‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 77 sur 165 · L CO · texte numérisé non relu

L CO

Az= 2,0

Gaz rapportés à 5 millions do ( GO2 = 49,2 globules ( 0 = 22,4

2° Endocardite avec congestion pulmonaire. Sang recueilli par la saignée et défibriné. Richesse globulaire 5 280 000.

Gaz pour 100fC.

Rapport a ;> millions '

f Az= 2,3

Sang recueilli

3° Tuberculose pulmonaire. Sang du cadavre. Richesse globulaire 3 300 000. Sang recueilli

Az = 1,3

Pour 5 millions de globules. \ C0^ ~ 30'°

4° Tuberculose aiguë chez un tuberculeux ancien. Sang du cadavre. Richesse gh> bulaire 2 100 000.

..." n — ii

San» recueilli .

0 = 4,4 ( Az= 1,1

> - -ir a ^ x, ^ S C02 = 74,3

'our o millions de globules.

5° Tuberculose pulmonaire et laryngienne. Sang du cadavre. Richesse globuaire 3 320 000.

lC02 = 22,2|D s .„. . ., , (C02=29,3 .... \ „ ,'-, Pour o mdlions de globules. . '

Sang recueilli I 0= 4,4 | D ( 0= 5,7

f Az= 1,3 | 0° Tuberculose et hernie étranglée. Sang du cadavre. Richesse globulaire 3 693 000.

Sang recueilli

( G02 = 35,6 ) 0= 5,1 f Az= 2,9

Pour 5 millions de globules.

7° et 8° Endopéricardite aiguë. Sang d'une saignée faite le 27 octobre. Richesse globulaire 3 320 000.

Sang recueilli

Az= 2,1

Pour 5 millions de globules.

Le malade étant mort, on fait une analyse du sang recueilli sur le cadavre le 9 novembre. Ce sang a été conservé pendant vingt-quatre heures dans la glacière. Richesse globulaire 3 320 000.

Pour o millions de globules.

Sang recueilli 0 = 8,2

| Az = 1,1

La différence entre le sang de la saignée et celui du cadavre est considérable, tant pour le CO2 que pour l'O.

9° Tuberculose. Sang du cadavre. Richesse globulaire 6 094 000.

Sang recueilli

i G 02= 11,2 ) 0 = 20,9 j Az= 2,9

Pour 5 millions de globules. * ' ~

10° Tuberculose avec fièvre. Sang du cadavre. Conservé dans la glacière pendant vingt-quatre heures. Richesse globulaire 3 320 000.

moglobine, tantôt sans modification appréciable de Thémoglobine.

Un des types du premier cas nous est fourni par la transformation de l'hémoglobine en méthémoglobine. Cette dernière combinaison étant fixe, la pompe à gaz la laisse subsister, de sorte qu'au fur et à mesure de la production de la méthémoglobine la capacité respiratoire diminue. Dans certains cas, elle peut être réduite au quart ou même au cinquième avant la mort de l'animal intoxiqué. Mais la terminaison fatale arrive toujours avant que toute l'hémoglobine soit transformée. C'est un genre particulier d'asphyxie.

Au début du processus le sang devient noirâtre et cependant, à l'examen spectroscopique, on ne trouve pas encore trace de méthémoglobine dans le sang. Comme cet examen exige la présence d'une assez forte proportion de méthémoglobine, il était intéressant de voir si la mesure de la capacité respiratoire indiquerait la formation de cette matière avant le spectroscope. En opérant avec le nitrite d'annyle en inhalations, la pompe à gaz m'a paru un peu plus sensible que le spectroscope. L'altération débute, nous venons de le voir, par une réduction partielle de l'hémoglobine, mais le sang noir, non encore transformé, redevient immédiatement rouge par agitation à l'air et fixe une quantité normale d'oxygène. Mais bientôt l'agitation à l'air ne fait plus reprendre au sang toute sa rutilence, la capacité respiratoire s'affaiblit et cependant l'examen spectroscopique est encore négatif. Plus tard, lorsque l'altération du sang est un peu plus avancée elle devient sensible, à la fois, à l'examen spectroscopique et à l'analyse de l'oxygène absorbé.

