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PRÉSENCE DANS LE SANG D'ÉLÉMENTS ANATOMIQUES ANORMAUX

visibles dans le sang pur et humide ; il est nécessaire, pour les reconnaître, et pour en faire l'étude, de recourir à divers artifices.

Dans les préparations faites par dessiccation, ils se distinguent, en général, assez facilement des autres globules rouges par la présence d'un noyau très apparent; mais, comme ce noyau est parfois masqué par de l'hémoglobine, il est nécessaire de faire intervenir après la dessiccation un réactif colorant.

A cet effet on peut employer soit l'eau iodo-iodurée, soit l'hématoxyline. Pour se servir du premier réactif, il suffit d'en déposer une goutte directement sur la couche de sang sec avant de mettre la lamelle. En substituant à l'eau iodo-iodurée une solution de gomme fortement iodée, on peut conserver la préparation indéfiniment.

L'emploi de la solution alunée d'hématoxyline exige la fixation préalable des éléments à l'aide d'une dessiccation prolongée.

Il est impossible, lorsqu'on se sert de ces procédés, de laisser passer inaperçus les éléments en question, à moins de se borner à explorer rapidement quelques champs microscopiques. On devra parcourir avec soin la plus grande partie possible de la préparation ; on aperçoit parfois un ou deux globules à noyau au moment où l'on est sur le point de renoncer à en trouver.

Ils sont constitués par un corps et un noyau. Le corps est en général plus volumineux, moins régulier et moins résistant que celui des hématies. Il offre des dimensions très variables; tantôt, en effet, il atteint le diamètre des plus grandes hématies pathologiques (globules géants) et mesure 14 à 16 [/. dans son grand diamètre; tantôt il est aussi petit que les globules ordinaires et ne dépasse guère 7 ^, 5 à 8 \x. Infiltré d'une manière assez uniforme par de l'hémoglobine, il est homogène, et à peu près aussi réfringent que le disque des hématies; mais il est très rarement aussi coloré que les hématies normales.

Lorsque l'élément est bien isolé, sa forme est variable : arrondie, légèrement ovoïde, irrégulièrement quadrilatère, fusiforme; au contact des autres éléments, il se déforme plus facilement par pression que les hématies légitimes. Enfin on remarque qu'il n'est pas biconcave (fig. 71).

Dans les préparations sèches, colorées par l'iode, il prend une teinte acajou, presque toujours plus claire que celle des hématies.

2ir

Le noyau présente des caractères particuliers. Il est relativement volumineux, sphérique ou ovoïde, fortement granuleux, dépourvu de nucléole visible. Après Faction de l'iode, il est délimité par un double contour et renferme des granulations qui sont colorées en brun acajou, comme le corps hémoglobique. Ces granulations, de forme allongée, tendent à se réunir de manière à dessiner des sortes de ramifications ou de petits lobules.

L'hématoxyline colore ce noyau d'une manière très intense. Aussi est-ce seulement au début de l'action de cette substance que les granulations sont reconnaissables ; plus tard, le noyau légèrement rétracté prend Fig. 71. — Anémie per- l'aspect d'une masse d'un violet sombre,

nicieuse progressive. , , s , , , , ,

— Préparation de sang légèrement lobulee. il occupe rarement le desséché, traité par centre de l'élément et se rapproche assez leau îodo-ioduree. souvent du bord, mais il reste presque tou-

a, globule rouge normal; b, b, . , ,

globules rouges à noyau de jours complètement encadre par le corps

grande dimension. 1 >■ i i • o 1 : «

b hémoglobique. bon volume nest pas con-

stamment en rapport avec celui de l'élément : quelques globules très volumineux ont un noyau relativement petit, tandis que les petits éléments sont presque entièrement remplis par le noyau. Cependant les très gros globules ont un noyau volumineux qui atteint jusqu'à 6 et 7 {/. de diamètre.

Traités par les réactifs coagulants, le liquide A, par exemple, les globules rouges nucléés se rétractent plus fortement que les hématies et se déforment en se plissant ; ils paraissent constitués par une sorte de masse chiffonnée au milieu de laquelle se trouve un noyau. Dans quelques cas, la rétraction de cette niasse imbibée d'hémoglobine aboutit à une sorte de fractionnement et à la mise en liberté du noyau. Si, après l'action du liquide A, on fait intervenir celle du carmin, on voit que les globules rouges à noyau sont légèrement colorés par le carmin, alors que les globules rouges sont restés incolores. Le noyau ne se teint pas d'une manière plus intense que la partie hémoglobique; il est fortement granuleux, et on y voit parfois dans ces conditions un nucléole. A l'aide de l'alcool au tiers dont M. Ranvier s'est servi pour faire apparaître un nucléole dans les noyaux des hématies des batraciens, il m'a été impossible de reconnaître d'une manière certaine les globules rouges à noyau

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