragmentation du corpuscule en plusieurs globules avec ou sans reconstitution du type primitif.

La figure 35 montre divers exemples de ces modifications pris sur des globules rouges de triton à la température de 35 degrés.

Plus récemment M. 'Ranvier, après avoir traité du sang de gre-

nouille par une solution alcoolique au 1/3 de sulfate de rosaniline, remarqua que le noyau des globules rouges peut percer l'enveloppe rendue très distincte par ce procédé, sans laisser de déchirure visible. La membrane se referme derrière lui et reste continue (1). Malgré une épaisseur plus grande, en rapport d'ailleurs avec la taille des éléments, l'enveloppe des hématies nucléées se comporte donc comme celle des hématies des mammifères.

Elle se rapproche encore de cette dernière par la propriété de s'étirer en fils fins et fragiles, lorsque les globules adhèrent les uns aux autres ou à un corps étranger quelconque. Cependant elle est moins visqueuse et moins adhésive que celle des globules non nucléés ; d'où résulte que les globules rouges à noyau n'ont aucune tendance à former des amas analogues aux piles de monnaie ; ils restent bien distincts les uns des autres, et peuvent se rapprocher et se tasser sans se soucier plus ou moins fortement.

Le disque des globules rouges non nucléés se comporte, sous l'influence des réactife, de la même manière que le corps des globules rouges sans noyau. Il contient assez souvent une ou deux granulations claires qui paraissent être des vacuoles. La seule différence existant entre les hématies nucléées et les non nucléées consiste donc uniquement dans la présence d'un noyau très net et facile à démontrer dans les premières. Ce noyau se colore avec la plus grande facilité et présente en général, après l'action des réactifs colorants, un aspect assez fortement granuleux.

Il est presque toujours central, elliptique, à grand axe confondu avec celui de l'élément. Un grand nombre de réactifs lui font prendre un contour un peu sinueux, et lui donnent une apparence lobulée. M. Ranvier a montré que l'alcool au tiers, employé d'une manière progressive, le gonfle et y fait apparaître un ou deux nucléoles (2).

Cette particularité importante est parfois également visible après l'emploi d'autres réactifs, tels que le sérum iodé ou le liquide A.

Bien que j'aie fait un très grand nombre de préparations de sang de grenouille, je n'ai eu qu'une fois l'occasion de voir, chez

(1) Ranvier, Recherches sur les éléments du sang (Arch. de physiologie, 1875).

(2) Ranvier, loc. cit.

cet animal, un globule rouge à deux noyaux ; ces noyaux étaient juxtaposés dans le sens de la longueur et nucléoles. Chez le protée (P. anguinns), M. Ranvier a observé des globules rouges à deux noyaux.

Lorsqu'on traite le sang" de la grenouille par les réactifs qui éclaircissent progressivement le disque coloré sans détruire l'élément (le liquide B, par ex.), on voit parfois apparaître autour du noyau une atmosphère finement granuleuse en forme de fuseau, qui semble indiquer que la couche profonde et périnucléaire a conservé quelques-uns des caractères du protoplasma. D'autre part, lorsqu'on a fixé les hématies à l'aide d'un réactif coagulant, tel

Fig. 36. Fig. 37. — Globules rouges gondolés

de grenouille.

a, objectif rapproché ; b, objectif éloigné.

que le liquide À, et qu'on colore ensuite les éléments à l'aide d'éosine , on voit parfois aussi quelques granulations périnucléaires. Il existe donc probablement, au moins dans certains éléments, une légère différence entre la couche superficielle du disque et la couche profonde, moins complètement infiltrée de matière colorante.

Enfin, très souvent, dans les hématies en voie de dissolution, on aperçoit une sorte de tractus plus ou moins net et complet, partant de chaque pôle du noyau pour rejoindre le bord de l'hématie, dessinant ainsi l'axe de l'élément (fig-. 36).

Ce sont là les seuls détails de structure que j'aie pu reconnaître. Il m'a été impossible de rendre visibles les filaments décrits par divers auteurs, notamment par Fuchs et Kneuttinger. M. Ranvier a d'ailleurs démontré que ces prétendus filaments ne sont autres que les plis formés par le disque des hématies sous l'influence de certains réactifs endosmotiques. Cette apparence est due à un gondolement dont il est facile de se rendre compte, en éloignant et en rapprochant alternativement le foyer du microscope (fig. 37).

