‹ Du sérum artificiel en aliénation mentaleChapitre 15 sur 35 · RAD · texte numérisé non relu

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Elle refuse de répondre aux questions qu'on lui pose et se met à rire ; elle ne paraît pas savoir où elle est, présente par moments des illusions et prend une infirmière pour une personne de sa famille.

Par moments, elle paraît en proie à des idées de persécution et se figure qu’on lui veut du mal, qu’on veut la tuer, la faire brûler et elle crache à la figure des gens qui l’approchent. Le regard est agressif. D’autres fois elle réclame à grands cris qu’on la laisse sortir, parle de sa famille qui a besoin d’elle et demande à voir ses enfants.

La mimique est adéquate et traduit l’état d'esprit de la malade.

L'insomnie est complète, la malade a crié une partie de Ja nuit ét n’a bu qu'un peu de lait.

État physique médiocre, la malade a le teint terreux, l’haleine est fétide, les gencives et les lèvres sont couvertes de fuliguiosités, la langue est blanche et sèche.

L'examen somatique est rendu très difficile en ce moment par suite de l'agitation de la malade.

Constipation. Urines en faible quantité.

Enfin la malade a des pertes à l’entrée (retour de règles).

Pas de lait aux seins, la malade n’a pas nourri.

Température le lendemain de l'entrée 38c7.

9 juin. — La malade est aussi perdue et présente toujours des idées de persécution. On est obligé de la maintenir au lit pour l'empêcher d’aller battre les autres malades. Elle a toujours des illusions et réclame ses enfants. Les urines sont troubles et eu faible quantité, mais ne contiennent pas d’albumine.

On lui fait une injection de sérum artificiel (500 grammes).

10 juin. — La malade reste un peu plus calme, mais se plaint aujourd’hui que tout le corps lui fait mal et accuse des

do

idées de négation. Elle dit qu’elle n’a plus que-quelques jours à vivre, qu’elle va mourir et demande en pleurant qu’on lui laisse voir ses enfants.

- Urines 550 grammes. : Te

La température qui est montée à 39° cède après. anis tration d’un lavement purgatif qui amène deux selles. La malade n'était pas allée du ventre depuis deux jours.

L'examen somatique, fait aujourd’hui, ne révèle rien de particulier à signaler.

. 41 juin. — Urines 600 grammes. Injection de sérum. (500 grammes). . 19 juin. — Ilest impossible de faire prendre à la malade

autre chose que du lait ou de l’eau.

Elle dit qu’elle ne veut pas manger ici, accuse les infirmières de vouloir la faire mourir et de l’empoisonner. Elle rejette toutes les purgations qu’on veut lui faire prendre par la bouche. « Il est inutile de rien me faire, car je serai morte demain, seulement je réclame mes enfants. »

Urines 800 grammes. Injection de sérum (500 grammes).

La malade n’a plus de pertes.

18 juin. — Urines 850 grammes. Injection de sérum 500 grammes. Pas de selles.

14 juin. — UÜrines 900 grammes.

Lavement glycériné, une selle.

Le regard est toujours méchant. La malade croit qu'on veut la faire mourir et l’empoisonner.

15 juin. — Urines 1 100 grammes.

: La malade est plus anxieuse aujourd’hui et refuse de mettre la camisole, parce que, dit-elle, elle ne veut pas des effets du diable et ne veut pas aller en enfer.

Elle déchire, insulte, est toujours menaçante et réclame ses enfants. :

© 16 juin. — Urines {200 grammes. On fait une dernière injection de sérum de 400 grammes. ;

Le ASS

mas juin. — Urines 1500 grammes. AE:

” La malade commence à aller mieux ; elle reconnait qu’elle est malade et qu’elle a besoin de soins.- Elle demande à son mari des nouvelles de ses enfants, qu elle veut aller soigner, cause assez bien, à part quelques incohérences.

20 juin. — Les urines ont varié de 1 300 à 1 400 grammes. La malade n’a plus d'illusions, commence à se reconnaitre ét dit que si elle n’avait rien fait certainement on ne l'aurait pas amenée ici. Fait de l’idée fixe sur ses enfants qu’elle veut aller soigner. « Je suis guérie maintenant, mes enfants ont besoin de moi, il faut que je parte aujourd’hui. »

Par moment, un peu d’anxiété, mais la malade va non mieux.

95 juin. — La malade dit qu’elle s'ennuie et demande à travailler en attendant de rentrer chez elle. Elle est maintenant raisonnable et on la change de division.

O8BsEervaTION IV. (Znédite.)

(Service de M. Pierret.)

Psychoneurasthénie post-grippale et post-puerpérale. = Oligurie et constipation, — Sérum artificiel, — Amélioration physique rapide. — Encore en traitement.

X..., 39 ans, ménagère, entre à l’Asile le 11 mai 1900, avec le diagnostic de : aliénation mentale consécutive à une grippe infectieuse et à un accouchement normal.

Antécédents héréditaires. — Pas de tare héréditaire à si-

gnaler.

Antécédents personnels. — Née à terme, pas de convul-

sions. Coqueluche à 3 mois.

— doi

‘ Réglée jeune et régu'ièrement.

Il y a 20 ans, a souffert du côté gauche et présenté à ce. moment un peu de dépression mélancolique.

* Tempérament nerveux. Pas de crises. Pas d’alcoolisme.

Mariée en 1899, elle a eu un accouchement normal il y a 2 mois et demi. Pas de convulsions chez l’enfani.

Histoire de la maladie. — La malade aurait eu la grippe, toux, expectoration avec fièvre, quelques Que avant l'accouchement. dE

Le délire apparaît deux jours après l'accouchement, dans la phase post-grippale. Il est caractérisé par des hallucinations de la vue. Elle voit l'enfer, le ciel, se croit damnée, coupable des plus grandes fautes, de crimes de toutes sortes. Conceptions mystiques, elle aurait abusé des. sacrements. {dées de négation, eroit qu’elle va mourir, qu’elle est morte, et pleure. Elle à également des illusions et se plaint de sensations d'oppression, d’étouffement.

Les urines étaient rares et toncées, la constipation opiniâtre. Elle est restée huit jours sans aller à 1a selle.

Etat mental. — La malade est très consciente, raconte ellemême son histoire, la mémoire est conservée. Etat lypémaniaque avec idées vagues de persécution, illusions viscérales et hypochondrie. Elle se plaint de la poitrine : son mal est là, dit-elle.

Pas de troubles de la parole. La mimique est triste, peu mobile, adéquate.

En somme, on a de la psychoneurasthénie post-grippale et post-puerpérale avec oligurie et constipation.

Système nerveux. — Réflexes rotuliens un peu exagérés. Pas de troubles de la marche ni de la station debout. Diminution de la force musculaire.

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