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RTS ES
- Le sérum n’a guère donné de résultat que sur l’état physique. Fa
Ici, comme dans toutes nos observations, il l’a amélioré et a rendu l’urination normale. Il n’a donc pas été inutile à la malade.
OBservaTION XI. (/nédile.)
(Service de M. Pierret.)
Confusion mentale. — Injections de sérum.— Amélioration physi« que. — État mental amélioré, puis rechute. ;
X..., 19 ans, entrée à l’Asile le 17 avril 1900 en état de confusion mentale, hallucinatcire avec agitation. Antécédents héréditaires. — Père mort à l’asile de Bron ? - Mère bien portante, mais nerveuse, Elle a eu deux enfants : 1° ja malade, l’ainée ; 2° un garçon de 17 ans, bien portant. Antécédents personnels. — Venue à terme. Pas de convulsions dans la première enfance.Réglée à 12 ans, menstruations régulières. La malade est émotive et nerveuse. Pas de crises, pas de migraine. Se serait surmenée au travail. Histoire de la maladie. — La malade était très gentille et travaillait bien. Depuis le 1er janvier, elle devait se marier avec un de ses cousins.
Au commencement de février, elle aurait pris la grippe, et à partir de ce moment, on note des troubles mentaux. Ces troubles se sont accentués, il y a quelques jours, à la suite d’une contrariété futile. Sesidées délirantes, très. décousues, portent surtout sur la religion. Elle se croit Jeanne d’Arc la pucelle. Tentative inconsciente de suicide.
Examen à l'entrée. — La malade paraît avoir uu éiat général mauvais, avec pâleur des téguments et décoloration des: muqueusés. L’haleine est fétide. La malade est très constipée.
Hypéresthésie ovarienne et mammaire. L'état d’agitation et. de défense rendait toute exploration d’organe impossible. Uri-, nes. Pas de sucre. Léger disque d’albumine.
État mental. — La malade ne répond pas aux questions qu’on lui pose et parait être ailleurs. Elle a l'allure d’une confuse à substratum psycho-sensoriel. Tantôt elle crie et s’agite, tantôt elle s’immobilise dans une situation qu'elle garde assez longtemps. Les propos, comme les actes, sont décousus, mobiles, incohérents. Elle dit des phrases sans suite, discute avec: des personnes imaginaires. Elle a des. ha!llucinations et des illusions de Ja vue. Elle eroit reconnaître des personnes qu’elle voit pour la première fois.
Son état de rêve est tel qu’on ne peut obtenir aucune réponse et que tout ce qui se passe autour d'elle parait lui être le plus souvent étranger. :
° La mimique est également mobile et changeante et parait adaptée aux idées qui l’assaillent. Tantôt les traits sont immobiles, tantôt au contraire le visage ne la joie et les re s’animent d’un sourire.
” Le regard est souvent fixe et immobile.
La malade dort très mal.
. 28 avril. — La malade a présenté quelques crachements de sang, mais Ce sang ne paraît pas venir du poumon, car la malade ne tousse pas et, d'autre part, elle présente des gen-: cives rougeätres et saignantes.
Elle a eu un peu de température pendant deux jours.
“1e mai. — Depuis son entrée, la malade n’a pas eu ses époques. Elle est toujours aussi agitée, la nuit comme le jour. Elle ne répond pas aux quéstions posées. Très constipée. Ne va à la selle que par lavements.
: 8 mai. — La malade est toujours dans le même état de rêve; elle va ét vient sans savoir où elle est, déchire ses draps et ses couvertures. Elle a cependant reconnu ses parents hier, mais ne leur a pas causé.
. L'état physique n’est pas meilleur qu’à l'entrée.
On commence aujourd’hui les injections de sérum artificiel. (500 grammes).
- 9 mai. — Nouvelle injection de sérum. Les urines, examinées aujourd'hui, sant claires et ne contiennent pas d’albu -t mine. On fait garder Îles urines de 24 heures.
L'état mental est toujours à peu près le même, cependant. elle est un peu plus calme, s'intéresse davantage à ce qui-se passe autour d'elle. :
Manifeste quelques idées érotiques et demande qu’on l’em-! brasse,
11 mai. ae conscience est en partie revenue et la malade reconnaît plusieurs personnes qui sont venues la voir; elle demande des nouvelles de sa famille. Elle répond aux questions qu’on lui pose el, interrogée sur le début de sa maladie, elle nous raconte que ça l’a pris tout d’un coup sur la place Saint-Nizier ; elle s’est mise à crier et depuis cemoment elle ne se rappelle plus ce qu’elle est devenue.
Y a-t-il eu une cause infectieuse à l’origine des troubles mentaux, c’est ce qu’il est impossible de savoir. Elle mange et urine bien (1700 gr.), mais reste constipée.
Lavement de sérum, 300 gr.
12 mai. — La malade dit qu’elle n’est pas folle, demande une robe et dit d’un ton colère qu’elle veut aller chez elle. Encore quelques illusions, par moments l’état de rêve revient. Elle dort assez bien.
Urines, 1 600 gr.
Nouvelle injection de sérum artificiel.
17 mai. — La malade, qui semblait aller mieux, redevient
pénible, elle déchire tout etse met toute nue, insulte les infir-
mières, dit des paroles grossières. Elle gâte au lit, ce qu'elle ne faisait pas les jours précédents.
9% mai. — On à continué tous les jours le sérum artificiel
soit en lavements, soiten injections depuis le 8 mai.
De temps en temps, la malade a présenté des éclaircies qui, un moment, semblaient plus prolongées et l’on pouvait espérer une amélioration rapide de l’état mental. Mais cet état d’amélioration ne s’est pas maintenu, malgré le traitement par le sérum artificiel.
Les illusions sont revenues, les moments d’attention sont aussi fugitifs qu’à l’entrée et les paroles sont aussi incohérentes. Elle pousse de temps en temps des éclats de rire et se met à chanter ; l'agitation se maintient, ainsi que l’incohérence des actes. Elle a cependant reconnu ses parents, elle se met à rire et parait contente lorsqu'on lui parle de son fiancé, puis
un moment après, elle répond qu’on l’embête. On est obligé à
nouveau de la camisoler pour l'empêcher de se nuire.
L'état général est devenu très bon, le teint est normal, l’appétit est excellent, la langue est rosée, les selles sont régulières, les urines abondantes, claires et sans albumine.
On supprime aujourd'hui le sérum artificiel et l’on met la malade aux bains tièdes prolongés.
11 juin. — Sous l'influence des bains, l’état d’agnation s’est bien calmé et le sommeil est tranquille et réparateur. Cependant par moments, la malade s'agite encore, déchire ses vêtements et se met toute nue. Puis, à d'autres moments, elle manifeste des idées érotiques, se frotte amoureusement contre l'infirmière qui la soigne et demande qu’on l’embrasse. |
En somme, pas de modifications marquées de l’état mental ni sous l'influence du sérum, ni sous l'influence des bains.
Encore en traitement.