— Dans ces dernières années divers auteurs ont signalé une diminution de la capacité respiratoire du sang dans certains états patho-

i C02 = 21,4 Sang recueilli. • 0= 9,3

Az=: 2. S

( CO2 = 8^ Pour 5 millions de globules. ,. ,'

11° Bronchite et emphysème. Sang du cadavre. Richesse globulaire 3 540 000.

Sang recueilli

Az= 1,4

n K -n- i il! \ C02= 17,7

Pour o millions de globules. ,, , '

12° Scarlatine. Sam? du cadavre. Richesse globulaire 3 320 000.

Sang recueilli - 0=11.7

/ Az= 2.9

Pour .') millions de globules.

logiques ou à la suite de l'introduction dans le sang de divers médicaments n'altérant pas l'hémoglobine. Il y aurait donc lieu d'admettre une sorte de paralysie fonctionnelle des globules rouges. Mais les recherches sur lesquelles on peut s'appuyer pour établir une lésion de cet ordre présentent une lacune regrettable, à savoir le dosage cle l'hémoglobine fait parallèlement à la détermination de la capacité respiratoire.

Ainsi, on prend du sang sur un chien, on en dose les gaz après défibri nation et agitation à l'air, puis on soumet l'animal à une influence nocive, celle, par exemple, d'une matière septique et, au bout d'un certain temps, pendant que le chien présente des phénomènes morbides, on fait une nouvelle prise de sang et on constate que ce sang ne peut plus absorber la même proportion d'oxygène. On en conclut que la lièvre septique ou simplement l'état fébrile détermine une diminution de la capacité respiratoire du sang.

Comme on n'a pas dosé l'hémoglobine dans chaque échantillon de sang, il n'est pas démontré que le pouvoir d'absorption du sang n'est pas resté sensiblement proportionnel à la quantité d'hémoglobine. Mais supposons qu'il y ait réellement dans quelques cas une diminution de la capacité respiratoire du sang, avant de rattacher cet état à une sorte cle paralysie fonctionnelle des globules rouges, il faudrait encore s'assurer de l'absence de toute altération chimique de l'hémoglobine. Et, nous l'avons dit, il est probable que nous ne connaissons pas encore toutes les modifications chimiques de cette matière. J'ai fait, avec l'aide de mes préparateurs, un grand nombre d'analyses des gaz du sang sur des chiens soumis soit à des injections de matières septièmes, soit à des injections médicamenteuses sous-cutanées ou intra-veineuses et, en ayant soin de doser l'hémoglobine dans l'échantillon soumis à la pompe, j'ai toujours trouvé des doses d'oxygène proportionnelles à la quantité d'hémoglobine toutes les fois que cette matière n'était pas chimiquement altérée.

Je ne crois donc pas que la paralysie fonctionnelle des globules rouges puisse être considérée comme une lésion démontrée.

Cet intéressant sujet réclame certainement de nouvelles recherches.

— Pour expliquer l'action de quelques médicaments sur les échanges nutritifs, divers pliarmacologist.es ont admis un antre genre

de modification dans la fonction des globules ronges. Ils supposent qu'en présence de ces médicaments l'oxyhémoglobine se réduit moins facilement ou, en d'autres termes, que le globule rouge cède plus difficilement aux tissus l'oxygène qu'il leur apporte.

Les preuves sur lesquelles s'appuie cette hypothèse sont encore insuffisantes.

Dans mes expériences sur les matières toxiques et médicamenteuses produisant de la méthémoglobine et, par suite, une grande diminution de la partie active du sang, j'ai vu que l'action antithermique de quelques-uns de ces corps est tout à fait indépendante de la présence de méthémoglobine dans le sang.

Il paraît démontré, d'ailleurs, que l'état du sang est loin d'être un facteur important dans la régulation des échanges intra-organiques, et quelques pharmacologistes me paraissent avoir abusé, dans leurs explications des actions médicamenteuses, de l'influence de certains agents sur le sang.

