‹ Du sens vrai de la doctrine de la rédemptionChapitre 6 sur 27 · BU FOISD ET DB LA FORME · texte numérisé non relu

BU FOISD ET DB LA FORME

et ce qu'ont dit aussi des critiques hostiles. Un semblable Wn* sensus ne saurait être sans fondement, et je déclare partager entièrement l'opinion de mes critiques ; j'ajoute que je pett» sais absolument comme eux sur la nature des passages inci^ minés, à l'époque même où je les écrivais.

Partageant sur le fond l'opinion d'une critique que je signale franchement, et l'acceptant pleine et entière dans son expression, je demanderai la permission de dire qu'en pre* nant ces formes dont je reconnais rinfér^oriec absolue, j'ai eu des motifs relatifs, plausibles à mes yeux, et qui, danis left circonstances surtout où j'écrivais, pouvaient être fondés en raison. Peut-être parviendrais-je à édifier sur ce point le lecteur et à désarmer son opinion, si je déduisais ces motifs auxquels j'ai obéi : mais d'abord, il ne serait pas encore opportun de le faire aujourd'hui, attendu qu'en exposant naïve» ment la pensée qui m'a guidé, je compromettrais le résultât de mon calcul, comme un général, qui, pour justifier sa marche devant la critique, livrerait son plan de campagne, avant de l'avoir entièrement exécuté et d'en avoir recueilli tous led fruits. Et puis, y a^t-il donc grande importance à cette justification personnelle auprès du lecteur, s'il veut (comme tout lecteur raisonnable y souscrira sans aucun doute) accepter les observations, les excuses et surtout les réserves relatives à la Doctrine, que l'on trouvera dans cet intermède? Si la Doctrine est bonne, qu'importent les torts de celui qui l'expose....

NéceMité dn C^inlMit.

Pour ce qui est des observations, je dirai en premier Keil et véritablement, que si l'on croyait les pages les plus âpres et les plus amères de Fourier et de ses disciples, dictées par des sentiments de haine , de colère contre des hommes, on fâ» rait erreur. Ce sont toujours, chez nous, des idées qui sont en cause. C'est toujours sur des combinaisons sociales malfaisantes, sur les erreurs qui les engendrent ou les entres tiennent, et non sur les soldats de ces erreurs (qui en sont le6

preoûères victimes), que tombent dos diatirSOes etnos coupi»

Toutes les fois, pour mon compte, que j*ai engagé un combat de doctrine contre une personne, les coups s'adressaient si évidemment à l'idée représentée par la personne, que jamais, quel que pût être mon sentiment intime à cet égard, * je n'ai porté une accusation directe de mauvaise foi contre Tadversaire....

Ce caractère de notre critique mérite qu'on le remarque et que Ton en tienne compte. Oyez les polémiques qui se font en dehors de nous; écoutez le langage des partis: c'est là que le langage est vraiment condamnable ; car là, c'est le système de ratta(|uo portée contre le caractère, contre la bonne foi, contre rintiintioii de l'adversaire, intention trop souvent déclarée avec légèreté, perverse , égoïste, vicieuse ou criminelle par lanlagoniste. Voilà la polémique à l'ordre du jour. Cette polémique -là, on ne lui doit pas de quartier, car elle est évidemment absurde, immorale et anti-sociale : absurde, parce qu'elle ne prouve rien sinon la passion et la haine de ceux qui l'emploient ; immorale et anti-sociale, parce qu'elle n'est propre qu'à accroître la passion et la haine, à attiser la querelle et la guerre, là où il conviendrait de faire œuvre de ralliement, de science et de raison.

Cette polémique n'est point la nôtre. Nous ne disons point systématiquement à nos adversaires qu'ils sont des misérables, et que nous monopolisons la loyauté. Les plus grands emportements de notre critique ne vont, après tout, qu'à dire à nos adversaires qu'ils ont l'esprit plein de préjugés et d'erreurs, qu'ils sont aveugles et propagateurs de l'aveuglement chez les autres. Et ce que l'on nous a le moins pardonné, ce n'est pas de l'avoir dit, mais de l'avoir prouvé.

Sans doute le calme doit être le caractère normal du langage de la Science et de la Vérité dans un état normal ; mais il faut prendre garde que, loin de parler dans un milieu normal, nous agissons dans un milieu troublé, bruyant, anarchique, dans un milieu armé et hostile, et fort inhospitalier à la Vérité; ainsi que le prouve l'histoire de toutes les vérités abreuvées toutes, à leur origine, d'avanies et de persécutions.... Dans ce milieu-ci la Vérité doit combattre! Le combat lui est imposé pour cause de légitime défense. Sous peine d'être écrasée et foulée aux pieds, elle doit se produire, dans ce monde-ci, armée de pied en cap. C'est ce qu'enseigne le mythe de la naissance de Minerve sortant tout armée du

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