‹ Du service de santé militaire chez les RomainsChapitre 15 sur 24 · S, FRATRI GARIS SIMO · texte numérisé non relu

S, FRATRI GARIS SIMO

Léon Renier, Inscript. rom. de l'Algérie, Lambæse, n° 637.

D{iis) M(anibus). M(arco) Claudiano, medico leg(ionis) tertiæ Au‘gustæ). Vix(it) an(nis)... fratri carissimo.

D. M. À, T. FLAVIVS. ITA | LVS. MED. LEG.

IL AVG... V. A....

Léon Renier, ibid., Lambæse, n° 506.

DT D(iis) M(anibus). Titus) Flavius talus, med(icus) leg(ionis) tertiæ Aug(ustæ)....... V(ixit) a(nnis).......

T. FL. ONE SIPHORO MED. LEG. III AVG AEMILIVS FE LIX SCRI.

Léon Renier, ibid., Lambæse, n° 641.

D(iis) M(anibus). T(ito) Fl(avio) Onesiphoro, med {ico) leg(ionis) tertiæ Auglustæ). Æmilius Felix scri(psit).

nn — —— —

c... NIVS VALES.

MEDICYS LEG. lIll MAC.

Trouvée à Mayence. Steiner (4), n° 379.

[Jovi] O(ptimo) Mlaximo). (Anto)nius Vale(n)s, medicus leg(ionis) quartæ Mac(edonicæ). |

TI. CLAVDIO HYMNO

MEDICO. LEG. XXI CLAVDIAE QVIETAE EIVS

ATTICVS PATRONYS.

Ti(berio) Claudio Hymno, medico leglionis) XXI, Claudiæ Quaietæ (uxori) ejus, Atticus patronus.

Cette inscription a été recueillie, en 1698, à Gebensdorf, en Suisse; mais elle est aujourd'hui perdue. J’ai pris cette copie dans le recueil de M. Mommsen (2): On la trouve également dans plusieurs autres recueils épigraphiques, notamment dans ceux d’Orelli (3) et de Steiner (4).

(1) Codex inscriplionum Roman. Rheni. Darmstadt, 1837. (2) Inscript. confederationis Helvelicæ, n° 252.

Elle est intéressante et montre des traces particulières d’antiquité. D'abord la légion qui y est mentionnée ne porte pas de surnom, usage qui devint général plus tard. M. Léon Renier, qui en fait remonter la rédaction à soixante ou soixante-dix ans au plus après Jésus-Christ, pense que le patron, Tiberius Claudius Atticus a dû être un affranchi de l’empereur Claude. Cette remarque a sa valeur pour démontrer que l’organisation du service médical dans les armées romaines se rapproche beaucoup de l’époque que nous avons indiquée plus haut, c'est-à-dire des premiers temps de l'empire.

Plusieurs auteurs ont regardé comme une inscription de médecin militaire, celle de M. BESIVS TERTVLLVS M. LEG XI, qui se trouve dans le recueil d'Orelli (t). Mais, dans cette inscription, le sigle M doit se lire nèles, et non pas medicus.

Dans une trés-longue inscription, recueillie par Kellermann (2) et dont on peut voir un extrait dans l'ouvrage d’'Orelli (3), mais que Je ne crois pas devoir reproduire ici, renvoyant le lecteur aux recueils que je viens de citer, on trouve un titre désigné par les initiales SM. Les auteurs se sont demandé s’il ne pourrait pas s'appliquer à un médecin suppléant ou adjoint : sub-medicus ou secutor medici. Il est certainement légitime et même naturel de penser que les médecins de légions pouvaient avoir des remplaçants pour les suppléer dans le cas où ils auraient été empêchés de faire leur service. Mais l’indication dont il s’agit est trop peu précise pour faire

(2) Page 45 ct suiv.

accepter ce litre comme un fait positif; d’ailleurs, on pourrait l'appliquer avec autant de raison aux mensores chargés de désigner l'emplacement des différents corps de troupes dans les camps. Toutefois il suffit que quelques épigraphistes aient eu l’idée qu’on pouvait l'appliquer aux médecins pour que j'aie dù en fairo mention.

Nous avons dit tout à l'heure qu’en ce qui concerne le service médical dans les légions, nous n'avons ni un texte, ni une seule inscription qui fournisse un titre autre que celui de médecin de légion, medicus legionis. En effet, tous les 1itres de médecins de cohorte qui sont venus à notre connaissance appartiennent aux troupes auxiliaires, prétoriennes, urbaines et des vigéles; c'est à-dire à celles qui ne faisaient pas partie des légions. JL faut donc en conclure que dans la légion tous les médecins avaicnt le même titre et les mêmes fonctions sans aucune hiérarchie, au moins en campagne et sous la réserve de quelque différence d'organisation du service dans les camps, où existait un valetudinarium, c’est-àdire un service et des fonctions sédentaires. En un mot, je suis persuadé que chez les Romains, comme aujourd'hui chez nous,.le service médical sédentaire différait du service en campagne. Mais quel était le nombre des médecins dans lu légion? À cette question, nous pouvons répondre par des conjectures assez plausibles.

Nous avons démontré plus haut que dans chaque cohorte de vigiles il y avait quatre médecins. Or ces cohortes étaient d'environ quinze cents hommes. Il y avait donc un médecin pour prés de quatre cents hommes. On sait que le nombre d'hommes à varié dans la composition des cohortes légionnaires. Végèce dit que la légion était

composée de dix cohortes, dont la première, qui portail l’aigle, avait 1105 fantassins et 132 cavaliers, tandis que les neuf autres n'étaient composées chacune que de 555 piétons et 66 cavaliers. Ces chiffres portent la légion entière à 6100 fantassins et 726 cavaliers, près de 7000 hommes. Si l’on attribue à chaque médecin de légion le même nombre d'hommes que dans les cohortes de vigiles, c'est-à-dire environ quatre cents hommes, on arrivera au chiffre de dix-sept médecins par légion, ce qui serait un nombre bien suffisant, et, en tout cas, de beaucoup supérieur à celui de nos médecins de régiment. On comprend bien que ce n’est là qu’une conjecture, mais cette conjecture a une base assez solide.

Cependant d’autres pourraient, en prenant la même base, envisager les choses à un autre point de vue, et admettre simplement que l’organisation de toutes les cohortes étant la même, il devait y avoir dans toutes, légionnaires ou autres, le même nombre de médecins. J'avoue que je ne puis partager cette manière de voir, qui multiplierait le nombre des médecins hors de toute proportion avec les besoins du service; en les portant à quarante par légion, un pour moins de deux cents hommes.

Enfin, il est possible que ces deux conjectures soient également erronées. Si, contre la dernière, il y a l’objection d’un trop grand nombre de médecins, nous avons aussi, contre la première, la difficulté d'attribuer à chaque médecin quatre cents hommes, ce qui n’aurait pu se faire qu’en réunissant, pour ce service, des centuries de plusieurs cohortes, puisque chacune n'avait, au dire de Végèce, que 621 hommes. Or, c'eût été un vice radical

d'administration qu’un médecin eût 200 hommes d’une cohorte et 200 d’une autre. Je crois donc qu'il est plus rationnel d'admettre , jusqu'à preuve contraire, qu'il existait deux médecins attachés au service de santé de chaque cohorte légionnaire, et sans doute trois à celui de la première, ce qui porterait à vingt et un le nombre ‘total des médecins dans une légion.

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