SOUS-CHAPITRE II

ALTÉRATIONS DES HÉMATOBLASTES

A. Variations numériques. — Nous savons que, chez l'homme, on compte en moyenne 250 000 hématoblastes. Les tableaux publiés par M. Cadet (1) montrent que, sur 108 individus sains, le chiffre des hématoblastes n'a été que deux fois inférieur à 200 000, et quatre fois seulement supérieur à 300 000, sans dépasser 310 000. Dans le sang d'un môme individu examiné dans des conditions identiques, le chiffre n'a varié que de 241 000 h 291 000. On peut donc considérer comme des chiffres anormaux ceux qui ne sont pas compris entre 200 000 et 300000.

Dans les maladies le nombre des hématoblastes peut varier de 50 000 à 850 000. Les fluctuations numériques que ces éléments sont susceptibles d'éprouver sont donc considérables. Il faut ajouter, pour donner une idée exacte du caractère particulier de ces variations, qu'elles sont souvent brusques, ce qui les différencie de celles des globules rouges qui, tout en pouvant être également très étendues, sont relativement progressives. Ainsi, d'un jour à

(1) A. Cadet, Étude physiologique des éléments figurés du sang et en particulier des hématoblastes (Th. de Paris, 1 881 j.

ALTÉRATIONS DES HEMATOBLASTES. 375

l'autre le nombre des hématoblastes peut devenir double et même presque triple. Jamais semblable oscillation ne s'observe dans le chiffre des globules rouges.

Les conditions dans lesquelles on observe la diminution dans le nombre des hématoblastes ont toujours un caractère de haute gravité. C'est d'abord le jeûne prolongé, ou inanition.

Dans l'observation recueillie sur le chien par M. Reyne et que nous avons reproduite précédemment, le chiffre des hématoblastes, primitivement de 395 000, est tombé progressivement à 177 000. Chez l'homme, les états fébriles prolongés produisent un résultat analogue qui ne doit pas être mis uniquement sur le compte de l'inanition. Il est probable, en effet, que la fièvre s'oppose par elle-même à la production de ces éléments, car au moment de la défervescence et avant que le régime des malades ait été modifié, le nombre des hématoblastes se relève.

C'est dans la fièvre typhoïde de longue durée que l'on constate cet effet combiné du jeûne et de la fièvre. Aussi observe-t-^n souvent, à la fin de la maladie, des chiffres inférieurs à 100 000 et se rapprochant parfois de 50 000.

Viennent ensuite, comme causes de diminution dans le nombre des hématoblastes, l'anémie progressive et les cachexies très avancées, particulièrement la cachexie cancéreuse vulgaire. Ici encore, ce fait ne peut être interprété que comme la conséquence d'un arrêt dans la production de ces éléments. Aussi est-il d'un pronostic très grave et comme l'annonce d'une mort prochaine. Il n'y a qu'une circonstance dans laquelle on puisse regarder la diminution dans le nombre des hématoblastes comme favorable : c'est lorsqu'elle est passagère et coïncide avec une augmentation des hématies.

Il ne s'agit plus alors que d'une diminution relative d'un jour à l'autre; le chiffre des hématoblastes ne tombe pas définitivement au-dessous de la normale, et les fluet nations qu'il présente coïncident avec la reconstitution du sang.

\J augmentation dans le nombre des hématoblastes s'observe très fréquemment. Tantôt elle est passagère et ne dure que deux ou trois jours pour constituer le principal caractère du phénomène qui sera décrit sous le nom de crise hématique. Tantôt, au contraire, le nombre des hématoblastes reste supérieur à la normale d'une manière durable.

Dans le premier cas il s'agit d'une production active d'éléments qui bientôt deviennent des globules rouges ; le sang est en voie de rénovation.

Dans le second, au contraire, les hématoblastes, quoique formés peut-être en moins grand nombre qu'à l'état normal, s'accumulent dans le sang par suite d'une entrave à leur transformation en globules rouges.

Ces particularités seront appréciées à leur valeur quand j'aurai eu l'occasion de préciser les circonstances dans lesquelles on les observe.

Je noterai seulement ici que le chiffre des hématoblastes peut alors s'élever jusqu'à 800 000 et même au-delà.