C'est en traitant les globules rouges nucléés des animaux inférieurs par l'acide borique à 2 p. 100 que Briïcke a obtenu la

séparation, à l'intérieur du globule lui-même, entre la matière qu'il a appelée ocoïcie, et celle qui retiendrait l'hémoglobine unie à une matière organisée à laquelle il donne le nom de zooïde. Après avoir répété la réaction de Briicke, je crois que la solution d'acide borique à 2 p. 100 est tout simplement un des réactifs capables de déterminer le gondolement du disque des hématies. Cependant la conception de cet auteur me paraît exacte, et je crois que l'hémoglobine est unie, comme dans les globules non nucléésdes animaux supérieurs, à une matière organisée, présentant dans certains cas une sorte de contractilité amœboïde.

En étudiant, en 1878, les éléments du sang du têtard dans du sérum iodé, je vis se produire à la surface de quelques-uns des corpuscules rouges à grains vitellins de petits prolongements agités d'une sorte de mouvement vermiculaire. Ces prolongements en doigt de gant ou en chapelet, au nombre de 2 à 3 jusqu'à une dizaine par corpuscule, après avoir acquis une certaine longueur, devenaient immobiles, s'épaississaient, puis se transformaient en vésicules colorés par de l'hémoglobine. En même temps, sur d'autres points du même élément ou sur d'autres éléments, ne portant pas de prolongements vermiculaires, on voyait apparaître à la surface du corpuscule de petites vésicules colorées, qui grossissaient peu à peu pendant que l'élément se décolorait. Plus tard, quelle que fût leur provenance, ces boules finissaient par disparaître après avoir diminué peu à peu de volume, parfois elles se détachaient de l'élément, et devenues libres se dissolvaient dans le liquide ambiant (fig. 38).

J'ai fait des observations analogues sur les globules rouges de la tortue [testudo qrœca), conservés dans du sérum iodé. Les éléments de cet animal sont plus vulnérables que ceux de la grenouille, et perdent plus facilement leur hémoglobine. Pendant les premières heures de l'action du sérum iodé, l'hémoglobine se condense habituellement sous forme de segments séparés par des lignes claires partant du noyau, puis on voit sortir de la surface des éléments des prolongements agités de mouvements vermiculaires, et présentant, nettement une coloration hémoglobique. D'autres éléments présentent seulement à leur surface des boules d'hémoglobine. En continuant l'examen de ces phénomènes curieux, on voit que pendant la décoloration progressive du corpuscule, quelques iilaments mobiles et quelques boules se déta-

client des corpuscules, et que, de plus, ces singuliers filaments continuent à être agités dans le liquide d'un mouvement vermiculaire plus ou moins actif. Gaule a fait de son côté, dans des conditions différentes, des observations analogues (1). Ces faits curieux semblent établir que la matière colorée par l'hémoglobine et incorporée au stroma peut s'en séparer, sans se dissoudre, sous la forme d'une substance organisée, et conserver son individualité sans que l'élément soit fragmenté.

Malgré cette union de l'hémoglobine avec une matière organisée dans les globules rouges de tous les vertébrés, il existe

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Fig. 38. — Divers globules rouges de têtard de grenouille examinés dans du sérum

iodé.

une différence importante entre les hématies des mammifères et celles des ovipares. Ces dernières, en effet, ne produisent pas de corpuscules d'exsudation lorsqu'on les traite par les réactifs dissolvants.

B. Hématoblastes. — Le globule rouge des animaux supérieurs est un corpuscule à forme définie, facile à distinguer, à toutes les phases de son évolution, des éléments cellulaires du sang auxquels on a donné le nom de globules blancs.

S'il a échappé, jusqu'à présent, à une observation précise, lorsqu'il se présente sous la forme d'hématoblaste, c'est qu'on a méconnu la vulnérabilité excessive de ce dernier type anatomique et qu'on ne l'a vu que sous une forme altérée.

Au contraire, les hématoblastes des animaux à globules nucléés peuvent, à cause de leur volume, de leur constitution cellulaire,

(1) J. Gaule, Ueber Wiïrmchen, welche aus den Froschblutkôrpercheu auswandeu {Arch. f. Anat. u. Phys. Phi/s. Abtheit., s. 57-64, 1880).

de leur faible coloration et même de leurs modifications d'aspect et de forme, être confondus facilement avec les globules blancs et, par le fait, cette confusion a été commise jusqu'à présent par tous les observateurs.

Aussi est-ce dans le sang* des ovipares qu'on a cherché les principaux arguments en faveur de l'hypothèse de la transformation des globules blancs en globules rouges.

