PRÉSENCE DANS LE SANG D'ÉLÉMENTS ANATOMIQUES ANORMAUX
dont le disque se décolore immédiatement. En employant une solution de fuchsine dans l'alcool au tiers, le noyau de ces éléments se colore d'une manière plus intense que celui des globules blancs et devient par suite reconnaissable. Il se distingue, en outre, par un bord épais réfractant fortement la lumière et présente parfois, outre quelques lignes sombres transversales, un nucléole assez net. Il est d'ailleurs presque toujours possible d'apercevoir autour de lui une ligne indiquant le contour du stroma décoloré. Pour obtenir une bonne préparation, il m'a paru avantageux de déposer le réactif sur une couche un peu épaisse de sang desséché.
Il est facile, à l'aide de l'ensemble de ces caractères, de distinguer les globules rouges nucléés des globules blancs imbibés d'hémoglobine décrits précédemment. Ces derniers éléments renferment toujours peu d'hémoglobine, de sorte que leur corps protoplasmique reste légèrement granuleux, malgré sa coloration jaunâtre; de plus les réactifs colorants y font apparaître plusieurs noyaux ou un noyau en boudin, caractéristiques, clairs ou à peine granuleux.
Il n'est pas douteux que les globules rouges nucléés du sang de l'adulte ressemblent aux globules rouges nucléés de l'embryon, ou, du moins, à l'une des variétés de ces globules embryonnaires. Nous verrons, de plus, que la moelle des os et la rate dans certaines conditions renferment des éléments du même genre.
Il est donc évident que, chez l'adulte, le sang peut charrier, dans certaines circonstances pathologiques, un petit nombre de globules rouges nucléés, semblables d'une part à une des variétés des globules embryonnaires, de l'autre aux éléments de la moelle fœtale et de la pulpe spléiiique.
— A côté des globules rouges à noyau, il faut signaler, comme pouvant pénétrer dans le sang, des corpuscules particuliers existant normalement dans les organes hématopoiétiques (moelle des os, rate, ganglions lymphatiques). Ils ont déjà été signalés à propos de l'anatomie du sang (p. 113). Très rares à l'état normal, ils ne deviennent guère abondants que dans la leucocythémie.