B. Modifications dans le diamètre des hématoblastes. — Dans le sang normal, lorsque la nutrition et le développement des éléments du sang suivent un cours régulier, l'hématoblaste atteint rarement une certaine taille sans se transformer bientôt en globule nain. Il n'en est plus de même lorsque, sous l'influence d'un état pathologique, les conditions de cette transformation sont moins favorables. De sorte qu'il est fréquent d'observer chez les malades des hématoblastes volumineux ayant conservé encore tous leurs caractères propres.

Ceux d'une taille anormale, dans les préparations faites par dessiccation, peuvent mesurer jusqu'à 6 \i, 5 de diamètre, tout en restant incolores et en conservant leur vulnérabilité. Dans ces conditions, ils se prêtent particulièrement bien à l'étude des particularités anatomiques sur lesquelles j'ai insisté (voir p. 99), et il n'est pas rare de distinguer dans leur partie centrale quelques granulations brillantes ou de petites vacuoles.

Ces grands éléments qui tardent à former des globules rouges se rencontrent dans toutes les circonstances où la nutrition générale est entravée ou ralentie : anémie ancienne, états cachectiques, maladies aiguës ou subaiguës de durée relativement longue.

L'augmentation du diamètre moyen par accumulation d'hématoblastes de la seconde phase d'évolution, ou d'éléments intermédiaires, s'observe également dans les cas de ralentissement clans la formation des globules rouges (anémie chronique) ; mais elle est surtout remarquable dans une circonstance tout opposée, c'est-àdire au moment où, après une production abondante d'hématoblastes nouveaux, ces cléments sont sur le point de se transfor-

ALTÉRATIONS DES HÉMATOBLASTES. 377

mer en globules rouges. J'aurai à revenir sur ce l'ait intéressant à propos de la crise hématique.

C. Modifications qualitatives. — 11 est difficile qu'un élément aussi vulnérable et, pour ainsi dire, aussi incomplètement formé ne présente pas des altérations chimiques, ne fût-ce que dans la proportion des principes qui entrent dans sa constitution. A cet égard, l'avenir nous réserve probablement des révélations intéressantes. Pour le moment on peut déjà indiquer deux modifications chimiques des hématoblastes.

1° Formation de cristaux aux dépens des hématoblastes. — Nous avons vu que dans certains cas d'anémie intense il se forme dans les préparations de sang desséché de petits cristaux autour des globules rouges. Des productions cristallines absolument semblables apparaissent également autour des hématoblastes isolés ou en amas. Comme on n'observe jamais rien de semblable dans le sang normal, il faut nécessairement en conclure que cette formation cristalline est la conséquence d'une modification clans la constitution chimique des éléments qui y participent (fig. 68 et 63).

2° Augmentation de la matière exsudée par les hématoblastes. — Lorsqu'au moment de la rénovation du sang les hématoblastes sont sur le point de se transformer en globules rouges et constituent presque tous des éléments intermédiaires, ils diffèrent réellement des hématoblastes normaux par leur résistance relative au processus de coagulation et par la manière dont ils se comportent vis-à-vis de certains réactifs. Ainsi, lorsqu'on traite le sang par le liquide A, nous avons dit que ces corpuscules se rétractent et s'entourent d'un précipité de matière albuminoïcle, sous la forme d'un nuage légèrement granuleux. Dans la convalescence des maladies aiguës, à l'époque où les hématoblastes sont sur le point de devenir des hématies, le môme liquide les fixe, sans les rétracter notablement, sous la forme de petits corpuscules presque tons déjà un peu colorés, autour desquels il ne se produit aucune précipitation. Je citerai, comme exemple, le cas d'un jeune rhumatisant dans le sang duquel, le lendemain de la défervescence, il se forma sous l'influence du liquide A, au milieu des autres éléments du sang, des amas relativement considérables d'hématoblastes parfaitement distincts les uns des autres, légèrement colorés en jaune et représentant déjà des globules rouges en miniature. On ne peut pas dire qu'il s agisse ici d'une altération

de ces éléments. C'est un l'ait d'évolution, caractérisé à un certain moment par l'accumulation de formes plus développées et plus résistantes, mais en somme normales.