J'espère avoir établi que ces globules rouges, malgré la présence d'un noyau, ont une évolution analogue à celle des corpuscules des animaux supérieurs, et que, dès leur apparition dans le sang, ils se présentent sous la forme d'un élément particulier qui diffère des globules blancs et possède des propriétés physiologiques spéciales, notamment celle de prendre part, comme les hématoblastes des animaux supérieurs, à la formation du réticulum fibrineux (1).

Je prendrai pour type de description le sang de la grenouille.

1° Description des hématoblastes dans le sang pnr. — Lorsqu'on expose le mésentère d'une grenouille à l'air libre, pour le soumettre à l'examen microscopique, il se produit des troubles circulatoires qui ont toujours pour effet de ralentir le cours du sang dans un grand nombre de petits vaisseaux. Dans ces conditions, il est facile d'apercevoir au milieu des globules rouges des éléments incolores, très différents des globules blancs (fig. 39). On peut faire la même observation sur toutes les parties transparentes de la grenouille : la langue, la membrane inter digitale. Nous recommanderons particulièrement de répéter chez la rana temporaria , dont la membrane interdigitale est très translucide, l'expérience imaginée par Colmheim dans son travail sur la stase veineuse.

On lie au niveau de la cuisse la veine principale du membre, puis, le lendemain, la ligature est détachée et la circulation, temporairement arrêtée dans la membrane interdigitale, ne tarde pas à reprendre son cours. Elle est faible et les globules qui passent lentement à travers les capillaires sont obligés de se frayer un passage à travers les éléments retenus contre la paroi vasculaire et envoie de diapédèse (fig. 39, B).

Dans ces conditions, il est très facile de distinguer dans le sang

(I) Voir XXXV, XXXVIII, LI, LIV (2e partie).

en circulation trois variétés d'éléments; il n'est même pas rare de trouver des endroits où la circulation est arrêtée et où des globules de ces trois variétés, disséminés dans le plasma, peuvent être examinés facilement, grâce à leur immobilité.

Les éléments de la troisième variété, c'est-à-dire ceux qui diffèrent des blancs et des rouges sont assez nombreux («, a). Dans les points où la circulation n'est pas arrêtée, on les voit passer sous les veux à des intervalles assez rapprochés mais irréguliers;

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Vis. 39.

A, capillaires du mésentère exposé à. l'air chez la rana viridis. On voit circuler avec les globules rouges un certain nombre d'hématoblastes ; a, a, hématoblastes ; b, b, globules rouges ; B, capillaires de la membrane inter-digitale chez la rana temporaria ; c, d, e, hématoblastes représentés à un plus fort grossissement. L'élément c est arrondi parce qu'il est vu dans le sens de la longueur.

disséminés au milieu des rouges, ils sont entraînés avec eux par le courant sanguin. Tandis que les globules blancs, petits, moyens ou gros, conservent en roulant dans les vaisseaux la forme de petites sphères, ces éléments sont allongés, légèrement aplatis et déjà presque discoïdes à la façon des globules rouges. Leur forme est plus allongée que celle des hématies, et habituellement elle rappelle celle d'un ovoïde plus ou moins pointu, d'un fuseau, d'une massue ou plutôt d'un corps ovoïde qui aurait été étiré en pointe plus ou moins, longue à l'un de ses pôles. D'ailleurs un seul et même clément peut paraître alternativement

ovoïde, fusiforme ou arrondi, suivant qu'il est à plat, de champ, ou vu dans le sens de son grand axe.

Ce sont là les jeunes globules rouges ou hématoblastes. De même que les hématies, ils suivent le milieu du courant sanguin et n'ont aucune tendance à s'arrêter avec les blancs dans la couche torpide externe ; ils possèdent ésra- ■« c lement une certaine souplesse ou mala ; / W W léabilité qui leur permet de s'insinuer,

en changeant de forme, à travers les d '^^(Q^^jz^^ obstacles qu'ils rencontrent et de reprendre, dès qu'ils le peuvent, leur forme typique primitive.

Ils sontjisses, homogènes, légèrement nuageux et d'un reflet moins argentin que les globules blancs ; ils présentent quelquefois une tache légèrement sombre , centrale, occupant la place du noyau, et, en dehors de cette tache, une ou deux

Hématoblastes de la rana viridis i «• l'iii i n *i

dans le sang pnr pendant les pre- granulations brillantes sur lesquelles il

mières minutes de l'examen. Les élé- nQUS fau(Jra revenir, granulations OUI

ments d, e, f sont vus a un plus lort 7 o T.

grossissement que les premiers; d, m'ont paru exister plus particulièrement

retenu par une extrémité à la lame A m L

de verre, est étiré par lé courant san- chez la VCllia temporavid d'hiver.

