CHAPITRE PREMIER
Définition et Historique
Le sarcome osseux, ossifiant ou ostéoïde à une existence certaine. Il a été décrit au niveau d’un grand nombre d'organes. La présence d’ostéoblastes au sein d'une tumeur conjonctive n'a rien qui puisse surprendre. Le polymorphisme des éléments des tumeurs est assez fréquent. Mais la production de l'os au sein des sarcomes obéit à certaines règles et l’os formé présente certains caractères. Nous allons donc voir ce que l’on désigne par sarcome ostéoïde et quels sont les caractères morphologiques de cette tumeur. Tous les auteurs ne sont pas entièrement d'accord sur ce point. Beaucoup ont ouvert un cadre trop vaste où se rangent confusément ostéosarcomes, ostéomes, sarcomes osseux et ossifiants.
D'autres ont voulu distinguer le sarcome ossifiant ou osseux du sarcome ostéoïde.
L'usage semble s'être rétabli d'appeler ostéosarcomes les sarcomes du squelette osseux ; les sarcomes dans lesquels se produisent secondairement des formations osseuses sont dits ossifiants ou ostéoïdes. |
C'est à J. et À. Sichel, en 1867, que nous devons la première observation qui a trait au sarcome ostéoïde de la choroïde. Encore verrons-nous plus loin qu’il ne s'agit
pas à proprement parler d’un sarcome wostéoïde de la
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choroïde. C’est en effet la choroïde qui est le plus fréquemment atteinte par l’ossification. Ce qui a fait écrire à Lagrange : « L'ossification de la choroïde n’est pas un néoplasme de l'œil au sens clinique du mot. »
Car l’ossification est le plus souvent d’origine inflammatoire et nous verrons qu’une des conditions nécessaires à la formation du sarcome ostéoïde de la choroïde est la formation antérieure d’ossifications inflammatoires.
Aussi ne sommes-nous pas étonnés de voir que c'est la choroïde qui est le plus souvent atteinte en raison de sa structure et de la fréquence des inflammations qui l’atteignent. |
Pétrequin, en 1838, écrit « les cas d’ossification les plus fréquents sont ceux qui regardent la choroïde et la rétine ».
Puis Schœn, à la même époque, établit l’ordre de fréquence de l’ossification dans les différentes parties de l'œil.
On voit qu'en 1838 la question de l’ossification de la choroïde est assez fouillée.
En 1847, ce sont les travaux d’Arlt qui cherche à expliquer les processus osseux. Cet auteur croit que l’ossification de la choroïde n’est que la calcification d’un exsudat situé entre la choroïde et la rétine.
Puis, Knapp montre que cette ossification se fait aux dépens de la choriocapillaire. Mais cet auteur croyait que les exsudats consécutifs aux inflammations chroniques du tractus uvéal ne contribuaient jamais à la formation du tissu osseux. Plus tard, de multiples observations ont démontré le contraire, et ce que nous savons actuellement de la pathogénie des ossifications de la choroïde corrobore
avec cette démonstration.
C'est alors en 1867 que nous trouvons la thèse de J. et A. Sichel déjà mentionnée.
En 1868, Holmes donne l'observation d’un melano sarcome choroïdien avec ossification inflammatoire.
C'est ensuite les observations de Berthold (18370), Brière, Gillet de Grandmont (1887), Leber (1883), Ducamp (1889), Rocher (1900) que nous avons analysées.
En 1913, M. Bussy, dans sa thèse sur les processus d'ossification de l'œil pathologique, semble, à son tour, nier l'existence du sarcome ostéoïde de la choroïde, tout au moins vouloir, en attendant, s’en tenir au mbt de Lagrange « l’ossification de la choroïde n’est pas un néoplasme ».
Notre professeur M. Rollet nous communiqua son
observation qui semble tout à fait démonstrative.