Il n'en est pas de même lorsque les hématobiastes contiennent, sous l'influence d'un état pathologique, un excès de matière destinée à se répandre au dehors pour concourir à la formation delà fibrine, bien que cette altération ne soit due qu'à une modification dans la proportion d'une substance qui entre normalement dans la

constitution des éléments. Cette altération se retrouve dans tous les cas où il existe une

augmentation de fibrine.

Dans le sang pur, la viscosité des hëmato- \ ( blastes étant augmentée par suite de l'abon-

dance de la matière qu'ils laissent exsuder, il se forme des amas souvent très volumineux

Fig. 68. -- Anémie sa- ej. dépassant de beaucoup les dimensions des turnine. — Sang sec.

— Formations cris- allias du sang normal, lit ce tait est d autant

tallines autour d'un plus significatif que ces grands amas peuvent amas d'hématoblas- se montrer gans ^ y ^ dang le sangj

une augmentation dans le nombre des hématobiastes. En poursuivant l'examen, on voit ces amas se couvrir de prolongements fibrillaires très épais et diminuer progressivement de volume comme s'ils se résolvaient presque entièrement en filaments fibrillaires. Mais, comme il y a toujours, en pareil cas, un épaississement plus ou moins notable du réticulum fibrineux, par suite de l'augmentation de la fibrine, ces dernières apparences pourraient être rattachées uniquement à une modification du plasma si l'on se bornait à l'examen du sang pur.

En traitant le sang par le liquide A, on acquiert la conviction que l'augmentation de la fibrine coïncide toujours avec une altération parallèle des hématobiastes. Il se produit, en effet, sous l'influence de ce réactif des grumeaux particuliers.

On ajoute au liquide A une petite quantité de sang dans la proportion de une partie pour 250 à 500 du réactif, on agite le mélange et immédiatement on voit apparaître de petites concrétions rougeàtres qui troublent le liquide. Les plus volumineuses se distinguent facilement à l'œil nu.

Au microscope, ces petites concrétions se présentent, dans le sang phlegmasique, dans la pneumonie par exemple, sous l'appa-

ALTÉRATIONS DES HÉMATOBLASTES. 379

rence d'amas plus ou moins étendus, souvent énormes, découpés irrégulièrement. Us sont formés par une matière finement granuleuse, parfois en partie librillaire, très visqueuse, dans laquelle sont englués de nombreux hématoblastes plus ou moins rétractés. A cette matière visqueuse est venu s'attacher par le fait du battage un nombre variable de globules blancs et d'hématies (fig. 69).

m^mm

Fig. 09. — Petite plaque plegmasique clans un cas çl'érysipèle. — Sang traité

par le liquide A.

Dans les cas de cachexie on obtient souvent par le même procédé des grumeaux analogues ou plaques cachectiques qui ne se différencient des plaques phlegmasiqiies que par des caractères peu importants. En effet, les plaques cachectiques sont également constituées par une matière granuleuse ; mais elles sont en général peu étendues et à bord nettement délimité ; les hématoblastes qu'elles renferment sont peu nombreux et souvent volumineux ; enfin elles ne prennent jamais l'aspect librillaire et elles ont une moins grande tendance que les phlegmasiques à retenir, lorsqu'on effectue le mélange sanguin, les globules rouges et les globules blancs voisins. L'emploi du liquide A rend donc évident ce fait important, à savoir: que l'augmentation dans la proportion de fibrine est liée à une altération correspondante des hématoblastes, ou, plus exactement encore, aune augmentation de la proportion de matière exsudée par ces éléments. D'où l'on peut conclure, comme nous l'avons fait, que cette matière est probablement employée tout entière à la formation de la fibrine, et préexiste dans les hématoblastes avant toute altération de ces éléments (voir p. 303).

Nous avons dit, à propos de la coagulation, que cette matière est très probablement du fibrinogène. Les hématoblastes seraient donc, dans le processus inflammatoire, gonflés par une proportion anormale de fibrinogène.

SOUS-CHAPITRE III

ALTÉRATIONS DES LEUCOCYTES.