Examinons maintenant, à la température de la chambre, le sang extrait des vaisseaux; mais ayons soin de disposer l'expérience comme pour le sang humain, de façon à observer les globules dans un état aussi frais que possible. Dans les éléments qui roulent à travers le champ du microscope, pendant que le sang pénètre par capillarité entre les lames de verre, on reconnaît trois espèces d'éléments figurés : des globules rouges, diverses variétés de globules blancs, puis des éléments incolores, plus allongés, plus homogènes et moins réfringents que les globules blancs. Ce sont les hématoblastes que nous avons déjà aperçus dans le sang en circulation.

Pendant les premières secondes de l'examen, ils conservent l'apparence de corpuscules pâles, ovoïdes, fusiformes ou en amande, ayant à peu près le même volume que les globules blancs (fig. 40). Bientôt ils acquièrent une viscosité remarquable : on les voit s'accrocher au verre, et comme ils sont très extensibles, le courant sanguin leur fait prendre, dès qu'ils sont iixés en un

point, une forme allongée souvent démesurée (d). Lorsqu'ils se rencontrent ils adhèrent entre eux, et à peine un de ces éléments est-il retenu en un point, qu'il devient le centre de formation d'un amas dont le volume dépend de l'épaisseur de la couche de sang. Ces amas fixés solidement dans la préparation, à cause de leur adhérence au verre, constituent des sortes de piliers ou d'obstacles qui retiennent au passage quelques globules blancs et autour desquels les globules rouges tourbillonnent, s'accrochent et s'accumulent en formant une série de cercles de plus en plus grands. Quand le courant liquide est arrêté et que la couche de sang est en équilibre entre les deux plaques de verre, les globules rouges sont alors disposés de façon à dessiner des rosaces plus ou moins régulières et étendues, dont le centre est formé par un amas d'hématoblastes et quelques globules blancs, disposition qui rappelle celle du sang des animaux vivipares préparé en couche un peu épaisse.

Dans les intervalles laissés entre ces rosaces on aperçoit quelques hématoblastes isolés et des globules blancs.

Pendant le court espace de temps nécessaire à la mise en équilibre des éléments du sang, les hématoblastes se sont déjà altérés, et il serait impossible, lorsqu'on opère à la température ordinaire, d'en prendre dans le sang pur une idée exacte.

Il n'en est pas de même lorsque la température extérieure est basse, voisine de 0°. Les hématoblastes restent alors un certain temps sans s'altérer sensiblement ; ils sont isolés au milieu des autres globules ou disposés par petits groupes de 2, 3, 4 éléments, et les hématies restent irrégulièrement dispersées ; elles ne sont plus disposées en rosaces, comme dans le sang observé à la température de la chambre.

Au bout d'un temps variable (de une à plusieurs heures), les hématoblastes s'altèrent légèrement; ils se hérissent de petites pointes courtes, pâles, puis perdent par dissolution une partie de leur disque, et en même temps leur noyau devient plus net et plus granuleux.

Ces observations montrent déjà que les hématoblastes sont constitués par une sorte de disque presque homogène, en général allongé, s'étirant facilement en pointe à l'une de ses extrémités ou aux deux, dans l'intérieur duquel on voit un noyau relativement volumineux, granuleux, arrondi ou ovoïde. Mais pour ac-

quérir des notions plus complètes sur ces éléments, il faut faire intervenir un certain nombre de réactifs.

2° Action des réactifs. — Le sérum iodé, convenablement préparé, est un des meilleurs véhicules qu'on puisse employer pour faire l'étude des hématoblastes, à la condition toutefois de n'y ajouter qu'une très petite quantité de sang, soit 1/20 à 4/50 environ.

Souvent, malgré cette précaution, les hématoblastes se hérissent de petites pointes courtes, mais en général ils restent homogènes ou reprennent, au bout de peu de temps, un aspect lisse. Il ne faut pas oublier, et nous le répéterons encore ici pour ne plus y revenir, que les hématoblastes des animaux à globules nucléés se modifient aussi rapidement que ceux des animaux supérieurs, dès qu'ils ne sont plus dans les vaisseaux, et qu'il est indispensable, toutes les fois qu'on veut juger sur eux de l'action

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Fig. 41. — Hématoblastes de la rana temporaria fixés par le sérum iodé.

a, a, b, formes les moins altérées; c, c', éléments devenus très pointus après un certain séjour dans le réactif.

d'un réactif, de mettre le sang le plus rapidement possible en contact avec lui.

