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DE LA MASSE TOTALE DU SANG

tion, ce sang va servir d'étalon. Puis on recueille tout le sang qui s'écoule par la carotide ou par la décantation dans du liquide A ; tous les tissus divisés, broyés à l'exception de ceux qui contiennent beaucoup de pigment, sont lavés dans le même liquide à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'ils soient complètement exsangues. Pendant ce temps on précipite une partie du sang étalon de la manière suivante. Après avoir rempli presque en entier un vase à précipitation, à l'aide du liquide A, on y ajoute 2 centimètres cubes de ce sang dont on mesure exactement le reste. Enfin on détermine la précipitation des liquides de lavage dans autant de vases qu'il est nécessaire.

Pour être complète, cette précipitation demande de vingt à vingt-cinq jours.

Il est possible, avec les données ainsi recueillies, de déterminer la masse du sang par un calcul d'une extrême simplicité. Soit en effet n le nombre de divisions occupées par les globules rouges contenus dans 1 centimètre cube de sang, nf le nombre de divisions occupées par les globules rouges contenus dans tous les liquides de lavage et de macération réunis, m le volume en centimètres cubes du sang étalon non employé pour la précipitation, on a pour la masse x l'équation suivante :

La théorie est des plus simples. Quant à l'opération, elle ne présente aucune difficulté sérieuse, sauf qu'il faut agir de façon à séparer bien exactement tous les globules rouges des tissus et de la fibrine qui les retient. Exécutée une fois sur un cobaye, elle nous a paru d'une application facile.

B. Procédé indirect. — Ce mode de dosage du sang peut rendre les mêmes services dans la méthode indirecte; aussi proposerai-je de l'appliquer au moins imparfait des procédés indirects connus, celui de Yalentin modifié par M. Malassez, procédé qui consiste à doser successivement le sang pur, puis le sang dilué par une injection de sérum. On arrive à des résultats beaucoup plus exacts qu'en faisant, comme l'a proposé M. Malassez, la numération des globules.

On prend un animal n'ayant pas bu depuis quatre heures au moins, à jeun depuis douze heures, et après lui avoir vidé la

vessie et le rectum, on le pèse exactement. La carotide mise à nu, on pratique une saignée de 10 centimètres cubes, et on recueille le sang dans un petit vase clos, où on le défibrine avec soin; c'est le sang étalon. Puis on laisse couler du sang dans un vase gradué, jusqu'à concurrence de 190 centimètres cubes, de sorte que la saignée s'élève en tout à 200 centimètres cubes. Je suppose ici que l'animal pèse environ 9k,500. La saignée doit être, en effet, d'environ le quart de la masse présumée du sang. Aussitôt on injecte, avec une seringue chargée à l'avance, une quantité égale de sérum pris sur un animal de même espèce. Il faut opérer de façon à ce qu'il ne s'écoule que deux minutes au plus entre l'injection et la deuxième prise de sang et mesurer exactement cet intervalle de temps. On détache un instant l'animal ou l'on en desserre les liens ; comme après quelques révolutions cardiaques le liquide a parcouru le circuit circulatoire entier, le mélange du sang et du sérum est fait d'une manière complète en très peu de temps. L'animal attaché de nouveau, on prend par le même vaisseau un nouvel échantillon de sang, qu'on défibrine comme le sang pur, et l'animal est remis en liberté.

En général, la saignée est faite par l'artère fémorale et l'injection par la veine saphène, disposée à l'avance. Il ne reste plus qu'à préparer les deux liquides à précipitation. Il suffit pour cela de remplir presque complètement deux vases à précipitation avec du liquide A et de verser dans l'un d'eux, à l'aide d'une pipette graduée, 2 centimètres cubes de sang du premier échantillon, puis dans l'autre 2 centimètres cubes également du deuxième échantillon de sang.

On laisse reposer ces mélanges pendant vingt jours environ, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'un jour à l'autre de changement appréciable dans la hauteur des colonnes. On obtient ainsi la précipitation au fond des deux tubes de tous les globules rouges contenus d'un côté dans 2 centimètres cubes de sang pur, de l'autre dans un volume égal de sang dilué.

Quant à la formule qui permet avec ces données de déterminer la masse totale du sang, x, elle est fort simple. Soit, en effet, s la quantité de sang tiré ou de sérum injecté, h la hauteur de la colonne globulaire formée par le sang pur, h' la même valeur pour le sang dilué, on a :

xX.h = hX.s-{-xX,h'

xh — xh' = hs

x{h —h') = hs hs

Ce procédé, d'une application facile, offre ce grand avantage que, les animaux survivant à l'expérience, on peut au bout de quelque temps la répéter dans des conditions identiques ou différentes, comme celles résultant de l'inanition, de phlegmasies produites artificiellement, etc.

Mais ce procédé est-il à l'abri de toute critique, et présente-t-il de réelles garanties d'exactitude?

Le liquide A a le sérieux inconvénient de précipiter une certaine partie des matières albuminoïdes du plasma sous forme de fines granulations, de sorte que le dépôt formé dans les vases à précipitation contient à la fois les globules rouges et un précipité albumineux. Il faudrait donc opérer avec un liquide conservant bien les hématies tout en laissant complètement liquides Jes albuminoïdes du sérum. Malheureusement il n'existe pas encore un tel liquide et je n'ai pu écarter à peu près cette cause d'erreur qu'en faisant les mélanges sanguins avec le liquide A dans une proportion toujours la même.

Dans l'application de ce procédé il faut avoir soin de laisser séjourner les vases à précipitation dans une atmosphère froide, ne dépassant pas la température de 10 à 12°, afin d'éviter le développement d'organismes inférieurs dans les mélanges.

Les chiffres que j'ai obtenus pour le chien ont été assez variables; ils indiquent, en effet, que la masse totale du sang est comprise entre f et ~ du poids du corps. Ils se rapprochent, cependant, des données classiques, ce qui semble prouver que la masse totale du sang présente d'assez grandes variations, alors même qu'on se sert d'animaux paraissant bien portants.

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