A. Variations numériques. — Les globules blancs du sang- sont les éléments dont les fluctuations numériques sont de beaucoup les plus étendues. Souvent on se borne, pour en prendre connaissance, à l'examen du sang pur, sans même avoir soin de pratiquer cet examen dans la cellule à rigole. Ce procédé sommaire peut être suffisant pour permettre d'affirmer que les globules blancs sont plus nombreux qu'à Tétat normal lorsque l'accroissement dans la proportion de ces éléments est très notable; mais il est toujours indispensable de recourir aux procédés de numération, lorsqu'on veut avoir la notion exacte de cet accroissement, exprimé en chiffres.

D'ailleurs les globules blancs peuvent parfois pécher par défaut et, dans cette circonstance, la numération seule peut faire reconnaître la lésion du sang (1).

La diminution clans le nombre des leucocytes s'observe bien moins fréquemment que l'état inverse, c'est-à-dire que l'augmentation de nombre.

Toutes les pyrexies de longue durée, non compliquées de lésions inflammatoires, c'est-à-dire d'états pathologiques qui par eux-mêmes sont une cause de multiplication des globules blancs, tendent à faire baisser le chiffre de ces éléments. Le type de ces pyrexies est la fièvre typhoïde dans ses formes complexes et traînantes. On peut alors voir progressivement le nombre des leucocytes tomber jusqu'à 2 000.

Le même fait peut se rencontrer dans les anémies extrêmes.

Dans ces dernières circonstances, on pourrait se demander, vu le dégoût des malades pour les aliments et l'état de souffrance très prolongé du tube digestif, si cette diminution dans la production des leucocytes n'est pas la conséquence de l'abstinence.

Cette hypothèse ne peut être absolument écartée, puisque l'influence des repas sur la proportion des leucocytes est sensible. Cependant je ferai remarquer que, chez le chien soumis à l'inani-

il) ,1e répète ici que le chiffre absolu des globules blancs est le seul qui ait de l'importance. Le rapport entre les globules blancs et les globules rouges n'a aucune signification précise.

ALTÉRATIONS DES LEUCOCYTES. 381

tion, dont l'observation a été rapportée précédemment (p. 190), le nombre des leucocytes est resté sensiblement le môme jusqu'à la mort. Il est donc plus logique d'attribuer la diminution dans le nombre de ces éléments, aussi bien dans les états aigus que clans les chroniques, à l'état des organes qui les forment. C'est probablement pour cette raison qu'ils diminuent surtout dans la fièvre typhoïde et dans les anémies graves, c'est-à-dire dans des circonstances où les organes lymphatiques sont certainement lésés.

D'ailleurs leur augmentation de nombre tire également son origine des divers états pathologiques de ce système.

Cette dernière lésion, extrêmement commune, est la conséquence de processus très divers, les uns aigus, passagers, les autres durables, permanents.

Parmi les états aigus l'inflammation tient le premier rang, et, au nombre des chroniques, la leucocythémie est certainement de beaucoup le plus important.

D'après quel critère peut-on dire que le nombre des globules blancs est augmenté?

On peut trouver exceptionnellement, à l'état normal, 10 000 globules blancs ; mais je n'ai jamais relevé un pareil chiffre, chez des individus sains, que dune manière passagère. La constatation plusieurs fois renouvelée du nombre de 10 000 peut donc être considérée comme un fait anomal.

Dans les états aigus produisant une augmentation temporaire des leucocytes, notamment dans les phlegmasies, c'est-à-dire dans la leucocytose aiguë, le nombre des globules blancs peut s'élever jusqu'à 86 000 environ; il est le plus souvent de 15 000 à 20 000.

Dans les états chroniques, c'est-à-dire dans la leucocytose chronique, il peut atteindre des chiffres analogues, parfois môme supérieurs, ainsi que j'aurai l'occasion d'en citer plus tard des exemples à propos des lésions du sang chez les malades atteints de néoplasmes.

Mais c'est surtout dans la leucocythémie que le nombre des globules blancs devient réellement prodigieux, au point d'atteindre 500 000 et au-delà, chiffre qui représente 80 fois plus d'éléments qu'à l'état normal.

B. Lésions relatives à la proportionnalité des diverses variétés de globules blancs et aux dimensions de ces éléments. — J'ai toujours soin, en pratiquant \v dénombrement des globules

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