Examinés dans le sérum iodé, les hématoblastes sent en général pâles, légèrement grisâtres, peu réfringents, assez nettement discoïdes, à contour net, mais plus fin que celui des blancs (fig. 41). Pour en bien apprécier la forme aplatie et le peu d'épaisseur, il convient de déposer la goutte du mélange de sérum et de sang dans une cellule analogue à celle de l'iiématimètre et d'environ 1/10° de hauteur : les globules blancs apparaîtront entourés d'un cercle noir foncé, les hématoblastes conserveront au contraire un contour fin, non cerclé de noir.

La plupart des hématoblastes ont une forme allongée, et en général d'autant plus allongée qu'ils sont plus volumineux ; on

en voit cependant, parmi les plus petits, qui ont une forme presque arrondie. Le disque homogène ou finement grisâtre est moins réfringent que celui des blancs. Les éléments les plus développés ont souvent une légère coloration jaunâtre; les autres paraissent complètement incolores.

Dans quelques cas, notamment chez la Rana temporaria (observations faites pendant les mois d'hiver), on y voit une, deux, trois ou quatre granulations très brillantes de nature encore indéterminée (1). Ces granulations siègent, en général, aux extrémités du disque en dehors du noyau. Celui-ci est relativement volumineux, parfois peu distinct, il remplit la plus grande partie de l'élément et il présente de fines granulations disposées d'une façon assez régulière, simulant des stries longitudinales.

Nous verrons bientôt que ce noyau contient un nucléole, rarement visible dans le sérum iodé.

Il serait difficile de décrire d'une manière complète les variétés de forme et d'aspect des hématoblastes. Nous espérons que nos dessins suppléeront à l'insuffisance de notre description.

Ce qu'il importe de remarquer avant tout, et nous aurons l'occasion de revenir sur ce point, c'est que les hématoblastes ont des dimensions très variables, et que, dans le sang- le plus normal, leurs divers types forment toujours une sorte de série continue représentant le même élément à divers degrés d'évolution.

Dans le sérum iodé et clans le sang pur on relève les dimensions suivantes :

Les plus petits mesurent environ 8^,65 sur 6|x,50. Les plus grands du sang normal atteignent rarement 18p, de long. Les plus nombreux ont de 10> à 13p, de long sur 6p., 90 à 10p. de large. Les plus grands ont en moyenne 13 à 15p. de long" sur 7 à 10p. de large.

Les noyaux ont également des dimensions très variables : les plus petits mesurent environ, dans les plus petits hématoblastes, 6p., 80 sur 4p., 50; puis, au fur et à mesure que les hématoblastes grandissent, le noyau devient de plus en plus important; il mesure dans les éléments moyennement développés environ 9p. sur 6p., 25 à 7 pi, de large et, dans les plus grands éléments, il atteint parfois 11p., tout en conservant à peu près la même largeur.

Le liquide A, dont nous avons donné la formule, à propos du

(1) Ces granulations ressemblent parfois à des grains vitellins ; mais elles n'en ont pas les réactions (voir p. 160).

G. Hayem. — Du Sang. 9

sang humain, fixe avec une netteté parfaite les globules rouges et les hématoblastes (fig. 42).

Au moment où la préparation vient d'être faite, les éléments ont sensiblement le même diamètre que dans le sang pur et ils le conservent pendant quelques heures (de 12 à 24 heures), mais, peu à peu, ils se rétractent et cette rétraction est surtout accentuée dans les hématoblastes.

Fig. 42. — Éléments du sang de la Rana viridis fixés par le liquide A et examinés dans la cellule au dixième de l'hématimètre.

(/, a, globules rouges de diverses tailles; b, b. globules blancs de diverses variétés: c, amas d'hérnatoblastes; d, d, hématoblastes à divers degrés de développement. Les plus volumineux renferment une petite quantité de matière colorante.

Elle est un peu moins forte lorsqu'on emploie le liquide suivant :

Liquide D :

Eau 200

Chlorure de sodium pur 1

Sulfate de soude pur 5

Bichlorure de mercure pur 0,50

Glycérine neutre à 28° B 10

Ces véhicules A et D ont la propriété de fixer immédiatement

Fig. 43. — Hématoblastes de la grenouille fixés par le liquidé A. a, a, éléments lisses; b, b, éléments devenus épineux probablement avant l'action du réactif.

les éléments du sang en les durcissant, en les coagulant, pour

ainsi dire, de sorte que les hématoblastes s'y présentent sous la forme qu'ils ont au moment même où le contact s'établit entre le sang et le réactif. Lorsque ce contact n'a pas lieu dès que le sang sort des vaisseaux, les hématoblastes sont déjà plus ou moins modifiés et souvent réunis par petits groupes.

Nous avons représenté (fîg. 42 et 43) les principales formes sous lesquelles on peut voir les hématoblastes du sang normal préparé à l'aide de ces liquides. Les plus irrégulières de ces formes représentent des éléments déjà légèrement modifiés par le fait de la préparation. On voit que ces modifications consistent surtout dans la production de pointes ou pédicules plus ou moins longs.

On remarquera que beaucoup d'entre eux sont nettement colorés en jaune, ou en jaune orangé clair, par la présence d'une petite quantité d'hémoglobine. Cette coloration est toujours mieux conservée parles liquides A et D que parle sérum iodé.

Les liquides B et C formulés précédemment (p. 29 et 30) fixent également bien les hématies et les hématoblastes, au moins pendant quelques heures.

Ces réactifs facilitent l'étude du noyau, dans lequel on distingue :

1° Des granulations périphériques et régulièrement disposées, simulant une striation tantôt longitudinale, tantôt transversale. Quand on les examine à un fort grossissement, ces granulations ressemblent habituellement à une petite virgule ;

2° Un nucléole, en général unique, placé dans le voisinage de l'un des pôles, plus rarement vers le milieu. Il n'est pas toujours et forcément mis en évidence par les liquides aubichlorure. Pour l'étudier, il est nécessaire de faire intervenir l'eau iodo-iodurée.

Ce réactif peut être plus ou moins concentré. Dans le cas où il l'est moyennement, il fixe à peu près les éléments du sang dans leur forme; mais presque immédiatement on voit apparaître à la périphérie du disque des hématoblastes, une ou deux grosses vésicules transparentes qui crèvent et disparaissent au bout de quelques minutes, ce qui met le noyau presque complètement à nu, en ne laissant autour^ de lui qu'une très petite quantité de substance. Ce noyau est devenu alors remarquablement net ; il se présente sous la forme d'une vésicule à double contour, ayant un contenu légèrement trouble, presque homogène, et un nucléole très apparent, en général unique, parfois double dans les éléments les plus développés.

C'est donc en détruisant une partie du disque des corpuscules ou mieux encore en en laissant une partie se dissoudre, que ce genre de solution permet de voir nettement le nucléole dans un noyau devenu vésiculeux et dont les granulations ont disparu.

Lorsque la solution iodo-ioduréc est concentrée, tout autre est son action. Au lieu d'être en partie dissous, les hématoblastes sont plus ou moins fortement rétractés, et, en revenant sur euxmêmes, ils laissent sourdre une matière que le réactif coagule, sous la forme d'un nuage granuleux contenant souvent de petits filaments analogues à ceux de la fibrine. Cette réaction est tout à fait semblable à celle des bématoblastes des animaux à globules non nucléés. Dans les corpuscules rétractés le disque est fortement appliqué contre le noyau qui est le plus souvent à peine visible. Ces solutions iodées colorent à peu près uniformément en jaune tous les éléments du sang; elles produisent toutefois une coloration beaucoup plus foncée dans le disque des hématies que dans celui des hématoblastes.

Les solutions d'acide osmique agissent à peu près comme les solutions iodo-iodurées. L'effet produit n'est pas le même sur les petits hématoblastes que sur les moyens et les gros. Nous conseillons d'employer, pour faire ces observations, le sang de la Rana temporaria; tous les petits hématoblastes contenant des granulations brillantes sont faciles à reconnaître.

Dès que le mélange est effectué on voit se produire, à la périphérie des petits hématoblastes, des sortes de bourgeons ou vésicules, tandis que le disque de ces éléments est réduit assez rapidement à un stroma plissé autour du noyau.

En même temps celui-ci se gonfle, devient légèrement nuageux, puis clair, et laisse voir, en général, un nucléole. Le gonflement du noyau est plus prononcé dans les solutions faibles, à l/300e par exemple, que dans les solutions à 1/1 00e ou saturées.

Les hématoblastes plus volumineux sont plus résistants et plus fixes dans leur forme, qui est le plus souvent celle d'un fuseau ou d'une amande. Le noyau gonflé remplit presque tout l'élément et devient tangent à ses bords; il est finement granuleux et laisse rarement voir le nucléole.

On y aperçoit très souvent de petites lignes sinueuses, simulant des cloisons incomplètes, de sorte que le noyau parait constitué

par de petits lobes soudés entre eux. Cette particularité est également visible avec d'autres réactifs.

Les sels neutres : solutions de sulfate de soucie et de sulfate de magnésie, ne fixent les hématoblastes que d'une manière fort imparfaite et pour un temps relativement court. Ils les rendent très rapidement pâles et les convertissent en corpuscules grisâtres, puis homogènes, dont le noyau est indistinct ou à peine reconnaissante.

Soumis à l'action de l'eau, les hématoblastes de la grenouille se dissolvent avec une assez grande rapidité; le disque est rapidement attaqué et détruit, après être devenu de plus en plus pâle et indistinct, puis le noyau rendu sphérique, très volumineux, disparaît à son tour, et pendant cette sorte de dissolution, le nucléole devient souvent visible.

L'acide acétique produit une réaction intéressante dont l'observation est rendue plus facile lorsqu'on fait agir ce réactif sur du sang préalablement traité par le sérum iodé. En ajoutant une goutte d'acide acétique, on voit immédiatement pâlir tous les éléments; quelques hématoblastes paraissent se dissoudre complètement; ceux qui persistent se présentent sous la forme d'un corpuscule décoloré, rétracté, contenant un noyau plissé, revenu sur lui-même, à bord sinueux et net.

Cette réaction est analogue à celle qui se produit dans les hématies, tandis que dans les globules blancs apparaissent des noyaux multiples ou un noyau unique, fortement incisé.

Pour compléter ces recherches histochimiques, on peut soumettre les éléments du sang de la grenouille à l'action de diverses matières colorantes.

J'ai essayé surtout le carmin et le picrocarminate d'ammoniaque, le chlorhydrate et le sulfate de rosaniline, l'hématoxyline, l'éosine et les matières analogues, l'auréosine et la pyrosine.

Pour faire agir ces substances sans modifier profondément les éléments du sang, on utilise les propriétés fixatrices des liquides A et D.

Ces propriétés sont telles qu'elles permettent de séparer les globules, par décantation, et de faire agir sur eux une matière colorante quelconque dissoute dans l'eau ou dans l'alcool dilué. On peut même, après les avoir fixés, laver les éléments du sang avec de l'eau et les conserver ensuite, colorés ou non, dans de la

glycérine. Ces diverses manipulations les font un peu pâlir, mais non disparaître ; sous l'influence des liquides bichlorurés ils sont devenus insolubles, et par suite extrêmement résistants.

(l'est là une particularité bien précieuse et qui permet de varier les essais.

Dans quelques cas, j'ai simplement ajouté aux liquides A ou D une solution aqueuse de la matière colorante à essayer : solution aqueuse d'éosine ou de pyrosine par exemple.

Le carmin colore les noyaux de tous les éléments du sang, et atteint d'abord ceux des hématoblastes, puis ceux des rouges el enfin ceux des globules blancs.

Le picrocarminate d'ammoniaque agit d'une manière analogue : en même temps il altère assez profondément les éléments et par suite ne permet pas de différencier nettement les plus petits bématoblastes de certains globules blancs.

Il en est de môme de l'hématoxyline qui se porte avec une intensité à peu près égale sur tous les noyaux des éléments du sang. Au début de l'action, les noyaux des hématoblastes restent plus clairs que ceux des blancs; mais souvent, au bout de quelque temps, cette légère différence s'efface.

Les solutions alcooliques de rosaniline ont des propriétés analogues : elles ont à peu près autant d'affinité pour les noyaux des bématoblastes et des hématies que pour ceux des blancs.

Ce sont les solutions d'éosine et des matières colorantes analogues qui donnent les résultats les plus satisfaisants. On sait que ces matières ont la propriété de se porter particulièrement sur l'hémoglobine, on a même dit qu'elles ne se fixent que sur l'hémoglobine, ce qui est inexact ; mais elles ont très certainement une affinité très accentuée pour cette substance.

En ajoutant au liquide A une proportion convenable de solution d'éosine (éosine soluble dans l'alcool ou éosine soluble dans l'eau), les éléments du sang deviennent très distincts les uns des autres.

Les globules blancs, plus ou moins rétractés, sont irrégulièrement sphériques, fortement réfringents et hérissés en général de quelques prolongements sarcodiques; en les faisant rouler dans la préparation, on voit qu'ils ont la forme d'une petite boule irrégulière et ils restent incolores, au moins pendant les premières heures de l'examen. Les bématoblastes ont la forme d'un disque

plat, mince, délicat ayant une ou deux pointes. Quand on les fait rouler dans le liquide ils ressemblent à une petite palette et non à une boule ; ils se colorent immédiatement mais faiblement, et ils apparaissent constitués par un noyau unique relativement volumineux et un petit disque protoplasmique. Ce noyau est en général plus finement granuleux que celui des rouges adultes et il est plus gros, surtout dans les grands hématoblastes, où il forme une saillie assez considérable sur les faces du disque; il contient un nucléole qui ne devient distinct que dans un nombre variable d'éléments. La coloration de ces hématoblastes est toujours beaucoup plus faible que celle des rouges, quelquefois même elle est nulle au début de l'observation, mais au bout d'un certain temps, le disque restant incolore, le noyau prend une teinte rose, tandis que les globules blancs prennent une coloration diffuse portant au moins autant sur le protoplasma que sur les noyaux.

D'ailleurs le noyau des globules rouges qui, au début de l'action de l'éosine, reste à peu près incolore, devient également rose au bout d'un temps variable.

Lorsqu'après avoir soumis les éléments du sang à l'action des liquides A ou D, on laisse les globules se déposer, et qu'après décantation on les traite par des solutions d'éosine, on observe des réactions analogues (1).

— Les éléments du sang de la grenouille peuvent être fixés à l'aide de la dessiccation rapide sur une lame de verre aussi facilement que ceuxdes vivipares. Lorsque la préparation a été faite d'une manière convenable, les hématoblastes non altérés et, en général, bien isolés sont faciles à reconnaître et à distinguer des globules blancs. Ils se présentent sous la forme de corpuscules riziformes ou en amande, rarement ovoïdes, d'aspect vitreux, presque toujours légèrement colorés par de l'hémoglobine, surtout lorsque le sang a été pris sur un animal vigoureux; le plus souvent le noyau n'est pas visible et on le devine à travers le disque desséché ; plus rarement il est apparent, et présente alors un aspect finement granuleux.

Le bord de l'élément est tantôt net, bien arrêté, mais souvent aussi, même dans les préparations faites avec le plus grand soin, il est déjà un peu déchiqueté par suite de la formation de petites pointes courtes.

(1) ILIV, 2e partie.

Les petits globules blancs qui seuls pourraient être confondus avec ces éléments sont habituellement plus minces, plus translucides, réduits à une sorte de pellicule d'une grande délicatesse. Leur noyau, unique, arrondi ou ovoïde, touche en un ou deux points le bord de la plaque protoplasmique ; il est complètement homogène, dépourvu de granulations, mais contient parfois un nucléole très net et volumineux.

Quand on applique sur les préparations du sang desséché les réactifs colorants, on constate que les hématoblastes se colorent très promptement et avec intensité ; leur noyau fixe particulièrement le carmin, l'hématoxyline, le violet et le vert de méthyle; mais presque toujours il reste plus pâle que celui des hématies, ce qui paraît tenir à son extrême minceur à l'état sec. La double coloration de Cole, qui fournit de bonnes préparations des globules rouges, donne des résultats très imparfaits pour les hématoblastes.

3° Propriétés 'physiologiques des hématoblastes. — Il ne faut pas s'adresser à l'histochimie seule pour établir les caractères distinctifs entre les divers corpuscules du sang. Sans faire intervenir aucun réactif et en observant simplement le sang pur, conservé sons le microscope à l'abri du dessèchement, on remarque que chacun des éléments du sang possède des propriétés particulières, qui nous paraissent être très importantes à bien connaître.

Les modifications qui se produisent dans les globules blancs et les globules rouges ont déjà été maintes fois décrites; celles qui se manifestent dans les hématoblastes sont restées, au contraire, jusqu'à présent, à peu près inconnues ou fort mal interprétées. Ce sont ces dernières qui fixeront particulièrement notre attention. Nous allons retrouver ici les mêmes faits que chez les animaux à globules non nucléés, et comme ces faits se rapportent à des éléments plus volumineux et plus faciles à observer, leur description nous permettra de compléter l'étude des propriétés générales des hématoblastes.

Les phénomènes en question varient un peu dans les détails, suivant que l'observation porte sur la Rana temporaria ou sur la Rana viridis. Pour les décrire dans le sang de cette dernière, il me suffira de reproduire presque textuellement la note que j'ai publiée dans les Comptes rendus de la Société de biologie (nov. 1877) (1).

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